‹ Sermon donné à l'Assomption, le 14 juin 1893 [microforme]Chapitre 2 sur 3 · LE · texte numérisé non relu

LE

“ nous blasphème et nous prions (1).

Parfois l'épreuve est si grande, la douleur si vive, que l’âme épuisée du prêtre jette au ciel cette plainte amère du même apôtre : “ Au delà de toute mesure, nous avons été ‘“ surchargé de maux et plus que nous n’en pouvions porter, ‘à ce point que la vie nous était à charge. Et notre âme,

1) L Cor, LV, 12, 18.

“ au-dedans de nous-même, ne nous rendait plus que des ré- ‘ ponses de mort.” (1) Néanmoins,même alors le prêtre se tait. Et pourquoi donc ce silence, quand la nature est si rebelle en face du sacrifice et du calice des tribulations ? Pourquoi ? Parce que le prêtre sait que la souffrance lui est nécessaire comme contrepoids à ses honneurs et à sa sublime dignité, comme ressemblance avec Jésus-Christ, le souverain prêtre qui le premier monta au calvaire, comme moyen d’expier pour lui-même et pour ses frères. Au prêtre, ainsi méconnu et persécuté s’il existe parmi nous, nous adressons ces belles paroles d’un pieux écrivain : ‘‘ ô pauvre prêtre ignoré, quien “ quelque coin perdu du champs de l'Eglise, sur une terre et ‘un sol ingrats, passes dans la désolation et Les larmes,une vie “ qu’aperçoit seul le regard de Dieu,toi que torturent la solitu- ‘“ de du sanctuaire et la désertion obstinée des âmes, toi que ‘“ peut-être la calomnie ronge sourdement, la brutalité assail- ‘ le, l’ingratitude enveloppe de toutes parts, toi dont le plus “ poignant martyre est ton apparente inutilité, prends cou- “ rage ; ta souffrance est l’œuvre des œuvres, de chaque “ œoutte de ton cœur, de chaque douleur de ta vie, jaillissent “ des flots de grâce qui vont au loin, sous l’œil de Dieu, por- “ ter aux âmes le rafraichissement, la force et la fécon- “ dité.”

Pour être plus obscur peut-être,non moins grand, ni moins utile est le dévoüment du prêtre voué au ministère de l’enseignement.

On a dit que l’œuvre de l'éducation est tout à la fois

(1) II Cor. I, 8-9.

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