PLANTROSE, AGATHE, SÉRAPHINE, LE BARON
SÉRAPHINS, à Agathe'^.
Je VOUS entends de ma chambre, et vous semblez fort éuiue... que se passe-t-il donc?
Rien, madame, qui réclame votre présence...
Ah 1 c'est vous, monsieur... je vous croyais dans les coulisses de rOpéra.
Mouvement d'Agathe, qui regarde Plantrôse.
AGATHE
Pourquoi dans les coulisses de l'Opéra, ma mère ?
Le baron s'assied sur le canapé.
Voire mari, ma fille, saura mieux que moi vous expliquer ce qu'il y faisait hier au soir aux pieds de mademoiselle Georgette.
AGATHE
Ahl * Agathe, Plantrôse, Séraphine, le baron.
JO SÈRÂPHINE
PLANTROSE, èpart.
Jalouse... très-bien I (Haut, froidem»nt, en redescendant.) C*est^
exact... je suis ravi, madame, que vous preniez les devants ; car ceci me met fort à Taise. Monsieur le baron, j'ai le regret du vous annoncer que je ne vais plus avoir le bonheur de demeurer sous le même toil que vous !
LE BARON
Par exemple 1
PLANTROSE.
Je quille votre hôtel à l'instant, pour aller loger rue Lepellclier, 22, près de l'Opdra !
AGATHE
Oh ! monsieur !
En vérité, on se demande si l'on rêve, à entendre des choses si étranges !
PLANTROSE} prenant son chapeau qu'il a posé en entrant sur le guéridon.
Moins étranges, madame, que celles auxquelles votre pruderie me condamne !
C'est bien le langage, en effet, d'un homme tout à la matière.
PLANTROSE, tranquillement*
Je suis tout à la matière I
Et il faut avoir des appétits bien charnels...
PLANTROSE.
J'ai des appétits excessivement charnels f
Âh I ma fille ! quel mari vous avez là !
PLANTROSE.
Pardon I rectifions !... Quel mari elle n'a pas làî
Mais enfin I sacré mille !...
SÉRAPIIINE.
Baron I
LE BARON
C'est pourtant le cas de jurer, madame I Quand trouverai-je une meilleure occasion de jurer? Ainsi, monsieur, vous osez faire à ma fille...
PLANTROSE.
Eh ! baron! de quoi se plaindrait-elle? Et quel lort est-ce que je lui fais?... Je porte ailleurs mon amour dont elle ne veut pas !... Je lui rends service I
SÉRAPHING»
Monsieur !
PLANTROSE.
Madame... 22, rue Lepelletier : voilà ma cartel... Si votre fille a la bonté d'y réfléchir, elle comprendra que mademoiselle Georgetie n'est ici que Temblême d'une vie nouvelle à laquelle je ne me résigne que par force. Et si l'offre immédiate de mou bras... (Houyement d'AgaUie.)Non ! c'est trop tôt?... Très-bien 1... j'attendrai!
C'est tout attendu, monsieur... notre fille fera son devoir M
EUe remonte.
PLANTROSE.
Je l'espère, madame ! — Monsieur mon beau-père, je vous
salue cordialement. (Le baron loi tend la main, Plantrôse la: montre Séraphine; ils s'abstiennent.) YOUS serez tOUJOUrs le bien venu
chez moi, et vous y pourrez jurer et fumer à loisir, (a Agathe.) Madame, n^' 22, n'oubliez pas!... (a la baronne.) Madame la baronne, Dieu vous garde!... Ah I Soigneur! qu'il vous garde !... c'est mon vœu le plus cher 1
n sort par la gauche en saluant.
* Agathe, Séraphine, Plantrôse, le baront
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