Hostises
Dans l'hostise (ostise, hostisium, hospicmni), la liberté économique prend, un rôle, considérable, quoique les traces du servage y soient encore visibles. Elle est mentionnée par un grand nombre de textes de la seconde moitié du xi^ siècle ' et du xii®. Grâce à l'irrégularité du développement social dans les diverses provinces, on la rencontre même au delà du xiii^, côte à côte avec les tenures serves et les conductions vilaines. Sa formation est quelquefois contemporaine des mainmortes, quelquefois antérieure ; d'autres fois,
I. En Tan 1000, déjà, Robert de Béthune donne une carruée de terre à quatre hôtes «... Apud Mirœum quatuor hospîtibus... » (Ducange, v© Hospes,)
elle leur succède. Elle révèle cependant un degré plus haut de personnalité civile. En effet, le tenancier y possède des attributs attestant de la manière la plus évidente la nécessité de rassurer la culture par des garanties de sécurité et de profit, par plus ou moins de la responsabilité, chez l'agent, qui est seule capable de provoquer un travail actif et entreprenant.
L'origine de l'hostise ne peut faire l'objet d'un doute. Sa cause, son but, les moyens de l'établir et de l'étendre ne sont nullement dissimulés. Sous Philippe-Auguste par exemple, le comte de Clermont veut peupler un tènement et fonder le bourg agricole de ce Vile-Novesen-Hes » : il fait ce crier »' qu'il y donnera « frances mazures à petites rentes, avec usage au bois en la forêt de Hes. » Aussitôt les hommes des seigneuries voisines, les hommes même de ses vassaux, quittent leurs terres et vont se constituer hostes du comte « por le francise et aisément de l'ostise ». La désertion est si rapide et si sensible, que les vassaux s'entendent pour contraindre le comte à amoindrir les avantages et les libertés de ses hôtes '.En 1191, l'évêque de Paris fait publier la division de sa, terre de Marnes en concessions hostisiales de 8 arpents à labourer et i pour bâtir (3 à 4 hectares environ) ;