‹ Septicémies au cours de l'évolution des blessures de guerreChapitre 5 sur 35 · OBSERVATIONS CLINIQUES È ET BACTÉRIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS CLINIQUES È ET BACTÉRIOLOGIQUES

Nous avons eu l'occasion de pratiquer des hémocultures chez 32 blessés de guerre qui nous paraissaient, a priori, des cas particulièrement favorables au point de vue septicémie.

Nous pouvons diviser ces blessés en trois catégories :

1° Blessés légers avec lésions musculaires ou même lésions sous-cutanées (1 observation) et hyperthermie ; |

2° Blessés graves avec lésions osseuses, souvent blessures multiples et température élevée ;

3° Blessés extrêmement graves, blessures multiples et hypothermie.

Technique. — Nous n'avons pratiqué aucun ensemencement de sang sur milieu anaérobie, n’ayant pas eu à notre disposition une trompe à vide, nécessaire à cette étude.

Toutes nos hémocultures ont donc été faites sur milieu aérobie, bouillon ordinaire, préparé avec de l'extrait de viande, suivant la méthode classique.

Désinfection soigneuse de la peau au niveau du pli du coude avec alcool, éther et plusieurs applicaüons de teinture d’iode. ee

Prise de sang au niveau de la médiane céphalique.

Ensemencement de 5 à 10 centimètres cubes de | sang environ dans des ballons renfermant 250 centimètres cubes de bouillon. ù

Mise à l’étu ve à 35 degrés. Au bout de vingt-quatre heures, repiquage sur tube de gélose et de bouillon el premier examen. |

Examens répétés les jours suivants du ballon primitif et nouveaux repiquages.

Détermination des germes par ensemencerments sur milieux variés : bouillon, blanc d'œuf, gélose profonde, gélatine.

Nous avons pratiqué le plus souvent de nombreuses hémocullures chez le même blessé et confirmé le diagnostic de la septicémie par l'examen des plaies où l'agent de l'infection sanguine pullule toujours et par examen bactériologique des complications métastatiques. À

Sur 32 examens, nous avons eu treize fois des cas de septicémies et les septicémies observées par nous au point de vue clinique se sont montrées très variables par leur gravité et leur évolution. |

Au point de vue bactériologique si le streptocoque se trouve l’agent le plus fréquent de nos septicémies,

9 Cas sur 15, il n’est pas le seul redoutable, Trois de nos septicémies sont dues à du pneumobacille de

Friedlander, une à du tétragène, et deux à du staphylocoque blanc.

A propos de ce dernier microbe, nous n'avons retenu comme septicémie staphylococcique que des observations indiscutables, établies par des hémocultures répétées, l'examen des plaies, et surlout par des abcès métastatiques où le staphylocoque fut le. seul microbe causal.

Cette méthode, qui nous a fait rejeter trois de nos observations où le staphylocoque pouvait être incriminé, nous explique la gravilé de nos septicémies staphylococciques puisque nos deux observations se sont terminées par la mort.

Nous avons eu 3 décès sur 7 septicémies streptococ-

ciques et aucune mort par suite de seplicémies à

pneumobacille de Friedlander ou à tétragène.

Dans un seul cas nous avons vu une septicémie associée, streptocoque et pneumobacille de Friedlander.

Nous avons examiné, au point de vue bactériologique. les plaies, point de départ de la septicémie et nous rapporterons ces divers examens à propos de chacune de nos observations. |

Nous voyons donc que la bactériologie tiendra forcément une assez large place dans nos observations, aussi, bien que l'agent microbien n'imprime pas une allure clinique particulière à la septicémie, et pour

éviter des redites, nous présenterons tous nos cas dans l’ordre bactériologique :

Septicémies streptococciques : 7 cas.

Septicémies à pneumobacille de Friedlander :

3 cas.

Septicémie à tétragène : 1 cas.

Septicémie à staphylocoque : 2 cas. e

Cette classification ne nous empêchera pas cependant de grouper nos observations suivant leur gravité et leur évolution, d’en exposer les points cliniques qui nous paraissent particulièrement intésants, nous réservant dans les chapitres suivants d’en tirer les conclusions générales nécessaires.

Septicémies streptococciques Sur les 13 cas de septicémies que nous avons observés les septicémies streptococciques furent fréquentes, 7 cas sur 13 ; elles furent graves puisque 3 sur 7 se terminèrent par la mort et une par ampu- ‘tation. Lo

Comme agents vulnérants, aucune balle de fusil, toutes les blessures ont été provoquées par éclats. d’obus sauf l’observation 1, blessures multiples par

éclats de grenade.

À part une plaie du cuir chevelu (obs. VII), une. plaie de la région sus-claviculaire (obs. VI), tous nos blessés présentaient des lésions osseuses : fractures. multiples avec plaies musculaires (obs. I), fracture.

lo

de cuisse (obs. IT), fracture du genou avec plaies musculaires de la jambe (obs. III), fracture des os du pied (obs. IV), fracture du sacrum (obs. V).

Les articulations intéresséés ont été les deux genoux (obs. 1), un genou (obs. II), l'articulation tibio-tarsienne (obs. IV), l'articulation sous-iliaque (obs. V).

Un seul symptôme nous a paru particulier aux streptococcémies : tendance aux hémorragies locales et générales avec anémie rapide. Nous insisterons sur ces formes hémorragiques dont nos observations II et III présentent de beaux exemples.

A part cette tendance hémorragique, l’évolution clinique des septicémies streptococciques est des plus variables, depuis l'infection sanguine rapidement mortelle de l’observation I jusqu’à la [eue pyohémie de l’observation VIT.

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