Évang. selon saint Matthieu, chap. xi, vers
place dans l'histoire du monde se sont établies à la fois par les moyens moraux et par les moyens matériels ; toutes ont employé, dès leurs premiers pas , la force aussi bien que la persuasion , le bras aussi bien que la parole. Seule, la religion chrétienne a vécu et grandi pendant trois siècles par sa seule et propre vertu, sans autre invocation que la vérité, sans autre point d'appui que la foi. Les dogmes, les préceptes, les miracles de son auteur ont été, pendant trois siècles, ses seules armes. Ces armes ont vaincu toutes les autres; les dogmes, les préceptes et les miracles de Jésus- Christ ont conquis l'esprit humain et la société humaine sur la philosophie de la Grèce, sur la puissance de Rome, sur toutes les mythologies poétiques ou mystiques de l'antiquité. Cette victoire n'a pas mis fin, il est vrai, à toutes les luttes intellectuelles; la lumière chrétienne n'a pas dissipé toutes les ténèbres et satisfait tous les esprits ; les explications et les commentaires
des hommes ont obscurci les doctrines de Jésus- Christ ; les passions ont méconnu ses préceptes ; les légendes se sont promptement entées sur ses miracles. Mais le fait que les dogmes, les préceptes et les miracles de Jésus-Christ ont suffi, sans aucun secours humain et malgré tous les efforts humains, à faire triompher et à fonder la religion chrétienne , ce fait primitif et suprême n'en subsiste pas moins. Le divin caractère de la religion chrétienne éclate dans ce seul résultat ; et son triomphe, sans l'action miraculeuse de Dieu, serait de tous les miracles le plus impossible à accepter.