ACTE TROISIÈME
SëRÂPHINB; se lerant.
Allons donc ! Il t'a écrit! J'en étais sûre. Cette lettre! Donne! Je la veux! ,
YVONNE
Je Tai déchirée I
SBRAPHINB.
Tu mens. ^
YVONNE, se leTant.
Si j'étais fille à te mentir, mamaii^'aurai s nié la /ettre; c'était plus vite fait. Je t'assure que je Tai déchirée... et quHl n'y avait que ces mots : c Mon Yvonne, je suis arrivé! »
SÉRÂPHINE, areo amertume*
Mon Yvonne!
YVONNE
Ça, maman, tu sais qu'il ne m'a jamais appelée autrement ; c »r je suis bien son Yvonne, et toute à lui du fond du cœur!
Les beaux sentiments, en vérité ! et que cela est touchant de filleule à parrain !
YVONNE
Ah) maman, écoute. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous, et je vois bien depuis longtemps que tu ne peux pas le souffrir!... Moi, c'est différent. Gomment oublierai-je les premières impressions de ma vie ? — Si haut que remonte mon souvenir, c'est lui que je vois penché sur mon berceau.... et qui me regarde... d'un œil si doux, si tendre!... Un peu plus tard, j^étais encore en nourrice,quoique déjàgrandelette... Tu étais en voyage, toi, je pense... j'étais bien malade... une fièvre!... Je me vois debout sur mon petit lit! poussant des cris de terreur : mon parrain m'enlève dans ses bras ! me serre sur son cœur et me dit : t N'aie pas peur ! C'est moi, mon Yvonne adorée! » Et tout en me couvrant de baisers, il pleure... Je sens une de ses larmes tomber sur mon front brûlant!... Alorsje m'apaise! II me semble que je m'endors... mon souvenir s'arrête à cette larme, mais elle est restée si présente ! Je la sens toujours!... I^Ile est lày tiens !••• Tous tes baisers ne l'ont
m SERAPHINS
pas effacée de mon front I... Juge si rien au monde l'effacera jamais de mon cœur !
SÉRAPHINE, à part.
Oh ! le démon I II me l'a prise I... tenez !...
YVONNE
Et Dieu sait pourtant que tu Tas essayé I Et que je t'en ai bien voulu... je te demande pardon ; mais je dis tout !
Qu'ai-je essayé î
YVONNE
A la pension, et plus tard au couvent, il m'écrivait, et de si bons conseils, si affectueux ! Je lui répondais toujours. H y a un mois, mère Angélique, à qui nous remettons nos lettres, me dit : « Mon enfant, c'est inutile ; celle-ci ne partira pas I c^est Tordre de madame la baronne ! Et j'ai mission également de ne pas vous remettre celles qui vous viendraient de la même personne... d Je suis rentrée dans ma chambre, où j'ai pleuré I... Catherine, ma nourrice, est venue me voir; je lui ai tout conté; elle m'a vue si triste, la pauvre femme, qu'elle m'a dit : « Eh bien, écoutez, mon enfant, votre mère est fâchée avec votre parrain ; mais donnez-mc' vos lettres, je les lui enverrai, et c'est moi qui vous appor terai les réponses ! »
Et vous avez profité ?...
Oh ! c'était mal, maman, je le sais, très-mal, et je t'en demande bien pardon, mais je n'y tenais plus ! j'étais trop malheureuse ! Et je suis si contente de pouvoir tout te confesser une bonne fois. (Respirant.) Ah ! maintenant, j'ai tout dit 1 Tu vois, je respire à l'aise !
J'apprends ici de belles choses I
AGTB TftOISIEMB 105
YVONNE
Ah I pardonne-moi, dis-moi que tu me pardonnes 1
Oui, je vous pardonne.
TVONNB.
Oh ! vous, c'est bien sévère !
Allons ! je te pardonne, mais achève ! Il vous a donc écrit récemment par cetle belle entremise ?
YVONNE
Et j'ai su qu'il revenait en France 1 tu penses ma joie I Mais quand tu m'as fait venir à la maison, il y a un mois, plus de Catherine ! tu ne veux plus la voir, et plus de lettres ; j'étais à moitié folle, moi qui l'attendais tous les jours. Hier, je n'y tenais plus; je me suis décidée à écrire à Catherine, et... en allant à l'église!... j'ai laissé... mais tu m'as bien pardonné, n'est-ce pas ?.. .
Ouil
YVONNE
C'est fini?... Tu ne reviendras plus là-dessus?
Non!
YVONNE
Ah ! c'est que c'est bien mal encore! ce que j'ai fait là !..
Mais, pour Dieu I achevez ! vous avez laissé...
YVONNE
J'ai laissé passer Agathe devant moi, et j'ai jeté ma lettro à /a poste I
Mais comment donc? c'est charmant ! *
RAPHINE
YVONNE
res la grâce I
ÎRAPHINB.
doute?
YVONNE
réponse en question, qui m'a fait
SRAPHINE. ^
YVONNE
RAPHINE.
[ae le démon rôdait autour de vous,
YVONNE
[on parrain?
SRAPHINE.
YVONNE
SRAPHINE.
) tu ne lui écriras plus, ma fillCi
YVONNE
SRAPHINE.
le pas !
YVONNE
ir?
SRAPHINE.
Il le verras 1
YVONNE
'aime mieux le voir!
ÉRAPHINE.
couvent ce soir mên^^