partie inférieure du thorax et de la partie supérieure de
l'abdomen.
A partir decette dernière opération le tableau clinique se transforme: la suppuration se tarit très rapidement au niveau de toutes les plaies mais les plaies de k jambe et du mollet restent atones, blanchâtres, sans aucuns tendance à la cicatrisation. Le genou droit est fermé. La température monte dès le 22 mai au-dessus de 4o degrés. Le blessé frissonne plusieurs fois par jour et à partir du 1° juin cet état s'accompagne de lipothymies qui nécessitent des injections d'huile camphrée, de caféine, d’adrénaline; la pâleur et lamaigrissement s’accentuent. Modification de l’état men-
tal, euphorie et léger délire.
Get état septicémique avec oscillations thermiques considérables allant de 41 à 37 degrés s'accompagne de purpura au niveau de la face antérieure du thorax, de l'abdomen, au niveau de la racine des cuisses ; des taches purpuriques se montrent d’une façon régulière aux membres supérieurs à la suite de la striction des bras nécessitée par 10 injections intra-veineuses d’électrargol de 10 centimètres cubes pratiquées du 5 au 15 juin. Ces injections ne modifient pas la température mais œdème cuisse et jambe gauche apparaît, bien-
tôt suivi d’un large réseau veineux sous-cutané du côté
gauche de l'abdomen et qui ne laisse aucun doute sur l'exis-
oo —
tence d’une phlegmatia. Aucune autre localisation ni pulmonaire, ni pleurale, ni cardiaque. Pas d’albumine. Le purpura augmente. Aucune hémorragie des muqueuses. L'amaigrissement et l'anémie s’accentuent malgré une alimentation assez abondante, l’ingestion de viande crue, de fer, de moelle osseuse. :
20 juin. — C'est-à-dire deux mois après la blessure, apparition d’une légère escarre lombaire et de deux petites TVR pr
Jour de la maladie
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escarres trochantériennes. Incontinence des matières et des urines suivie d’une diarrhée profuse.
L’anémie est extrême, les téguments ont pris une teinte cireuse, le nez est pincé, les yeux excavés. Dyspnée constante, pouls petit, aucun souffle orificiel. |
Le blessé meurt le 28 juin après l'ouverture spontanée d'une arthrite suppurée de l'articulation du pouce et du pied
gauche.
Examens de laboratoire pratiqués le 26 juin.
Numération globulaire. Globules rouges : 885.500. Globules blancs: 33.000.
Coagulation du sang paraît normale, elle s'effectue en deux minutes quarante secondes,
Rétraction du caillot normale et rapide.
Résistance globulaire 36 à 46 degrés.
Les globules du malade mis en présence d’un sérum normal ne présentent aucune hémolyse; l'épreuve inverse, globules normaux avec sérum du malade, donne des résultats négatifs. |
Il n'existe donc pas de fragilité globulaire ni d'hémolysine dans le sérum.
Hémoculture : streptocoque pur (1).
Conclusions: septicémie streptococcique. Anémie quatrième degré.
Réactions hémorragiques négatives.
Différentes par leur évolution et leur durée, ces deux dernières observations se ressemblent d'une façon particulièrement frappante au point de vue de la répétition et de la gravité des hémorragies locales. Même date de début de la première hémorragie dans les deux cas, le neuvième jour après la blessure, hémorragie en nappe, sans lésion vasculaire visible, arrêtée par tamponnement.
Dans l'observation Il, ces hémorragies se reproduisent le dixième jour, le onzième jour, nécessitant un tamponnement sous anesthésie avec mèches trempées dans le sérum plaie de Leclainche el Vallée. Le douzième jour hémorragie continue importante, coïncidant avec une aggravation extrême de l’état
1. Pour éviter les redites, nous ne reviendrons pas sur les procédés de détermination du streptocoque, déjà exposés dans les observations précédentes.
général. Grosse accumulation de caillots, décelée au cours de l’amputation. ds
Dans l'observation III, hémorragies repétées et abondantes le neuvième jour, le vingt et unième jour, le vingt-neuvième jour, arrêtées par tamponnement. Ces hémorragies sont accompagnées d’un aspect ecchymotique, purpurique de la surface de toutes les plaies montrant bien qu’il s’agit là d’un processus différent d’une simple lésion vasculaire. Seules les plaies très infectées de la face externe de la jambe et du creux poplité saignent abondamment en nappe. Ce n’est que le trente-deuxième jour qu’ap-’ paraît une ulcération de la tibiale postérieure, que l’on lie aussitôt. :
Enfin ces hémorragies se sont accompagnées d’ascensions thermiques et d’aggravation de l’état général.
Le blessé de l'observation IT avait eu une température de 38°2, 39 degrés, le 20 décembre; de 38 degrés, Q 38°7, le 21 décembre et celle-ci paraissait descendre lentement. Le 22 décembre, jour de la première hémorragie, la température monte à 4o degrés. Les jours suivants, hémorragies quotidiennes, aggravation de l’état général. Dans la nuit du 25 au 26, grosse hémorragie. Le 26, au matin, état désespéré et mort, le soir.
Le blessé de l'observation III n’a pas présenté d’ascension thermique nette à la suite de sa première hémorragie. On a, en effet, ouvert le jour même une grosse collection du creux poplité. Mais élévation de
la température très nette, après la deuxième hémor- ragie, le 9 mai. Le 7 et le 8 mai la température matinale est de 3:°8, la température vespérale de 38°2, Le 9 mai la température vespérale monte le soir à 39°4 et à partir de ce moment elle dépasse 39 degrés tous les soirs. Le 21 mai, nouvelle hémorragie et intervention ; la température s'élève au-dessus de 40 degrés.
Lésions locales importantes, hémorragies répétées, septicémie streptococcique ont réalisé une anémie très importante dans les deux cas. <
Le blessé de l'observation III, d’une pâleur très marquée à la fin du premier mois, atteint une anémie extrême à la fin du deuxième mois, moins d’un million de globules rouges par millimètre cube.
Seul, le blessé de l’observation IIT a présenté une éraptionpurpurique généralisée : pétéchies au niveau du thorax, de l’abdomen, des membres supérieurs et inférieurs, apparaissant sans cause provocatrice, vastes ecchymoses du thorax et de l’abdomen succé-
dant à un léger traumatisme. Aucune hémorragie des muqueuses.
A partir du He mois, signes classiques de septicémie : plaies non suppurantes avec aspect terne, grisâtre, sans tendance à la cicatrisation, frissons, sueurs, lipothymies.
Dans un syndrome infectieux aussi caractérisé avec hémorragies locales au niveau des plaies et surtout purpura généralisé nous avons été étonné de trouver les réactions hémorragiques de laboratoire
négatives. Coagulation, rétraction du caillot, résis= tance globulaire normales. Nous regrettons de n'avoir pu rechercher l’action in vitro, du streptocoque, isolé par l’hémoculture, sur les globules rouges du blessé et sur ceux d’un individu normal.