‹ Serment d'Hippocrate, précédé d'une notice sur les sermens en médecineChapitre 3 sur 3 · SERMENT D’HIPPOCRATE · texte numérisé non relu

SERMENT D’HIPPOCRATE

Apollinem medicum,et AEsculapitim, Hygeamque ac Panaceam juro, Deosque Deasque omnes testes voco , me hoc jusjurandum et liane syngrapham (i) pré viribus et judicio meo intégré servaturum.

Je jure an nom d’Apollon, le médecin, d’Esculape , d’Hygiée et de Panacée, et je prends à témoin tous les Dieux et Déesses , que je tiendrai scrupuleusement à mon serment et à ce syngraphe.

Præceptorem quidem , qui me hanc artern edocuit, parentum loco liabiturum , eique alimenta impertiturum;etad usurn necessaria subministraturum 5 ejusque posîeros pro germanis fratribus reputaturum. Eosdern insuper, si hanc artem addiscere volent, absque iner-

(1) Cette expression , tirée du grec pour exprimer un engagement par écrit, a été adoptée par Calvus , Foës,Meibomius , soit d’après Cicéron , soit d’après Suétone , qui , même comme ici, l’adjoint au Serment : Pacti non dubitavit a, quibusdam jusjurandum atque etiam syngrapham exigere. Lib. I- J. Cæsar , 11 23. Voye { aussi , pour L’adoption de ce mot

dans la langue française , les Dictionnaires de Trévoux , de. Boiste , etc.

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cede et syngraphâ edocturum. Præceptiomim quoque et acroasium (i) totiusque reliquæ disciplinée, cùm meos , et ejusque me edocuit, liberos participes facturum, item et discipulos qui fuerunt conscripti , et legi niedicæ juraverunt \ aliorum veto neminem.

Je regarderai comme mon père celui qui m’a enseigné la médecine ; je lui procurerai les moyens d existence 9 et ce dont il aura besoin : je regarderai aussi ses enfans comme mes propres freres , et je leur enseignerai cet art, s’ils veulent l’apprendre, sans en exiger aucune recompense ni aucun syngraphe. Je communiquerai les préceptes , les leçons acroaiiques et tout le reste de ia science, tant à mes enfans qu’à ceux de mon précep- * leur, et enfin aux élèves qui se seront inscrits, et qui se seront lies par le serment a la loi de la médecine j

mais je n’en instruirai aucun antre.

Victus quoquè rationem , prô judicio et viribus meis, salutarem præscriptururn ; ab omni verô noxâ et iniu-

na vindicaturum.

(1) Suétone , De illust. gramm. , n° 2 , rapporte que le granimaiiien Cratès Mallotes fit de temps en temps plusieurs leçons acroatïques , plurimas acroases subindè fecit , et assiduè dis seruit. C’étoit des récits ou lectures qui exigeoient beaucoup d attention ) aussi Aristote disoit-il à Alexandre que ces leçons ne pouvoient être entendues que de ses élèves, niam his solis qui nos audiunt , cognobiles erunt. A. Gellii , noct. att. , lib. XX , c, V. Le Dictionnaire universel de Trévoux a fait passer ce mot d’origine grecque dans la langue française , ainsi que celui de Boiste et !e Manuel lexique.

Suivant mes facultés et mes lumières , je prescrirai aux malades un régime convenable, et j en éloignerai tout ce qui pourroit leur être nuisible.

Nemini quamvis roganti medicamentum mortiferum propinabo, neque ejus rei auctor ero. Pariter neque mulieri, quod fétus enecat pessuin subjiciam.

Je ne donnerai de poison à quiconque m’en demanderoit , et je ne le conseillerai à personne. Pareillement je n’administrerai à aucune femme enceinte des remèdes

capables de détruire son enfant.

Castam item et ab omni scelere puram, tùm artem ,

tùm vïtam meam præstabo.

Dans l’exercice de mon art et toujours, je mènerai

une vie pure et sans tache.

Neque vei© calculo laborantes secabo , sed magistris

îi u j u s rei pentis îd cedam.

Je ne taillerai point ceux qui ont la pierre, je laisserai cette opération à ceux qui s’en occupent.

In quascumqne autem ædes ingressus fuero , ad œgrotantium ingrediar salutem, alienus ab ornm injuria Toluntariâ , et corruptelâ, cùm aliâ, tùm prsesertim rei venereæ in corporibus mulierum, aut virorum ,

sive liberorum, sive servorum.

Je n’entrerai dans quelque maison que ce soit, que pour secourir les malades, m’abstenant de tout ce qui pourroit faire du tort ou tendre à la corruption , spécialement de tout acte libidineux auprès des lemrnes ou des hommes, soit libres, soit esclaves.

Quæ etiam inter curandum aut qtioquè mediclnam minime faciens , in communi eorum vitâ, vel videro^ Tel audiero, quæ in vulgus efferri non decet, ea arcana esse ratus , silebo.

Ce que je verrai ou entendrai dans l’exercice de mon art, ou même hors de mon ministère , dans le commerce des hommes, et qui ne devra pas être divulgué , je le regarderai comme quelque chose de secret, et je me tairai.

Hoc igitur jusjurandum si religiosè observera, nec violem, prospero successu tàm in arte quàra vitâ meâ fruar, et gloriam iramortalem ubivîs gentium consequar: quod si idem transgrediar et pejerem , istis contraria mihi obveniant.

Enfin , si je garde religieusement mon serment, sans y porter aucune atteinte, que toutes sortes de prospérités m’accompagnent et dans l’exercice de mon art et pendant toute ma vie, et que ma réputation s’étende à jamais parmi tous les hommes : de même si je le transgresse et que je sois parjure, que le contraire m’arrive.

De rimprim. de Cellot , rue des Grands-Augustins , n° 6.

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