‹ Séraphine: comédie en cinq actesChapitre 90 sur 119 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

YVONNE

Oh I non.

IfONTIGNAG.

Quel malheur , n'est-ce pas, que ]e ne sois pas ion père?...

YVONNE, lui fenrantia booohe.

Je n'ai pas dit cela 1

MONTIGNAG, radieux.

Mais tu le pentes !

YVONNE

Oh I que c'est mal, il est si bon pour moi f

MONTIGNÀG.

Et moi donc, je ne suis pas meilleur que lui ?•••

YVONNE

Je ne dis pas !

MONTIGNAG.

A-t-il jamais eu de ton enfance le soin que j'en ai pris ? a-t-il guidé tes premiers pas et guelté ton premier sourire? Est-ce lui ou moi qui passait des journées entières à ton berceau. Tes chagrins, est-ce à lui que tu les as confiés ? Ces letlres, est-ce à lui que tu les a écrites ? Et cette nuit enfin, qui t'enlève et le sauve de cette mort anticipée à laquelle on te condamne? ce n'est pas lui, c'est moi !... toujours moi I... Ah ! mon Yvonne bien-aimée, ton instinct ne s'y trompe pas... C'est vers moi qu'il se tourne ! Il sent bien que la vraie paternité est là, dans ce cœur qui ne bat plus que pour toi, mon Yvonne chérie, mon ange !

YVONNE

Mon bon parrain !

MONTIGNAG.

Aussi lu me suivras, lu m'obéiras comme à ton père. Je ne te ferai pas souffrir, moi 1 Car tu es la fille de mon cœur, de mon âme. Et je suis ton vrai père ! va ! je ie suis bien.

YVONNE, l'embrassant.

Mon second père 1 oui I

UONTIGNAG, Tirement.

Non i le seul I Entends*ta, le seul !

YVONNE

Gomment ?

VONTIGNAG, prêt k s'oublier.

Gomment? Tu ne sais pasl... tul... (a lui-même, l'arrètant

tout à coup aree douleur.) Ah I Dieu, n'avoir qu'un mot à dire et ne pas pouvoir... Gar je ne peux pas. Je ne peux pas!

YVONNE, Tirement.

Parrain, w pleures?

MONTIGNAG; la courrant de baisers comme un fou

Oh! ma fille! ma fille! Ah celui-là je puis le dire au moins I Ma fille ! ma fille ! ma fille ! ! !

Ah! je t'ai fait de la peine, tu es jaloux?

MONTIGNAG.

Oui!

YVONNE

Eh bien! écoute!...

MONTIGNAG.

Mon Yvonne !

YVONNE, baissant la Yoix.

Tout bas ! car ce n'est pas bien de ma part ! (a son oreine.) Je t'aime mieux que lui ! (viTement.) ne le dis pas !...

MONTIGNAG, radieux et baisant ses mains.

Ah ! c'est tout ce que je te demande !... Alors tu me suis? , Nous parlons? l

YVONNE

Oui, à un condition, c'est que tu me laisses écrire à maman.

MONTIGNAG.

Oh!..,

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