I. -— SEPTICÉMIES SECONDAIRES
A UNE THROMBO-PHLÉBITE OBLITÉRANTE.
La thrombose peut siéger primitivement soit sur le
sinus latéral, soit sur le golfe de la jugulaire.
a) Thrombo-phlébite du sinus latéral. — Dans la majorité des cas, la thrombo-phlébite siège sur le sinus latéral dans son segment descendant ou mastoïdien. WANNER prétend que l'infection touche d’abord le sinus près de la pointe mastoïdienne, près du bulbe, en cas de suppuration aiguë. Les suppurations chroniques infecteraient plutôt le coude supérieur du sinus latéral. Quoi qu’il en soit, la situation de l’antre d’une part, la possibilité de lésions osseuses de la partie postérieure de la mastoïde d’autre part, expliquent que le sinus soit le plus souvent atteint par « processus de contiguité ».
Quand l’antre mastoïdien est de dimensions nor-
males (diamètre antéro-postérieur de 1 centimètre), sa
Fe
paroi interne ne dépasse pas en arrière un plan transversal tangent au bord antérieur du sinus. Mais quand l’antre est très développé dans le sens antéro-postérieur, sa paroi interne entre en rapport avec une zone plus ou moins étendue du sinus latéral. Parfois même, la gouttière du sinus, très procidente, est creusée en dehors de l’extrémité postérieure de la cavité antrale et se place entre cette cavité et la face externe de la
portion mastoïdienne du temporal (ROUVIÈRE).
L’atteinte du sinus peut, de plus, succéder à des lésions osseuses localisées à la partie postérieure de la mastoïde. Le sinus descend à la face profonde du massif pétro-mastoïdien : or, l’architecture de cette portion de la mastoïde n’est pas sans favoriser nettement l’évolution des lésions vers la profondeur, c’est-àdire vers la table interne où se déprime la gouttière sigmoïde. BEZoLD, MOURET, ont insisté sur cette notion. MOURET a distingué à ce sujet dans le groupe des mastoïdites postérieures, les mastoïdites postéro-inférieures dont l’évolution menace le segment descendant du sinus, des mastoïdites postéro-supérieures dont l’évolution se fait plus aisément vers la superficie.
Presque toujours, on est guidé vers les lésions phlébitiques, lors de l’intervention, par la poursuite de l’ostéite; mais l’importance de la carie osseuse est variable suivant les cas. Le plus souvent l’os malade
forme un chaînon intermédiaire continu et évident,
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entre l’antre et la paroi sinusienne. Quelquefois même
la fonte osseuse est si complète qu’un simple nettoyage
met le sinus à nu. Le cholestéatome peut jouer ici son rôle destructeur habituel. Mais il faut savoir qu’il n’en est pas toujours ainsi et que l’ostéite peut paraître localisée uniquement au pourtour dé l’antre : dans ces cas, le contact entre le foyer péri-antral et celui qui environne le sinus n’est réalisé que par une traînée ostéitique si mince et si discrète qu’on ne la retrouve
que difficilement à l’opération.
Il est enfin des cas plus rares où toute relation ostéitique est impossible à établir entre la péri-antrite et la lésion veineuse, si méticuleuse que soit la recherche. C’est alors qu'il faut admettre que le sinus a été infecté par un processus de « continuité veineuse », c’est-à-dire par le moyen de petites veinules dont l’origine baigne en plein foyer péri-antral et dont la
terminaison s'ouvre dans la paroi sinusale.
Les auteurs classiques ne décrivaient, comme affluent de ce type du sinus latéral, à ce niveau, que la veine sigmoïdo-antrale d’'ELSWORTH, dont le calibre est réduit mais dont l’importance est capitale. Elle prend naissance par plusieurs ramuscules au sein même du tissu spongieux péri-antral et se jette dans
le coude sinusal.
H.-P. CHATELLIER a, d'autre part, isolé, par pro-