ACTE TROISIÈME
Ah! mon pauvre cher trésor; tout cela, tu le sauras trop tôt, n'est que vanité!... crois-en ta mère!... interroge ta conscience.
Ma conscience me répond : « Yvonne, tu n*es pas faite pour cette vie-là I N'y T;a pas!... Tu t'en repentirais... » Cela ne varie pas !
Ah! malheureuse enfant! prends garde 1... C'est ton salut que tu perds !
YVONNE
A ce compte-là, maman, le tien serait donc perdu ; car tu n'as pas pris le voile?
Ohl moi.
YVONNE
Toi, et toutes les autres! Il ne peut pourtant pas y avoir que des religieuses ? — Dieu ne nous a pas faites que pour cela? Moi, si tu veux que je te parle franchement, je voudrais faire comme toi... me marier.
Ah!
YVONNE
Et si Dieu m'envoyait jamais des petits enfants à aimer et dorloter... Ah! il n'y aurait pas de bonheur pour moi pareil à celui-là!... Nous voilà joliment loin du couvent, tu Tavoueras!...
Et tu oseras faire un tel aveu à ce monde tout plein déjà du bruit de ton sacrifice? El tu lui diras: Eh bien! non i ne m'admirez pas! car je ne mérite que vos mépris!... A Thcurc du dévouement... je faiblis!... je recule! j'ai peur!... Remportez vos palmes et vos couronnes ! Je ne suis pas réponse de Dieu! Je ne suis qu'une demoiselle à marier, comme
les autres?
m SËRAPHINE
YVONNE
Ma mère!
Tu ne feras pas cela, mon Yvonne! Tu as le cœur trop , haut pour admettre que le monde parle ainsi de toi! N^est-ce pas que tu ne le voudras pas?
YVONNE
Maman, je n'ai qu'une chose à le répondre ! — Tu m*aimes bien, n'est-ce pas?
Oh ! oui !
YVONNE
Et tu ne veux que mon bonheur?
Dieu m'en est témoin !
Eh ! bien, n'insiste pas; car si je t'obéissais, je serais trèsmalheureuse !
Oh 1 ce n'est pas toi qui parles ainsi I Quelqu'un t'a dicté ces paroles !
YVONNE
Et qui donc?
Ton parrain !
YVONNE
Mon parrain?
Oui, tu Ipi as parlé! hors de cette maison 1
YVONNE
Non, maman! je te jure!...
Jure-moi qu'il ne t'a ni parlé ni écrit!
YVONNE
Qhl maman, pour écrit!