SCÈNE V
CATILINA, CINCINNATUS, POTIRON, TIIÉMISTOCLE, gardes
NATIONAUX escortant GAIlAT; SOLDATS et .PEUPLE au fond. GARAT.
Ah! les faquins 1 ont-ils la voix fausse.
TIIÉMISTOCLE.
Allons, marchons I (U le prend au collet.)
GARAT, lui faisaut lâclier prise d'un coup de badine. Allons donc! allons donc! allons donc! bas les pattes! (il
descend eu distribuant descoups de badine à tous les soldats qui veulent le saisir.) CATILIISA.
Qu'est-ce que c'est, morbleu? Insulter les citoyens qui servent la patrie?
GARAT
Ah I je la plains, la patrie... s'ils la servent avec ces mains-là.
CATILliNA.
Avance à l'ordre, muscadin!
GARAT
Heureusement, ils sont polis. (Lorgnant Catilina.) Ah! celui-ci, c'est mieux, il ne se lave pas la tigiu-e!
CATILINA
Oui, oui, rira bien qui rira le dernier! Voyons, ta carte?
GARAT
Quelle carte?
CATILINA
Pour circuler dans Paris.
GARAT
Parbleu ! je le connais bien Paris, je n'ai pas besoin de carte.
CATILINA, lui parlant sous 1". nez.
Je te demande ton certUicat de civisme?
GARAT, reculant.
Ah! pouah! l'ognon!
CINCINNATUS, de même, de l'autre côté.
Entends-tu ce (ju'on te dit?
GARAT
Ah! bon... le tabac... à l'antre! Eh bien! non, je n'ai pas de cerlilicat. Est-ce lini, la petite cérémonie? Bonsoir!
CATILINA
Fini? c'est-à-dire que ça commence. Je t'arrête!
Allons donc! M'arrèter! Arrêter Pierre-Jean Garai! Garât de Bordeaux! Le grand Garât 1
CATILINA
Garât? Connais pas.
GARAT
Connais pas! Soyez donc la coqueluche des femmes et le cauchemar des hommes! Eh bien, regarde-moi, iroquois, ce n'est pas tous les jours fête; et si ta femme est jolie, ne lui dis pas, en rentrant, que tu viens de voir Garât, elle ne demanderait pas qui je suis, la friponne, mais elle te demanderait peut-être mon adresse.
CATILINA
Ça ne m'atteint pas, je suis célibataire.
GARAT
Tant pis, il y avait de l'étolfe.