ACTE PREMIER H
prime, tout ce qui s'affiche! tout ce qui s'étale ! Enfin, la même vanité, sous un autre nom ; et, après la coquetterie coupable des choses mondaines, celle plus coupable encore des choses sacrées.
Et elle a réussi
PLANTROSE.
Amplement. Nous ne sommes plus aujourd'hui pour tout le monde que : La sainte baronne. Mais ce triomphe a son amertume. Des rivales! une surtout... madame d'Armoise! Par son mari, légitimiste influent, madame d'Armoise a sur nous un grand avantage : Elle possède un salon !
Et c'est cela que Séraphine envie?
PLANTROSE.
Avec raison!... ce salon est une coterie, et toute coterie est une force... On ne s'y amuse pas, maison complote, on y popote, on y papote !... c'est un club oii s'élaborent mille projets, où se nouent mille intrigues : il s'y fabrique des réputations de clocher et des candidatures occultes qui font leur chemin dans l'ombre plus sûrement que d'autres à l'air libre. Grande comme ça à la surface, cette congrégation souriante a sous terre des kilomètres de tunnels et de corridors ! Elle tient à tout, touche à tout. C'est un petit gouvernement dans l'État !... qui a son journal, ses finances et surtout sa police, par la mystérieuse conlrérie des dames quêteuses qui savent tout et des valets bien pensants qui devinent le reste.
ROBERT
Charmant milieu !
PLANTROSE.
Un salon qui supplante celui des d'Armoise, voilà le rêve de
Séraphine, et, je la connais, elle y dépensera rli'sormais toute sa vie... aujourd'hui surtout que le baron n'est plus un obstacle!
Il est mort!
Tl est convorli !
Dppuis?
ROBERT
PLANTROSE
ROBERT
PL ANTROSE.
Un mois à peine!... Ce bon fjentilliomme, autrefois colonel de spahis, présenhiit ici le phis beau cas d'indifférence religieuse que j'aie vu de ma vie... La goutte se déclare... Séraphine saisit l'occasion : elle lui glisse ce bon M. Chapelard entre deux médecins. Dominé par la douleur, mon baron s'attendrit, ilfait maigre, il jeûne !... plus de goutte!... Miracle!... Chapelard lui promet qu'elle ne reviendra plus, s'il pratique. Touché de la grâce hygiénique, il va à l'église, comme il irait aux eaux, sans conviction, mais pour essayer. Et le vieux soudard d'autrefois ne se révèle plus jusqu'à nouvel ordre que par de brusques détonations de 'urons que Séraphine s'efforce de convertir en exclamations jjieuses.
ROBERT
Mais qu'est-ce que ce bon M. Chapelard.
PLAKTROSE.
Le tuteur de Sulpico.
ROBERT
Ce jf^une paroissien ?
PLANTROSr:.
Cui, pour qui Cliaielard a une aliection toute patornclle.