VENISE
Venise, que Byron appelle poétiquement «la Cybèle des mers, apparaissant dans le lointain couronnée d'un diadème de tours*,» est bâtie sur un groupe de petites îles du golfe Adriatique. Les maisons et les clochers semblent sortir des eaux , comme une ville de féerie :
* Cette ligure ne serait pas poétique si elle n’était vraie , dit M. Hobhouse, qui cite, pour la justifier, le latin d’un vieux auteur : « Quo fit ut qui supernè urbem contemple tur, turri- « tam telluris imaginem medio Oeeano figuratam se nueet in- « spicere. »
NOTES
des canaux remplacent des rues pavées, et de longues barques noires, appelées gondoles, servent de voitures. Plusieurs quartiers de la ville sont d’une rare élégance, et offrent de beaux modèles de l’architecture de Palladio ; mais le rialto n’est plus orné de ces brillantes boutiques dignes des rois-marchands qu avait enrichis la prospérité vénitienne. Les anciens chevaux de bronze sont revenus de Paris, le lion de Saint-Marc a repris sa place, mais Venise n a retrouve ces attributs muets de sa puissance que comme de vains symboles; il n est plus de Doge pour épouser l’Adriatique. Les palais s’écroulent dans les lagunes, et les échos commencent à oublier les vers du lasse.
NOTE IL
Arrête , gondolier ; que ta barque un moment Cesse de fendre les lagunes ;
L’essor qu’elle a reçu va mourir lentement Sur les sables noirs de ces dunes.
Gondolier, je reviens : je viens dans un moment Prêter l’oreille aux infortunes De Clorinde et de son amant.
Les chants des gondoliers , tirés de la Jérusalem De-
NOTES
livrée , ont fini avec Y indépendance de Venise, dit M. Hobhouse, qui ajoute qu’on trouve encore des éditions de ce poëme avec les variantes vénitiennes, L'extrait suivant montrera la différence de l’épopée Toscane et des canta alla larcarclla !