‹ Septicémies au cours de l'évolution des blessures de guerreChapitre 33 sur 35 · LAS · texte numérisé non relu

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Le traitement médical, sérothérapie, vaccinothérapie, même d’après ses auteurs, ne possède qu'un rôle adjuvant. ;

Les méthodes antiseptiques, notamment la méthode de Carrel, sont toujours précédées d’un débridement large et précoce avec enlèvement des débris vestimentaires,des projectiles,des tissus souillés et contus, si favorables à la pullulation microbienne. Mais la technique chirurgicale elle-même s’est modifiée et le simple débridement a été remplacé avantageusement par l’excision large des trajets qui donne des suites opératoires moins compliquées, moins longues et se propose comme but, théoriquement du moins, la suture primitive. Adopter ces méthodes, c’est lutter le

. plus efficacement que nous le pouvons contre l’infec-

tion des plaies et par conséquent contre la septicémie, complication toujours possible d’une plaie infectée; c’est profiter de l'expérience cnique acquise chaque jour depuis de longs mois.

Aussi nul ne s’élonnera, puisque nous avons relevé des observations malheureuses, de voir la septicémie éclater chez des blessés non opérés ou opérés incomplètement.

Septicémies chez des blessés non opérés ou opérés incomplètement

Parfois toute opération a été impossible, c'est le. cas de notre observation 1. Le blessé atteint de fractures multiples arrive à l'ambulance dans, un état.

— 199 — extrêmement grave, refroidi, le pouls misérable.On ne peut que le réchauffer, le remonter. Le lendemain, on fait cependant un débridement très sommaire des plaies et le blessé meurt au bout de trois jours au cours d’une septicémie mixte à streptocoque et à pneumobacille de Friedlander, -

Le blessé de l’observation IX ne présentait qu'une simple plaie du mollet par balle de fusil. On surseoit à toute intervention et on ne fait qu’un pansement. Deux jours après, la température dépasse 39 degrés. Septicémie à Friedlander, heureusement bénigne. Apyrexie au bout de dix jours.

Parfois l'opération a été faite aussi précocement que possible, mais elle fut incomplète et c’est le cas de deux de nos observations. |

Le blessé de l'observation XIL présentait une plaie de l'épaule par balle de fusil. La balle est entrée au niveau de la région sous-épineuse droite, a écrasé le bord inférieur de l’acromion, la téte humérale, et est venue se loger sous la clavicule. On se contente de débrider l’orifice postérieur, bourré de débris de capote et on laisse la plaie ouverte avec une mèche.

Technique discutable : ou il fallait réséquer d’emblée si l’on croyait à l'infection ou sinon fermer, Laisser une articulation ainsi ouverte est toujours - fâcheux. te SA |

Dans les premiers jours, l’évolution parut favorable puis au bout d’une semaine ascension thermique, arthrite de l'épaule, résection secondaire, pres

mie staphylococcique eé mort, “6 “ou en

Le blessé de l’observation IV est un exemple, moins grave heureusement, des dangers que court le blessé au point de vue septicémique si l’on se con-

tente de faire une opération minima et conserva: trice, toujours tentante.

Blessé le 29 septembre, il présente des blessures des deux pieds par éclat d’obus avec, du côté gauche, une fracture de l’épiphyse tibiale, une fracture de la malléole interne avec deux éclats d'obus inelus. Opéré, immédiatement, on se contente d’un simple débridement, d’un curettage sans enlever les éclats.

Deux jours après, la température dépasse 39 degrés.

Le 2 octobre, on enlève simplement les éclats à la pince, sous contrôle radioscopique. Le 13 octobre, septicémie streptococcique, AU ARAIEÉ LOS et finalement amputation avec guérison.

Même exemple de septicémie chez le blessé de l’ob-

servation III; opéré incomplètement à cause de ses

blessures multiples, il conserva durant un mois un projectile dans le creux poplité avec une suppuration abondante et mourut finalement de septico-pyohémie.

Septicèmies chez des blessés opérés précocement. — Nous venons de voir des septicémies apparaître chez des blessés non opérés ou opérés d’une façon incomplète pour des raisons diverses : essais d'opérations minima ou blessures multiples. Ces faits sont suffisamment éloquents pour montrer le sort réservé aux blessés par l'évolution naturelle des plaies de guerre, mais une intervention chirurgicale précoce

met-elle dans tous les cas à l’abri de complications septicémiques ?

Evidemment non, car aucune méthode n’est parfaite. Après une intervention, si large et si précoce soit-elle, il reste des aléas et ceux-ci tiennent à ce qu'on opère toujours sur des tissus infectés.

Malgré une technique même rigoureuse, une excision de trajet peut ne pas être complète, le bistouri peut avoir ensemencé de nouvelles surfaces cruentées et l'infection locale, si minime qu’elle soit après une intervention, grâce à des conditions qui nous échappent, virulence exaltée ou terrain peu résistant, peut se compliquer d'infection sanguine grave.

Notre incertitude au sujet du degré d'infection d’une plaie, après intervention, nous explique les hésitations de certains chirurgiens à pratiquer des sutures primitives sur des plaies importantes.

Deux de nos observations nous montrent particulièrement, en raison de la bénignité apparente de leurs blessures et de l’excision facile de tout le trajet infecté et contus que l’acte opératoire n’est évidem- .ment pas d’une efficacité absolue et certaine même dans des cas très simples. | - Aussi l’évolution de notre blessé de l’observation VI mérite qu’on l’examine soigneusement. Ce jeune garçon de vingt-deux ans ne présentait qu’une simple petite plaie du cuir chevelu avec un éclat d’obus sous-cutané : blessure absolument insignifiante dans une région particulièrement tolérante,

On l'opère quatorze heures après sa blessure, le 28 août à midi; débridement et excision du trajet ;

on extrait le projectile et on ne constate aucune lésion

osseuse. Dès le lendemain matin, la température est à 39°6 et le soir .à 4o°8 ; la plaie suppure et l’on fait

sauter un point de suture. Le 30 août, état grave,

température élevée, septicémie streptococcique décelée par l’hémoculture et le pus de la plaie renferme du streptocoque en abondance. |

Même exemple de septicémie malgré une interven-

| tion précoce chez le blessé de l'observation XI.

Il s’agissait dans ce cas d’une simple plaie de la fesse par éclat d’obus. Celle-ci fut précocement et largement excisée, Néanmoins une septicémie fit son apparition ; l’évolution en fut d’ailleurs bénigne à l'encontre de notre observation précédente dont

. l’évolution pyohémique dura plusieurs mois.

Ces faits, d’ailleurs exceptionnels pour de si minimes blessures, ne plaident que pour une technique chirurgicale plus parfaite. L Faudrait-il voir dans ces cas rares une exaltation de virulence sous l'influence de l'acte chirurgical comme on peut l’observer au cours d'opérations tardives, régularisation d’un moignon ou intervention sur un ancien foyer d’ostéomyélite ? Nous n’avons aucun élément affirmatif pour cette hypothèse.

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