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III. — LA CHRTSALIDE

Transformation du ver en chrysalide. — Lorsqu'il a terminé son cocon, le ver demeure immobile, sauf de légères torsions de sa partie inférieure ; son corps est raccourci par le plissement de la peau entre les anneaux ; les pulsations du vaisseau dorsal sont rares et ont lieu d'arrière en avant ; les fausses pattes et l'éperon sont comme flétris, les glandes soyeuses complètement vides et le tube intestinal raccourci. Le ver se prépare à subir une nouvelle mue, appelée aussi métamorphose, à cause

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des changements considérables qui s'opèrent en lui. Pendant les quatre premières mues, les organes du ver se renouvellent semblables à eux-mêmes et simplement grandis, tandis que, pendant la cinquième, il s'opère un changement radical qui permettra à Finsecte de remplir de nouvelles fonctions.

On constate bientôt sous la peau du ver une nouvelle cuticule épidermique. Vers le cinquième jour, la partie inférieure de la vieille enveloppe est vide; elle se fend au niveau de la tète, et, sous l'action des gonflements et contractions successives de l'animal qu'elle contient, elle se fend suivant la ligne dorsale et tombe desséchée et repliée sous l'abdomen, tandis que la chrysalide apparaît.

Aspect extérieur de la chrysalide. — Il serait difficile de reconnaître la larve sous son nouvel aspect. La

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Fig.U (1).

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chrysalide présente la forme d'un corps ovoïde, allant en s'amincissant de la tête à la queue (fig. 11); elle est incapable de se mouvoir et est recouverte d'une cuticule qui, d'aboi^d jaune clair, brunit peu à peu sous l'action de l'air. Au moment où elle vient d'abandonner sa dépouille, la chrysalide est très molle ; toute la surface de son corps

(J) Dessiné d'aprùs Pasteur.

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est mouillée par un liquide qui existait enire les deux enveloppes et avait été sécrété par les cellules hypodermiques. Au bout de quelques heures, le corps s'est raffermi par suite de la dessiccation de ce liquide, et on distingue à travers Tétui du cuticule les changements qui se sont opérés dans les organes qui deviendront ceux du futur insecte : le papillon .

Tout à fait au sommet, une plaque blanchâtre représente la tête et, de chaque côté, deux proéminences hémisphériques, qui deviendront les yeux à facettes du papillon ; les antennes sortent des cavités du crâne, qui logeaient les muscles des mandibules. Les trois segments thoraciques de la larve ont fusionné de façon à former un robuste corselet auquel sont attachées, à la place même où étaient les pattes antérieures de la larve, six pattes allongées avec leurs jointures et un ongle terminal. De nouveaux organes, les ailes, sont insérés sur le dos du corselet; elles se replient et se réunissent sur la face ventrale qu'elles recouvrent jusqu'au septième anneau, en laissant au sommet un espace libre en forme de cœur, dans lequel les antennes et les pattes sont repliées et disposées symétriquement.

La partie abdominale est annelée, ce qui lui permet d'exécuter des mouvements de torsion, tandis que la partie antérieure est complètement immobile.

Les fausses pattes et l'éperon ont disparu, laissant une trace à peine visible.

Les stigmates subsistent toujours sous forme de fentes linéaires; ceux du onzième anneau sont entièrement fermés et ceux des quatrième et cinquième anneaux sont cachés sous les ailes.

Structure INTÉRIEURE. —Jusqu'à la sortie du papillon, la* chrysalide présentera extérieurement le même aspect, tandis que des changements considérables s'opéreront à l'intérieur.

Les tissus hypodermiques et adipeux, les trachées, les P, Vieil. — Sériciculture. 7

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muscles, vont se désagréger et former une sorte de bouillie composée d'une infinité de cellules qui se rapproche de la substance vitelline de l'œuf, si bien que M. Raulin a pu dire : « La chrysalide est au papillon ce que l'œuf est à la larve. » Cette destruction des tissus a été appelée histolyse.

Aux dépens de cette bouillie, d'autres muscles, d'autres téguments, de nouvelles trachées vont se former, et les organes reproducteurs vont s'accroître. Les parties qui servent de centre de formation aux nouveaux organes ont reçu le nom de disques imaginaux. L'étude de ces phénomènes a tenté un grand nombre de savants (1); nous nous contenterons ici de décrire rapidement ces organes tels qu'ils sont au bout de cinq à six jours, alors que la réorganisation est commencée.

Vœsophage a la forme d'un tube allongé ; les glandes salivaires sont atrophiées, mais il s'est formé sur le côté un renflement, sorte de poche appelée quelquefois jabot, dans laquelle s'amasse un liquide alcalin que rejettera le papillon. Ce gonflement singulier de l'œsophage a été observé pour la première fois par Galli Bibiena, qui a remarqué que le liquide contenu avait la propriété de décoller les fils de soie, comme l'eau chaude, ce qui permet au papillon, qui en sortant rejette ce liquide par la bouche, de se frayer une

(1) Weisman, Die Entwickelung d. Dipteren {ZeitschHft f, mssensch. Zool.^ Bd. XIV) ; — Die Métamorphose d. C. plumicortiis {ZeitschHft f. wissensch. Zool., Bd. XVI).— Viallanes, Recherches sur l'histologie des insectes et sur les phénomènes histologiques qui accompagnent le développement postembryonnaire de ces animaux, Paris, 1883. — Verson, La fiormazione délie ali nella larva del B.mori {Pub. Anat. d. R. Stazione Bacologica, IV, Padova, 1890). — Altn cellule Glandulosi di origine postlarvale {Pubb. Anat. delta R. Staz Racologica, VII, Padova, 1892. — Gouin, Recherches sur la métainorphose des Lépidoptères. Travail fait sous la direction de M. le professeur Bugnion {Rull. de la Soc, vaud. clés se, nat.f XXX, no 115, 1894).

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issue en écartant les fils du cocon avec sa tête et ses pattes. Maestri a reconnu que cette liqueur était alcaline. M. Verson pense qu'une partie pénètre dans l'estomac et facilite ainsi la dissolution des résidus qui s'y trouvent. Cette poche, une fois vidée, deviendra le sac à air chez le papillon.

La poche stomacale de forme ovale n'occupe plus qu'une faible partie de la cavité abdominale ; sa surface est ridée. Son contenu est au début très liquide, puis s'épaissit peu à peu en une matière gluante de couleur rouge orangé. Si on y trouve des parcelles de feuilles non digérées, et surtout des ferments, c'est, comme nous le verrons, l'indice d'une maladie chez le ver.

LHnteslin se divise en deux parties : la partie antérieure, tube assez long qui part de l'estomac et reçoit non loin de là les tubes de Malpighi, dont les nombreuses ramifications sont repliées dans la cavité abdominale. Ce tube vient aboutir à la deuxième partie, poche assez volumineuse appelée poche esecale. C'est dans cette poche que vient s'accumuler un liquide excrémentiel de couleur rouge brunâtre sécrété par les tubes de Malpighi, par les parois de la poche cœcale et peut-être aussi par l'estomac. Ce liquide, que le papillon évacuera dès sa sortie, est très riche en u rates.

Les trachées de la partie inférieure sont atrophiées; les autres, encore actives, sont en voie de développement ; elles sont entourées de cellules à noyaux qui formeront de nouvelles trachées plus grandes que les premières.

Le vaisseau dorsal occupe toujours toute la longueur du corps ; ses pulsations sont devenues beaucoup plus mres et irrégulières ; elles paraissent partir de la région du vaisseau située dans le troisième anneau abdominal et se propager de là en avant et en arrière.

Les ganglions nerveux forment une chaîne qui a subi le même raccourcissement que le corps ; les deux ganglions de la tète se sont rapprochés. La partie thoracique

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comprend toujours trois ganglions ; mais les deux poste rieurs se sont réunis. La partie abdominale, qui comprenait huit ganglions, n'en contient plus que quatre ; les premier, quatrième et sixième se sont atrophiés et les septième et huitième se sont réunis en un seul.

Les organes génitatix se sont considérablement développés; on peut, le plus souvent, distinguer les sujets mâles des femelles par le volume de Fabdomen.

Chez les sujets mâles, les capsules génitales sont situées de chaque côté et en dessous du vaisseau dorsal. Les ligaments longs de Hérold se sont transformés en un long tube flexueux ; ces deux tubes sont les conduits déférents ; ils partent des capsules génitales et aboutissent dans Torgane de Hérold ; celui-ci donne naissance à un conduit unique appelé éjaculateur. Au point de bifurcation du canal éjaculateur et des conduits déférents, l'organe de Hérold a formé deux petits réservoir allongés appelés vésicules séminales, qui se prolongent à l'arrière par deux tubulures appelées glandes accessoires.

Chez les sujets femelles, les capsules génitales sont situées l'une contre l'autre sur la ligne médiane du corps, à la hauteur du quatrième anneau abdominale ; elles ont laissé échapper leur tube ovarique, dont l'extrémité est renflée; ces tubes suivent le parcours des ligaments longs pour aboutir à l'organe de Hérold; celui-ci a produit un gros tube bifurqué, oviducte, dont les deux branches sont appelées trompes; l'oviducte comprend aussi des glandes accessoires. Les tubes ovariques, après leur partie terminale renflée, sont rectilignes et contiennent un amas de cellules qui deviendront des œufs; plus bas, on trouve des œufs mieux formés ; les tubes ovariques forment alors de nombreux replis qui distendent toute la partie abdominale à mesure que les œufs grossissent.

Si la température est convenable, à mesure que la chrysalide avance en âge, tous les organes dont nous venons de parler se raffermissent ; les nouvelles trachées ont

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