‹ Sept messéniennes nouvellesChapitre 20 sur 21 · CH AM' ROMAIN · texte numérisé non relu

CH AM' ROMAIN

arrange avec aceompag! de Harpe ou Piano i\u (1. Rossi ni.

L airain avait sonne 1 hymne pieux du soir;

Sur Saint- Jean -«le- Latran, où cessait la prière,

La lune répandait sa paisible lumière:

Au milieu du Forum , triste, j'allais m'asseoir.

J adnurai> ses débris, ses longs portiques sombres,

I l dans ce jour douteux, par leur masse arreté.

Tous ce-' grands mo nu me ns empruntaient «le leurs ombres Ps

Plus de grandeur encore et plus de majesté:

Comme l'objet absent, qu'un regret nous rappelle. Reçoit du souvenir une beauté nouvelle,

Mon luth, long -temps muet, préluda dans mes mains, Et sur l’air grave et doux dont le chant *e marie Aux accents inspirés des poètes romains.

Cet adieu s'échappa de mon a me attendrie:

Tout doit mourir, tout doit changer:

La grandeur sélèvc et succombe.

Lu cuite même est passager- Ii soullrc, persécute et tombe.

Tu brillais do ce double éclat,

M tu lias pas fait plus descJavcs Avec la toge du sénat,

Quc SÜUi» la pourpre des conclaves.

Du sang de tes premiers soutiens Cette colline est arrosée- Le sang de tes héros chrétiens Rougit encor le Cotisée.

A travers ces deux souvenirs Tu m apparais, paie et Flétrie, Luire les palmes des martyrs ht les lauriers de la pallie.

Adieu, Forum, que Cicéron Remplit encor de sa mémoire!

Ici chaque pierre a son nom,

Ici, chaque débris sa gloire.

Je passe, et mes pieds ont foulé Dans ce tombeau, clou sortit Rome, Les restes dun dieu mutilé ,

Ou la poussière dun grand homme.

Adieu, vallon frais, ou Numa Consultait sa nymphe chérie!

Jen tends le ruisseau qu il ai ma Murmurer le nom dEgérie.

Son eau coule encor- mais les rois , Que séduit une autre deesse.

Ne viennent plus chercher des lois Ou Numa puisait la sagesse.

Qui televa, dôme éternel ,

Du Panthéon c cieste frère >

Si tu fus I oeuvre dun mortel ,

Les arts ont aussi leur Homère -9 Et du ge'nie en ce saint lieu Je sens I invisible prescnoc9 Comme je sens celle du Lieu Qui remplit ta coupole immense.

Je vous revois, parvis sacrés Ou un poète a rendus célébrés!

Je foule les noms ignorés Oui chargent vos pavés funèbres,

J.t de tous les tombeaux obscurs Le marbre, qui tient tant de place Laisse a peine un coin dans vos murs Pour la cendre et le nom du Tasse!

Que tes grands nonis,quc tes exploits.

Tes souvenirs de tous les âges Viennent se confondre sans choix Dans mes regrets et mes hommages.

Comme ces temples abattus.

Comme les tombeaux et les ombres De tes Césars, de tes Prutus,

Se confondent dans tes décombres.

Temple, dont I olympe exilé A lui la majesté déserte.

Panthéon, ce ciel étoilé Achève la voûte entrouverte;

Pt ses feux, du haut de l’Ether, Cherchant tes dieux dans ton enceinte, ^ul‘t mi l.uitol de Jupiter Mourir au pied de la croix sainte.

lo

Cloître désert, sous tes arceaux Mourut 1 amant d'Eléonore,

Près du chciic dont les rameaux Devaient pour lui verdir encore.

Avant lâge ainsi meurt livron:,

I n même trépas les immole:

Lun tombe au seuil du Partbénon, Pt 1 autre au pied du Capitole

BrriT.

Je les pleurais tous deux, et je sentis ma voix Mourir avec leurs uoms sur mes lèvres tremblantes; Je sentis les accords Affaiblir sous mes doigts. Pareils au bruit plaintif, aux notes expirantes.

Qui se perdent dans iair, quand du Miserere '

Les sons au Vatican /éteignent par de-ré Jaloux pour mon pays, je cherchais eu silence Quels noms il opposait à ces noms immortels:

U m apparaît alors, celui dont le/omience Des demLdieux romains releva les* autels- Le Sophocle français,' l’orgueil de sa patrie,

Legal de ses héros, celui qui crayonna L’ame du grand Pompée et l’esprit de Cinna.

Emu d’un saint respect je l’admire et m'écrie:

Chantre de ces guerriers fameux,

Grand homme, S Corneille, 8 mon maître.

Tu nas pas habité connue eux Cette Rome, où tu devais naître- 1 Mais un Dieu tayait au berceau

Révélé sa grandeur passée.

Et, sans fléchir sous ton fardeau,

Tu la portais dans ta pensée!

Ah! tu dois errer sur ces bords Ou le Tibre te rend hommage!

'ions converser avec les morts Dont ta main retraça l’image.

Viens, et, ramenés pour, le voir.

Us vont se lever sur les traces; Vicns,grand Corneille, viens t’asseoir Au pied du tombeau des Horaccs!

De quel noble frémissement L orgueil doit agiter ton îme,

Lorsque sur ce froid monument De tes vers tu répands la flamme!

Il tremble, et dans son sein profond J entends murmurer sons la terre J °UX lnorts dont la voix répond (juil mourut de lenj vieux père.

Rcau comme ces marbres vivans Dont l’art enfanta les merveilles,

JTon front vaste abandonne aux vents Ses cheveux blanchis par les veilles.

Et quand les fils de Romufus Autour de toi couvrent ces plaines, Je crois voir un Romain de plus Evoquant les ombres romaines, is

Je pars, mais ces morts me suivront;

Ta nuise a soûl le sur leur cendre.

En renaissant, ils grandiront Dans les vers qui vont me les rendre; El J airain qui vainqueur du temps Jusqu’aux cieux porta leurs images.

Les plaça sur des iiionumeus Moins sublimes que tes ouvrages!

la brigantine,

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