Genèse, chap. xn. vers. 1-5. (S
Palestine, selon la parole et sous la direction de l'Éternel.
Il erre au milieu des populations déjà fixées sur la terre de Chanaan et avec lesquelles il vit en paix, mais sans s'unir à elles, leur portant secours quand elles sont attaquées par des chefs étrangers, se battant pour elles en ami fidèle, quelquefois peut-être en vaillant condottiere, mais restant isolé en patriarche nomade, avec sa famille et sa tribu, se refusant même aux dons et aux faveurs qui pourraient abaisser son caractère et altérer son indépendance. Partout où il s'arrête et où quelque incident important lui arrive, à Sichem, à Béthel, à Berseebah, à Hébron, il élève un autel à son Dieu. Dans sa vie errante et mal pourvue, une famine le pousse jusqu'en Egypte, le premier peut-être de ces chefs pasteurs venus d'Asie qui devaient bientôt envahir cette riche contrée. Abraham passe en Egypte plusieurs années, bien traité par le Pharaon du
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temps, en rapports bienveillants avec les prêtres égyptiens, échangeant avec eux ce qu'ils avaient, .les uns et les autres, de connaissances astronomiques ou naturelles, mais maintenant toujours avec soin l'isolement de sa famille, de sa tribu, de son culte. De son plein gré ou sur la demande du Pharaon, il quitte l'Égypte, emmenant des troupeaux, des chameaux, des esclaves égyptiens, entre autres sa servante Agar; il retourne dans le pays de Chanaan, erre encore dans plusieurs parties du territoire, prend part à divers événements, troubles intérieurs ou guerres extérieures, et s'établit enfin avec les siens à Hébron, auprès des chênes de Mamré, chez la peuplade des Héthiens, mais toujours en étranger et toujours attentif à en conserver le caractère et l'indépendance. Quand sa femme Sarah mourut, « Abraham, s'étant levé de devant son mort, dit la Genèse , parla aux Héthiens , disant : — Je suis étranger et habitant parmi vous; donnez-moi une
possession où j'aie droit de sépulcre parmi vous, afin que j'enterre mon mort et que je l'ôte de devant mes yeux. — Et les Héthiens répondirent „ à Abraham et lui dirent : — Mon seigneur, écoutenous; tu es parmi nous un grand prince; enterre ton mort dans celui de nos sépulcres qui te plaira le plus. Nul de nous ne te refusera son sépulcre, afin que tu y enterres ton mort. — Alors Abraham se leva, et se prosterna devant le peuple du pays, les Héthiens, et il leur dit : — S'il vous plaît que j'enterre mon mort et que je l'ôte de devant mes yeux, écoutez-moi et intercédez pour moi envers Héphron, fils de Tsohar, afin qu'il me donne sa caverne de Macpélah, qui est à l'extrémité de son champ. Qu'il me la cède devant vous, pour le prix qu'elle vaut, et que je la possède pour en faire un sépulcre. — Or, Héphron était assis parmi les Héthiens. Héphron donc, Héthien, répondit à Abraham, en la présence des Héthiens qui l'écoutaient..., disant : — Non, mon seigneur, écoute-
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moi : je te donne le champ ; je te donne aussi la caverne qui y est; je te la donne en présence des enfants de mon peuple; enterres -y ton mort. — Et Abraham se prosterna devant le peuple du pays, et il parla à Héphron devant tout le peuple du pays, et dit : — Mais, s'il te plaît, je te prie, écoute -moi; je te donnerai l'argent du champ; reçois -le de moi, et j'y enterrerai mon mort. — Et Héphron répondit à Abraham, disant : — Mon seigneur, écoute -moi; la terre vaut quatre cents sicles d'argent entre toi et moi; mais qu'est-ce que cela? Enterre donc ton mort. — Et Abraham, ayant entendu Héphron, lui paya l'argent dont il avait parlé, en présence des Héthiens, savoir quatre cents sicles d'argent qui avaient cours entre les marchands. Et le champ d'Héphron, qui était à Macpélah, au devant de Mamré, tant le champ que la caverne qui y était, et tous les arbres qui étaient dans le champ et dans tous ses confins tout autour, fut acquis en propriété
à Abraham, en présence des Héthiens... Et après cela, Abraham enterra Sarah, sa femme, dans la caverne de Macpélah, au devant de Mamré, qui est Hébron, au pays de Chanaan. Le champ donc, et la caverne qui y est, fut assuré par les Héthiens à Abraham, afin qu'il le possédât pour y faire son sépulcre »
Peu importe à Abraham sa précaire condition d'étranger errant; il a foi en Dieu. Dieu commande, et Abraham obéit. Dieu promet, et Abraham s'y confie. Un jour pourtant, avec un sentiment d'inquiétude modeste : « Seigneur Éternel, que me donneras-tu ? demande Abraham à Dieu ; voici, tu ne m'as point donné d'enfants; et voilà, Éliézer de Damas, l'intendant de ma maison, sera mon héritier. » — Et voici, la parole de l'Éternel lui fut adressée, disant : « Celui-ci ne sera point ton héritier; mais celui qui sortira de tes entrailles sera ton