LENS ERE
qu’un stade de phlébite intermédiaire des veines issues de ce foyer ou à son contact est nécessaire à la diffu-
sion des bactéries dans le sang.
Cette manière de voir n’a pas toujours été admise. Elle va à l'encontre des publications de plusieurs auteurs qui ont relaté des observations de septico-pyohémie sans phlébite. Luc, LOMBARD, EULENSTEIN, BRIEGCER ont publié des observations d’otites avec septicémie secondaire au cours desquelles le sinus latéral paraissait sain. WORMS a rapporté également deux cas de septicémie otogène sans phlébite. La fréquence de la réaction veineuse de voisinage est même niée par UFFENORDE qui aurait par contre observé assez fréquemment un procesus lymphangitique gagnant les ganglions péri-jugulaires et infectant à distance la veine jugulaire.
Toutefois, comme nous le verrons, ces observations ne paraissent pas mettre en doute d’une manière définitive la thèse à peu près universellement admise suivant laquelle la septicémie otogène reconnaît à son origine l'invasion microbienne du sang par voie veineuse. Certes, le processus phlébitique ne touche pas toujours un gros canal veineux et la thrombose n’est pas toujours évidente. Mais les recherches anatomopathologiques, les résultats de la découverte opératoire, les examens histologiques ont permis dans la
plupart des cas douteux (KoRNER) de prouver l’exis-
jus 08
Log
tence d’altérations veineuses autres qu’une thrombophlébite oblitérante du sinus latéral. À ce point de vue on peut distinguer deux groupes d’affections :
1° Les septicémies secondaires à une thrombo-phlébite oblitérante;
2° Les septicémies sans thrombo-phlébite appa-
rente.