‹ Septicémies d'origine auriculaireChapitre 50 sur 54 · DÉRIVÉS ORGANIQUES DU SOUFRE · texte numérisé non relu

DÉRIVÉS ORGANIQUES DU SOUFRE

Depuis quelques années, le remarquable essor de la chimiothérapie par les dérivés organiques du soufre a conduit à appliquer ces médicaments au traitement des septicémies auriculaires. Actuellement, en France, sont surtout utilisés trois médicaments : la sulfanilamide (1162 F), la sulfapyridine (693) et la sulfamidochrysoïdine carboxylée.

Ces médicaments ont-ils une action préventive sur les septicémies d’origine auriculaire? Ils sont entrés à tel point dans la pratique quotidienne qu'ils sont prescrits presque systématiquement à toutes les suppurations de l'oreille moyenne. Il est bien rare d’examiner un malade pour otite aiguë évoluant depuis quelques jours sans apprendre qu’il n’a déjà été soumis au traitement sulfamidé. La fréquence des septicémies a-t-elle diminué pour cela? Le recul du temps

manque pour juger.

Quant à leur action curatrice, les sulfamides n’ont pas donné dans le traitement des septicémies les résultats encourageants qu’on peut observer au cours du traitement de l’érysipèle ou des méningites. Les observations de cas heureux, relatives à des septicémies auriculaires soumises à ce traitement sont rares. Certains auteurs administrent ces médicaments isolément,

= d’autres en association avec la sérothérapie.

Les publications récentes insistent sur la nécessité d’une posologie forte et précise : très souvent les doses administrées sont faibles, risquant d’être inopérantes et exposant tout autant que les grosses doses aux äccidents de la thérapeutique. D’une façon générale, la médication n’agit que lorsque un certain taux est réalisé dans les humeurs. Il faut réaliser ce taux le plus vite possible et le maintenir durant le temps nécessaire. C’est ainsi qu'il convient de pratiquer un traitement d’attaque assez massif, par doses réparties

toutes les 4 heures.

Pour le 1162 F. Lonc et BLiss proposent la posologie suivante, nécessaire et suffisante pour maintenir une concentration sanguine efficace (10 à 15 mmg. % ): pour un malade de 70 kgs, dose d’attaque initiale : 5 gr.; dose d’entretien quotidienne : 10 gr. On ne doit diminuer la dose que lorsque la température est reve-

nue à la normale depuis quatre jours et l’hémoculture

négative depuis trois jours. Ce médicament aurait à son actif quelques cas heureux de septicémies strep-

tocecciques, par contre il est sans action sur les for-

mes à staphylocoques et les formes à microbes asso-.

clés.

Le 693 (sulfapyridine) aurait une action plus poiyvalente et plus antipyrétique. Pour une action égale,

la dose journalière est de 4 à 8 gr.

Quels que soient les succès obtenus par l’emploi de médications biologiques ou de médications chimiothérapiques, ces médicaments ne restent que le complément du traitement chirurgical. Inversement, le traitement chirurgical ne suffit pas toujours à lui seul : il est nécessaire de lui adjoindre l’appoint des thérapeutiques médicales. Mais, étant donné le nombre et la complexité de ces méthodes, il est nécessaire de recourir à une thérapeutique soigneusement déterminée à l’avance, sans adjuvants superflus et parfois dangereux, car chez les grands infectés il faut éviter toute

médication toxique.

À ce point de vue, les meilleurs agents thérapeutiques qui ent fait leurs preuves semblent bien être encore la sérothérapie, la transfusion sanguine et l’abcès

de fixation.

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