HE
injections sous-cutanées journalières de 250 à 300 cen-: timètres cubes. Ces injections paraissent nutritives, :
diurétiques et stimulantes. On:les a précon sées: en
injections intra-veineuses ; dans ces cas elles seraient. accompagnées. d’une réaction leucocytaire intense-
et s’atcompagneraient de symptômes généraux
intenses, de frissons, aussi ne les avons-nous pas.
employées jusqu'à maintenant. Éd -- Nous avons réservé les injections d'huile D nhipes de spartéine, de caféine, d'adrénaline aux septicé::
mies aiguës avec grave atteinte de l’état général ou
aux complications, faiblesse cardiaque, pen syncope. ?
L’anémie est un symptôme souvent très important des septico-pyohémies de longue durée et elle nécessite un traitement spécial : médication ferrugineuse à laquelle on peut adjoindre, pour favoriser l'hématopoïèse, de la moëlle osseuse de veau soit fraiche, difficile à se procurer, soit en extrait.
Il ne peut être question de balnéothérapieà cause des blessures, mais les enveloppements froids du tho- . Fax, souvént praticables, peuvent soulager les blessés. | 3
Nous ne discuterons pas la valeur des injections d’électrargol, intra-veineuses, des frictions ou des injections de collargol, des injections intra-veineuses ou intra-musculaires d'or colloïdal. Très employées dans toutes les maladies infectieuses, elles agiraient soit comme antiseptique direct, soit secondairement par des modifications du sang et des organes hémh-
LD
en AC ROEree
topoiétiques. Elles paraissent donc particulièrement
indiquées au cours des septicémies.
Chez deux de nos blessés, nous avons pratiqué
des injections d'électrargol sans que nous ayons pu
apprécier la valeur de cette médication.
Abcès de fixation. — Fochier (de Lyon) a proposé
de provoquer dans un but thérapeutique des abcès
sous-cutanés au cours de certaines infections comme
la pneumonie, la pleurésie purulente et en particulier toutes les septicémies.
L’abcès est provoqué par l'injection d'essence de térébenthine. Cette injection, de 1 centimètre cube à
1 cmc. 1/2, est faite sous-cutanée. On la pratique généralement au niveau de la face externe de la cuisse. L’injection intra-musculaire doit être rejetée
donnant lieu à des collections PRHenues et à de larges décollements.
La piqûre elle-même n’est pas très douloureuse,
les jours suivants l’abcès évolue et on note de l'em-
pâtement souvent douloureux, calmé par des com-
presses chaudes. L’abcès est généralement constitué vers le sixième jour, incisé le huitième jour et donne issuc à une bouillie jaunâtre avec grumeaux et écheveaux de tissu conjonctif sphacélé.
Tous les malades chez lesquels nous les avons
employés ont guéri; ils avaient eu une réaction
locale rapidement intense qui serait de pronostic favorable ; une injection à effet nul doit faire redouter une issue fatale à brève échéance (Fochier). |
Aucune contre-indication si ce n’est les œdèmes.
À la suite de l’incision d’un abcès, on peut répéter une nouvelle injection d'essence de térébenthine. Mécanisme de l'action thérapeutique. — L'action
de l’abcès de fixation paraît complexe ; pour quel-
ques-uns la térébenthine agirait comme antithermique ; pour d’autres les bons résultats obtenus par cette méthode doivent être attribués à l’activité qu'elle suscite dans les organes hématopoiétiques et à l'augmentation de la ieucocytose qui en résulte. Dans un cas d’abcès térébenthiné (obs. VII), nous avons retrouvé le streptocoque, cause de la septicémie. Cet abcès streptococcique fut la première localisation de cette septicémie qui évolua vers la gué-
- rison après l'apparition d’aulres abcès streptococ-
ciques.
On sait que l’apparition d’une suppuration limitée au cours d’une septicémie doit être considérée comme un symptôme favorable, aussi espère-t-on reproduire à l’aide de l’essence de térébenthine un processus employé parfois par la nature, Ici la présence de streptocoque au niveau de l'abcès térébenthiné, en créant une suppuration spécifique localisée, a pu favoriser la formation d'anticorps et l'apparition de l’immunité.
Injections de peptone. — Les injections de peptone ont été préconisées par Nolf dans les états septicémiques.
Cet auteur avait proposé, il y a quelques années,
les injections sous-culantes de peptone comme
moyen d'arrêter les hémorragies des hémophiles
:congénitaux ôu ‘des. malades atteints. de : diathése
- hémorragique acquise. ÉRNURS ANR Ayant eu l’occasion de les employer au cours des
hémorragies intestinales de la fièvre typhoïde, il
-remaärqua üne amélioration sensible de l’état général, “un abaissement thermique notable qui le conduisit
à employer cette médication au cours des états septicémiques compliquant les blessures de guerre. | Technique. — Se servir de peptone de bactériologie sans odeur et aussi pure que possible.
Faire une solution à 10 p. 100 dans eau stérilisée. Chauffer. à 120 degrés. Des flocons se PES filtrer à chaud.
Mettre cette solution en ampoules de dix centimètres cubes que l’on stérilise à nouveau à l’auto-
clave. Les ampoules scellées se conservent très bien.
Nolf préconise des injections intra-veineuses de.
1, 2 ou même 3 CRIREAURSS de peptone par kilogramme.
Résultats. — Nolf. après quelques injections de .
peptoné, aurait constaté la disparition du streptocoque du sang et cette méthode serait un moyen
efficace à opposer aux états septicémiques, quelle
que soit la nature du germe pathogène (Nolf).
Cet auteur n'aurait pas eu d’ennuis à la suite de.
ces injections, suivies seulement de frissons et de sueurs. Des accidents cependant ont été signalés (x) ;
anne non manne nee
1. Potel, sur un cas de guérison de‘’septico-pyohémie: par les injections du peptone (Bull. Soc. chirurg., 3 juillet 1919).
aussi, dans notre ‘Cas, n’avons-nous employé que des injections intra-musculairés de dix centimètres cubes de la solution à 10 p. ro0o sans constater du reste aucun accident ni général, ni local. |
“Le peu d'observations publiées, notreseul cas personnel (obs. VII) où d’autres médications furent employées au cours d'un état septico-pyohémique ne nous permettent pas d’avoir une opinion sur cette méthode. |
Le rôle anti-hémorragique des injections de pep-
tone pourrait être utilisé au cours des formes septi-
cémiques avec hémorragies locales et générales. Médications spécifiques. — Deux méthodes diffé-
rentes peuvent être employées pour essayer d'obtenir l’immunité : l’une passive, la sérothérapie avec le sérum anti-streptococcique et le sérum de Leclainche .
et Vallée ; l’autre active, l’auto-vaccinothérapie ou
méthode de Wright. Fe /
10 Jmmunité passive. Sérothérapie anti-streptococcique. — Au cours des septicémies déclarées où il faut agir vite, la sérothérapie serait la méthode de choix. Grâce à elle on pourrait, avant que l'or ganisme n'ait créé par $a' réaction propre une immunité active, lui procurér immédiatement les produits immunisants dont il n’est pas pourvu ou qu'il ne fabrique pas € en quantité suffisante.
Malheureusement nous ne disposons pas de sérum réellement actif contre toutes les espèces microbiennes capables de provoquer des septicémies à la suite des blessures de guerre,
Le sérum anti-strepiococcique, fourni par l’Institut Pasteur de Paris, est un sérum polyvalent préparé par l’inoculation dans les veines du cheval d’émulsions de culture sur gélose-sérum ; à chaque injection on introduit dix streptocoques différents dont neuf de provenance humaine et un exalté par passages successifs sur souris et lapins. Ce sérum est curatif et préventif chez l’animal ; malheureusement il est beaucoup plus difficile, sinon impossible, de préciser sa valeur thérapeutique chez l’homme.
Son action est nulle sur l’érysipèle, fait peu encourageant. ÿ ; G
Depuis que lon fait de la Sénat anti-streptococcique, il a été publié des milliers d'observations mais elles ont tellement l'air dépareillé que l’on serait . fort embarrassé si l’on devait citer, ne fut-ce qu’ une seule bonne statistique dans le genre de celles que l’on possède au sujet de la diphtérie (Besredka). Néanmoins cette médication serait de plus en plus : employéeet le professeur Pinard la considère comme | le traitement rationnel des infections puerpérales.
- Chez l’un de nos blessés, nous l’avons employée d’une façon assez intense, 320 centimètres èubes en injections sous-cutanées. Nous avons fait une premièresérie de 20 centimètres cubes quotidiens pendant dix jours, puis trois injections de 4o centimètres cubes.
La température ne s’est pas abaïissée à la suite de ces injections et la convalescence ne s'est établie qu'un mois après la dernière injection.
Chez nos autres blessés, le sérum fut employé à petites doses pendant peu de temps, ce qui rend impossible toute déduction sur son efficacité.
Nous n’avons pas eu l’occasion d'employer le sérum polyvalent de Leclainche et Vallée qui aurait une action efficace contre le streptocoque, le staphylocoque,le pyocyanique et les microbes anaérobies,perfrengens et vibrion septique. Ce sérum en injections sous-cutanées donnerait peut-être des résultats satisfaisants dans certains cas de septicémies streptococciques, staphylococciques. Nous nous sommes contentés jusqu'ici d'employer le sérum-plaie des mêmes - auteurs pour panser nos blessés et les résultats locaux
nous ont paru satisfaisants.
2° Immunité active. — Vaccinothérapie. — Wright
a été surtout le promoteur de la vaccinothérapie et par elle, il se propose, en injectant des microbes tués de provoquer la production d'anticorps, aggluti-
nines, bactériolysines, et d'atteindre ainsi une ëmmunité active du malade.
Wright a vanté les effets de cette méthode non seulement dans des infections locales cutanées comme l’acné et la furonculose mais aussi dans les maladies des muqueuses et des tissus : cholécystite, appendicite, bronchite, blennorragie et même dans les infections générales. :
D’après cet auteur, les microbes, introduits dans la circulation, arrivent au contact des tissus dilués dans la masse du sang; injectés sous la peau, ils y
parviennent à l’état de concentration,ce qui favorise P. Legrain À , 8
la production d'anticorps ; il n’y aurait pas à craindre d'intoxication, les substances toxiques seraient retenues dans les tissus. Donc opposition complète entre les effets de l’inoculation suivant que les microbes sont introduits sous la peau ou dans les veines, opposition qui justifie l’injection sous-cutanée de vaccins bactériens au cours des septicémies. Cette méthode a été appliquée par Wright aux plaies de guerre puis par divers auteurs.
‘” Le docteur Philibert a préconisé cette méthode dans notre ambulance et a eu de beaux succès avec des auto-vaccins. Au cours des blessures, sans atteinte trop grave de l’état général, l’application de | la méthode paraît facile et l’on peut graduer cliniquement les doses de vaccin même sans avoir recours à des méthodes de laboratoire comme la recherche de l'index opsonique. Cette recherche permet de se rendre compte des réactions humorales provoquées par les vaccins et d'éviter une vaccination trop énergique pouvant amener une phase négative prononcée mettant le sujet.en état de moindre résistance.
:: Au cours des septicémies aiguës avec dégâts osseux éomme l'observation II, l'observation clinique devient très infidèle pour décider du moment opportun où une nouvelle injection d’auto-vaccin doit être faite ‘ét il parait illusoire de compter sur une réaction ‘générale heureuse devant la gravité des symptômes généraux. # ‘! Cette méthode nous paraît surtout applicable au
[es
\ EE 119 — a
cours des septicémies subaiguës, et au cours des pyohémies comme nos observations VI et VII.
Nous voyons donc que le traitement médical des septicémies reste plein d’incertitudes et qu'aucune
thérapeutique n’a une valeur curative hors de toute
contestation. L'alimentation et les soins ont une
| importance considérable au cours des longues PephCOs
pyohémies.
. L’abcès térébenthiné est une vieille méthode qui nous a paru donner des résultats encourageants et ne paraît pas mériter le discrédit actuel ; la sérothérapie et la vaccinothérapie peuvent être des méthodes adjuvantes utiles, surtout cette dernière, en raison de leur spécificité.
Il. — Traitement chirurgical
Nous venons de passer en revue tous les agents médicaux que nous avons employés au cours des septicémies et nous devons reconnaître que la thérapeutique médicale reste encore pleine d'incertitude et ne donne que des succès douteux.
Aussi la thérapeutique chirurgicale tient-elle une place prépondérante dans le traitement des septicémies, suite de blessures de guerre, soit que des interventions locales soient nécessaires au niveau du foyer ou au niveau des localisations métastatiques, soit qu’une amputation devienne urgente, particulièrement au cours des septicémies aiguës, graves,
“qui accompagnent les lésions osseuses des membres ou les lésions articulaires et dont l'évolution est souvent rapidement mortelle. :
Dans ces formes le traitement médical, sérothérapie, vaccinothérapie, abcès térébenthiné ne joue qu’un rôle adjuvant, utile mais le plus souvent insuffisant en raison de lésions locales trop importantes et le traitement chirurgical est seul capable de sauver la vie du blessé en supprimant le foyer, RUE de l'infection sanguine.
De plus, le traitement chirurgical précoce est notre seule arme vraiment efficace contre l'infection primitive des plaies et par conséquent contre les. septicémies consécutives ; les interventions secondaires sur des tissus infectés peuvent être la cause possible d'une recrudescence de l'infection sanguine, aussi sommes-nous amenés à discuter les rapports de l'acte opératoire et des septicémies. :
EL — Les interventions primitives. — Nécessité de ces interventions comme méthode préventive des septicémies. — Leur efficacité n’est pas absolue.
La nécessité de l’acte chirurgical précoce, le plus précoce possible avant la pullulation microbienne, pour lutter contre l’infection des plaies de guerre, n’est plus à démontrer après bientôt quatre années de pratique et l’abstention Sr sous forme de pansement et de teinture diode, n’est plus défendue par personne.