ACTE QUATRIÈME
PLANTROSE.
Une perle! une perle! mon ami, que cette enfant-là I... Quand maman n'y est pas I
MONTIGNAG.
Ah! Sér.îphine...
PLANTROSE.
Ne parlons pas de Séraphine ! (Le regardant en loi montrant let
dents.) Ne me parle pas de Séraphine !
MONTIGNAG.
Ah! ah!
PLANTROSE*
Ah I mon ami, vois-tu, les ddvots...
MONTIGNAG.
Pardon, les mauvais; mais les bons !
PLANTROSE.
Où ça, les bons? montre-m'en un...
MONTIGNAG, lonriant et sans emjihose.
Moi.
Toi
MONTIGNAG, deboat, de même.
Et le plus sincère... et le plus fervent de .tous.
PLANTROSE.
Un grand diable comme toi, avec de la barbe, un marin \
MONTIGNAG.
Eh bien ! justement, ne cherche pas d'incrédules parmi nous, mon ami, le marin croit, il pratique, il s'en fait gloire ; *>ui, nous sommes pieux, et plus que cela, dévols I Oui, un grand diable comme moi fait sa prière à l'heure du combat et sa prière au plus fort de la tempête ! Et cela ne rcmpéche pas de faire aussi bravement son devoir de soldat 1... au contraire 1
PLANTROSB.
Id ne te chicanerai pas là-4essus. Convielioa d'honnête homme et bonne piélé, je m'incline. Accorde-moi seulement que Séraphine a une dévotion à elle.,*
UONTIGNAG.
Oh ! cela!.,.
PLANTaOSB.
Et que son ménage^., et surtout le mien...
MONTIGNAG.
D'accord I...
Mon ami, un enfer ! Je devenais idiot I... j*ai joué le tout pour le tout ! j'ai fait tantôt mes petits paquets, j'ai dit à madame de Plantrôse : a Ma chère enfant, je vais loger rue Lepelletier, sur le môme palier qu'une cocotte I »
MONTIGNAG.
Âh!
PLANTROSB.
Un résultat, mon ami !... A cinq heures, je m'arrachais aux tendres épancbements de ma belle-mère I A six heures, j'étais installé dans mon nouveau domicile !. . A huit ! j'allais prendre mon chapeau pour dîner au café Anglais. On sonne I... j'ouvre!... C'est une femme voilée, palpitante, qui tombe dans mes bras, et, vérification faite ! c'est Agathe 1
MONTIGNAG.
A la bonne heure !
PLANTROSE.
Je râi tenue là, mon ami, pendant cinq minutes, savourant le charme de ce groupe inconnu dans mon ménage ! Mels-toi bien à ma place, mon bon Montignac ! Ma femme à moi, chez moi 1 et sans ma belle-mère I... Non ! ce sont là de ces choses . gue la laâgue est impuissante à exprimer î J'ai retrouvé mes vingt ans; j'ai fait le galopin 1 je lui ai tiré les brides de son