‹ Sermon donné à l'Assomption, le 14 juin 1893 [microforme]Chapitre 1 sur 3 · SUPÉRIEUR DU COLLÈGE · texte numérisé non relu

SUPÉRIEUR DU COLLÈGE

Omnis Pontifex, assumptus ex hominibus, pro hominibus constiluitur in his quæ sunt ad Deum. (Hes. v, 1).

Tout Pontife, choisi parmi les hommes, est conslituëé pour eux dans les choses qui vont à Dieu,

Monseigneur,

Imposant est le spectacle qui se déroule à nos yeux! A la tête de cette assemblée d'élite, nous apparaît le Pontife de Dieu dans toute la majesté de ses sublimes fonctions, dans l’incomparable splendeur dont l'Eglise l’environne aux jours de ses solennités.

Générateur de notre sacerdoce, pasteur de nos âmes, père aimant de notre grande famille, il vient à nous le cœur débordant de tendresse, les mains pleines de bénédictions.

À ses côtés, prend place une multitude de prêtres, gloire, force, appui et consolation de son laborieux apostolat.

Dans les rangs des fidèles, se pressent des centaines de laïques accourus de.partout, sans distinction de classe sociale, sous l'impulsion d'une même pensée, sous l'influence d’un même sentiment. Leur attitude trahit une émotion profonde, une joie réelle et intime.

La pompe des cérémonies, les riches parures des autels, les vêtements précieux des ministres du culte, les sons graves de l'orgue, les voix puissantes qui se répondent sous la voûte du temple et lui jettent avec enthousiasme les chants les plus beaux de la liturgie sacrée, tout indique qu'ici se passe quelque chose d'ineffablement grand.

Mes frères, le respect, la reconnaissance, l'amour envers le vénérable vieillard qui commémore en ce moment le jour à jamais béni de sa première messe et célèbre son demisiècle de sacerdoce, ne sauraient seuls expliquer le déploiement de tant de magnificences. Cinquante années de dévouement à l'Eglise, plus de quarante données aux travaux pénibles du ministère paroissial, vingt-sept de supériorité dans un collège qui, durant ce temps, a vu ses bases se consolider, ses murs s’élargir, son prestige s’accroi're, ne peuvent être la raison dernière de cérémonies russi grandioses.

Une pensée plus haute et plus vaste préside à ces fêtes et les domine. Vous élevant au-dessus des dons de la nature, si nobles qu'ils soient, saluant avec respect, sans cependant

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vous y arrêter, les vertus et les mérites d’un prêtre accompli, d’un confrère dont la vie est pour nous tous un exemple et un soutien, d’un pasteur qui a nourri de la vérité et de la grâce plusieurs générations de fidèles ; vous avez voulu exalter, avant tout, l'éminente dignité dont il est revêtu, vous avez voulu rendre un hommage public et retentissant au corps sacerdotal lui-même, à la sublimité de sa mission, à la fécondité de ses travaux, à son influence forte et bienfaisante dans l’ordre religieux comme dans l’ordre social.

C’est pourquoi, appelé à parler du haut de cette chaire, je veux traiter le sujet qui m'est confié, non au point de vue de la personne, mais bien au point de vue de la mission. Je mettrai donc de côté des éloges propres à blesser l'humilité, sans ne rien faire connaître de nouveau. Je passerai sous silence le récit d’une longue carrière dont Dieu seul possède le secret, parce que seul il en sait et les labeurs et les fruits. Je tairai même les actes de dévouement et de charité tout apostolique que la paroisse L'Assomption enregistrera à l’une des pages les plus belles de son histoire ; et moi, qui cependant ai tant reçu de ce guide éclairé de mon enfance, moi qui lui dois, après Dieu, la grâce de mon baptême, les joies de ma première communion, l’affermissement dans ma sainte vocation, je me contenterai de célébrer les gloires du sacerdoce, sans chanter celle de sa vie sacerdotale.

Par là, je suis, sûr non-seulement d’être d'accord avec l’oracle sacré qui défend de louer un homme quelconque avant sa mort (1), mais aussi de plaire à celui qui aima tou-

(1) Ante mortem, ne laudes hominem quamquam. Eccli. XI, 30.

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jours la vie humble et cachée, et de respecter une intention commune aux vrais serviteurs de Dieu.

“Tout pontife choisi parmi les hommes, est constitué pour eux dans les choses qui vont à Dieu.” Pour comprendre tout ce qu'il y a de profond dans ces paroles de l’apôtre, nous étudierons le prêtre considéré au double point de vue de sa dignité et de ses œuvres, de sa mission et de sa vie.

Dignité du prêtre.

Le sacerdoce n’est pas une carrière ouverte. Le baptême ne confère pas le droit l'en exercer les redoutabi2s fonctions. Même sous la loi ancienne, pour n’offrir à Dieu que l’encens et la chaire des animaux, il fallait une vocation divine. La malédiction du ciel, n’a-t-elle pas, plus d’une fois, frappé les usurpateurs du pouvoir lévitique ? Combien à plus forte raison dans un ministère qui exclue les figures et donne à Jésus-Christ, pontife et médiateur, les instruments de sa puissance et les dépositaires de son autorité, est-il nécessaire d’un appel particulier. Cet appel, ne peut venir ni du peuple, ni du souverain, mais de Dieu seul : ‘“ Personne, dit l’apôtre, ne doit prendre sur soi cet hon-

‘“ neur, si ce n'est celui qui est appelé par Dieu : ” Nec quisquam sumit sibi honorem, sed qui vocatur a Deo (1).

C'est donc à la voix du Maître que le jeune homme, profondément ému, à la pensée d’être un jour son coopérateur, un autre Jui-même, Sacerdos alter Christus, s'est écrié avec le prophète royal : Dominus pars hæreditatis meæ. À d’autres les honneurs, les dignités, les richesses, à d’autres les ambitions du pouvoir, à d'autres les jouissances de la vie présente, les affections de l’époux et les tendresses du père, à moi Dieu seul, à moi les âmes !

Pendant de longues années, le prêtre s’est préparé par la prière, le silence, l'étude, à sa sublime mission. Lentement et par étape, il s’est approché de l’autel. Il a passé successivement par six ordres différents, et dans chacun d’eux l’action du sacerdoce, s’est distribuée avec nombre, poids et mesure, comme s’est distribuée l’action divine dans toutes les œuvres de la création : Omnia in mensura et numero et pondere disposuisti ; (2) elle atteignit sa vertu au jour de l’ordination. Ce jour fut grand entre tous. Plus que les temples, plus que les autels, plus que les vases sacrés, le jeune lévite y reçut l’onction qui sépare du profane et fait d'un être le bien de Dieu, la propriété du sanctuaire. Prosterné, par ordre de l'Eglise, sur les parvis sacrés, 1l s’est relevé béni, sanctifié et consacré. Au contact des instruments du sacrifice, au contact des mains du pontife, le signe de son. incomparable dignité et de ses pouvoirs surhuinains s’est imprimé indélébile dans son âme. Il avait dit à Dieu, dans

(1) Heb. V.4.

(2) Sagesse, XI, 21.

PNR De

l’héroïisme de son abnégation : ‘“ Vous êtes mon Dieu et ‘ mon tout,” Deus meus et omnia, “ vous êtes la part unique ‘* de mon héritage,” Dominus pars hac veritatis meæ ; Dieu lui a répondu, dans la toute puissance de sa libéralité : “ Vous ‘ êtes mon prêtr \ jamais,” Tu es sacerdos in æternum.

Les vœux de sa jeunesse sont donc exaucés, encore tout pénétré de l'huile sainte, le prêtre entre, à la fois craintif et confiant, dans la voie nouvelle ouverte devant lui,voie pleine de grandeurs, il est vrai, mais aussi pleine de difficultés, de sacrifices et de dangers. Ce jeune homme est à peine au seuil de la vie, il n’en connaît ni les rêves ni les désillusions, ni les voluptés, ni les amertumes, ni les faveurs, ni les ruines, et cependant il ne s’appartient déjà plus : il appartient aux fidèles, ses frères, dont il sera désormais le médiateur ; il appartient à l'Eglise, sa mère, à qui il s’est donné tout entier et sans retour ; il appartient à Dieu qui l'envoie vers les âmes comme l'interprète de ses volontés, le chargé de ses pouvoirs, le distributeur officiel de ses grâces et de ses dons. ‘ Le prêtre est pris parmi les hom- ‘ mes et établie pour eux dans les choses qui vont à, “ Dieu (1),” et ailleurs l’apôtre l'appelle le coadjuteur de ‘“ Dieu (2), le dispensateur de ses mystères et de ses grà- “ ces (3), “ C’est en lui que se rencontrent, suivant la belle ‘“ expression d’un orateur contemporain, les choses sacrées “ qui vont de la terre au ciel et du ciel à la terre, comme “ sur les montagnes se rencontrent les vapeurs qui, de la

(1) Heb. V. I.

(2) I Cor. III, 9.

(3) I Cor. IV, 1.

aus 0 té:

“ vallée, s'élèvent vers les régions des nuages et les sour- ‘ ces qui, de la région des nuages, descendent vers la vallée (1).”

Le prêtre est un homme de la terre ; il est choisi d’entre ses frères, malgré ses propres infirmités et ses propres faiblesses, (2), afin qu'il puisse compatir davantage à celles du peuple qu’il représente auprès de Dieu.

Personnifiant, dans son être et dans ses fonctions, la multitude des fidèles, par lui passent tous les actes religieux du chrétien : l'expression de sa foi, de son espérance, de son amour, celle de sa reconnaissance, de ses craintes et de ses désirs ; les messages de son repentir, de ses promesses et de ses prières. Seul à seul avec son Dieu, là encore il est la voix de l'Église universelle, et porte au ciel, en son nom, une parole suppliante en faveur des grands et des petits, des riches et des pauvres, des forts et des faibles, des innocents et des coupables.

On le voit, ange d’expiation, pleurer entre le vestibule et le temple, et offrir, pour désarmer la vengeance divine, non plus les misérables victimes de l’ancienne loi, mais la Victime sainte par excellence, le Dieu-Hostie se donnant immolé dans l'ineffable sacrement de l’Eucharistie.

Homme de Dieu, dispensateur des trésors de la Rédemption et des inscrutables richesses du Christ (3), le prêtre nous apparaît au milieu de la foule, distribuant à tous la vérité qui illumine, la grâce qui vivifie, les bénédictions

(1) Monsabré.

(2) Heb. V. 2.

(3) Éphes. IIT. 8.

sim 10 —

qui sanctifient les joies dn chrétien et consacrent ses douleurs. |

L'homme, Mes Frères, a soif de la vérité surnaturelle. La révélation des mystères de la nature, la connaissance des êtres matériels, celle de leurs lois, de leurs forces et de leurs propriétés, la culture des beaux arts, la science de la législation et du gouvernement, celle autrement élevée de la métaphysique et de la morale, ne suffisent pas aux aspirations de son âme. Créé pour l'infini, il est entrainé vers l'infini avec uue puissance irrésistible. Il lui faut la solution des grands problèmes que soulève son esprit inquiet et agité. Qu'est-ce que Dieu, quelle est sa vie intime, quels sont ses attributs et ses opérations ? Qu'est-ce que l’homme, d'où vient-il, où va-t-il ? Y a-t-il entre lui et l'Etre Suprême des relations nécessaires qui établissent des droits d'un côté et des devoirs de l’autre ? Dieu a-t-il parlé à l’homme, que lui a-t-il dit, à qui a-t-il confié le dépot de cette parole sacrée et le soin de l’interpréter ? Quelle est l'origine de l'Eglise qui se présente au monde avec une mission divine, quels sont ses droits vis-à-vis des individus et des sociétés ?

Qui donc, Mes Frères, répondra à ces solennelles questions que l’âme se pose à ses heures de recueillement ? Qui, sinon le sacerdoce, et le sacerdoce seul, car seul il a pour cela lumière et autorité. Possédant la vérité dans sa plénitude et sa pureté, il la communique au monde sans mélange et sans égoisme. C'est là le secret de sa force ; il courbe sous sa parole sainte les esprits d'élite aussi bien que les intelligences des enfants et des ignorants, donne aux uns et aux autres l’inaltérable certitude dans leurs croyances.

Le prêtre n’est pas simplement un docteur qui éclaire, c’est encore un père qui féconde les âmes, leur infuse la vie de la grâce, l’entretient en elles, l’y fait grandir, la défend, et, au besoin, la ressuscite. Telle est sa mission, son apostolat n’a pas d'autre but, son cœur ne connaît pas d’autres aspirations.

De l’eufant né, ‘ fils de la colère, ” il fait, au baptême, Île fiis de Dieu, l'héritier des promesses éternelles, jette dans son âme, ävec la grâce, les vertus et les dons de l’'Esprit- Saint, une semence de gloire future. Sur l'adolescent, coupable et repentant, il verse les pardons du Christ Rédempteur et lui rend la joie, la paix de la conscience. Il reçoit, au nom de j’Eglise, les promesses et les serments des époux bénit leur union, consacre leur amour. Au moribond, attéré par la pensée du jugement ou brisé par celle de la séparation dernière, il apporte l'onction suprême, relève le courage abattu, et prépare, sans commotion, au sacrifice de la vie. À tous, enfin, et autant de fois qu’on le lui demande, il distribue le pain de vie qui nourrit, et soutient le chrétien au cours de son douloureux pèlerinage.

Saint Ephrem avait donc raison de dire que “ Le sacerdo- “ce est dans l'Eglise comme une volé d’aigles qui quittent “la terre et montent audacieusement vers Dieu. Entre ‘“ leurs serres puissantes, ils enlèvent les choses sacrées de ‘“ l'humanité et les déposent au pied du trône de la Majesté ‘“ divine. De là, ils rapportent sur la terre les choses sacrées “ de Dieu, pour sanctifier les âmes qui voudront s'approcher “ des redoutables mystères dont ils sont les dispensa- ‘‘ teurs. ” (1).

(1; De sacerdotio.

La vie du prêtre.

Le prêtre n’est pas seulement grand par la haute dignité dont il est revêtu, par les fonctions saintes qu'il remplit, il l’est encore par l’ensemble de sa vie.

Pour tracer un tableau complet de la vie du prêtre, il nous faudrait l’étudier au triple point de vue de la sainteté, de la science et du dévoüment. Il y aurait à dire des choses admirables sur la sainteté et la science du sacerdoce, à faire valoir des arguments que la haine, la calomnie, le fanatisme, sous toutes ses formes, ne renverseront jamais. Il ne serait peut-être pas sans utilité, de rappeler, à ce sujet, les grandes leçons de l’histoire et de répondre brièvement aux objections, parfois spécieuses, de nos adversaires. Mais le cadre de notre travail, ne nous permet pas ces développements, si beaux et si opportuns qu'ils puissent être Je me contenterai donc de vous représenter le prêtre se dévouant, se consommant, s’immolant, pour accomplir la tâche que Dieu lui a confiée.

Le monde comprend-il le dévoûment du sacerdoce ? En connaît-il l'étendue ? En sait-il les fatigues et les sacrifices ?

Pour taire ici les sublimes‘abnégations du missionnaire et celles du religieux cloîtré, le prêtre se consacre, suivant l'appel de Dieu, soit au ministère paroissial, soit à l’éducation de la jeunesse chrétienne. Sur l’un et l’autre de ces deux grands théâtres, il nous apparaît portant au front l'auréole du même dévouement apostolique, dépensant sans réserve, pour la gloire de son Maître et le bien de ses frères, ses talents, ses forces, sa vie.

Pasteur aimant des âmes confiées à ses soins, le prêtre ne vit que pour elles. Pour elles sont ses tendresses, ses sollicitudes, ses craintes, ses joies et ses larmes. Pour elles, ces longues heures de méditation et de prières, ces visites fréquentes et amoureuses au Dieu de l’Eucharistie, ces mortifications et ces pénitences dont se moque l’incrédule et que méprise l’homme sensuel. Pour elles, ces études sérieuses, commen: cées pendant son noviciat sacerdotal et poursuivies depuis sans relâche, études des sciences sacrées, études des sciences profanes, études plus difficiles et plus délicates de la science de la vie, c'est-à-dire des caractères, des passions et du cœur insondable de l’homme. Pour elles encore,ces jours entiers passés au confessionnal à écouter le récit de leurs faiblesses, de leurs é reuves, de leurs tentations, à les absoudre de leurs fautes, à les diriger suivant leur état, leur âge et leur condition. Pour elles, enfin, ces œuvres de zèle et de piété, ces associations multiples où l'esprit de foi s’affermit, où l'amour des choses de Dieu grandit à mesure que diminue celui des choses de la terre. Peu importent au bon prêtre, les fatigues, les veilles, les épuisements, les privations de tout genre ; peu lui importent les ingratitudes, les froideurs et les rebuts ; peu lui importent les déceptions et

les lâchetés ; il marche quand même au terme de ses aspirations : éclairer, sanctifier, sauver les âmes.

Ce but sublime, ce rêve d’apôtre, il le poursuit alors méme que la maladie l'étend sans force sur un lit de douleurs, alors même que la vieillesse a courbé ses épaules et jeté sur sa tête une couronne de cheveux blancs. En son cœur l'amour ne s’est pas refroidi, et sous les glaces de l’âge son âme est restée de feu. On l’a même vu défaillir à l’autel, au confessional, sur la route des mourants, et s'affaisser dans l'arène, heureux de mourir en servant les intérêts de son Dieu.

Mais ce n’est pas seulement dans l’ordre surnaturel de la grâce que se dévoue le pasteur d’une paroisse, Bien souvent il en est le fondateur, et toujours on le voit homme de progrès, favoriser et diriger toutes les entreprises religieuses et civiles qui peuvent en assurer le développement et la prospérité. Interrogeons notre histoire, cherchons les origines de nos paroisses aujourd’hui si florissantes, arrachons aux pierres de nos monuments le secret de leur existence, suivons pas à pas la marche de notre civilisation jeune encore, il est vrai, cependant déjà forte et vigoureuse, et nous comprendrons le rôle du sacerdoce au milieu de nous, la grandeur de son dévoûment à nos œuvres nationales.

Le prêtre est aussi l’amiet le protecteur de la jeunesse des écoles et des couvents. Il lui consacre avec joie ses heures de loisirs, l'enveloppe de sa paternelle affection, veille à ce qu'on lui enseigne, en même temps que les éléments de la science, le respect de l'autorité et l'amour du devoir, ne

cesse, enfin, de la protéger contre l'influence néfaste de l'erreur et le danger de la corruption des mœurs.

Consolateur de toutes les souffrances. le pasteur d’une paroisse n'oubliera pas les pauvres, les orphelins, les infirmes, les vieillards. Pour eux, seront ses visites les plus affectueuses, ses aumôues les plus larges. Il ouvrira, au besoin, et soutiendra, avec les épargnes de ses modestes revenus, l’hospice de charité. Là, ces pauvres déshérités trouvent quelques rayons de soleil ; une famille, de toutes la plus aimante et la plus désintéressée, les reçoit dans son sein, les adopte pour ses membres de prédilection, panse leurs plaies, sourit à leurs larmes, leur prodigue des trésors d'affection, rend moins amères leurs souffrances, moins solitaires les dernières années de leur vie.

En retour de tant de bienfaits, d'un si grand dévoûment, de sacrifices de tout genre, que recoit le pasteur d'une paroisse ? Sans doute de la part du plus grand nombre le respect, la reconnaissance et l’arnour qui consolent et fortifient ; mais aussi,souvent, trop souvent, hélas ! l’ingratitude, la calomnie et la persécution. Cependant le prêtre continue d'aimer et de se dépenser. ‘“ On nous maudit, dit l’apôtre, et ‘‘ nous bénissons, on nous persécute et nous supportons, on

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