IT. POINT
Raisons des rigueurs de Péglise.
Première raison, tirée de la justice divine.
E même Concile de Trente nous explique excellemment les raisons de cette rigueur, dont la première se tire de la justice divine, en cette manière : ‘ Et certainement, dit ce saint ‘ Concile, il paraît que l’ordre de lajustice de Dieu ‘ exige de lui qu’il reçoive d’une autre manière ‘ en sa grace, ceux qu' auront péché dans leur ‘ jygnorance avant le baptême (avant que d’a- “ voir connu et goûté Dieu), que ceux qui, ‘ après avoir été une fois délivrés de la servi- “ tude du péché et du démon, et avoir recu le “ don du Saint-Esprit, n’ont pas craint de vio- ‘ [er avec connaissance et de propos délibéré le & temple de Dieu, et d’attrister son Saint-Es- “prit.” (S. 14, c. 28.)
Le saint Concile nous propose en abrégé toutes les raisons qui aggravent le crime de ceux qui ont péché depuis le baptème : elles sont tirées de Saint-Paul, qui nous apprend Eph. 4. 30) que ceux qui péchent de cette sorte atrislent le Saint-Esprit, dont ils ont reçu le sceau par le bap-
téme, pour conserver l’espritde grace e{derédemp-
“ion. Qu'est-ce qu’attrister le Saint-Esprit ? si
ce n’est le chasser d’une ame dont il avait pris possession en mettant son sceau dessus, et en disant : Elle est à moi; c’est mon bien : mais celui qui péche après le baptême, viole ce sceau sacré, le rompt en lui-même ; et en disant au Saint-Esprit : Je ne veux plus être à vous, il lui fait un outrage capable d’affliger cet Esprit, s’il n’était d’une nature inaltérable.
C’est ce que le même S. Paul (Heb. 20, 33,) exprime, en disant qu'on fait outrage à l'esprit de la grace. Car par la grace de la rémission des péchés, on avait été fait participant du $S. Esprit, (Heb. 5, 4.) Et par le péché on repousse outrageusement cet esprit de grace et de bonté qui avait effacé nos crimes.
Les pécheurs qui ont violé leur baptême, passent plus avant, selon le même S. Paul, (ibid,) ils crucifient de nouveau, et foulent aux pieds le fils de Dieu : ils profanent le sang de son nouveau Testament, par lequel ils ont été sancti. fiés, et tournent ses souffrances en dérision, comme ont fait les Juifs (1. Cor, 2, 8.) Mais les Juifs ne le connaissaient pas; et s’ils l’avaient connu, jamais ilsn’auraient crucifié le Seigneur de gloire. Et nous qui le connaissons, qui avons reçu Je baptême en son nom, mais qui après en avoir perdu la grace l’avons recouvrée par la pénitence, et qui avons reçu tant de fois son sacré corps ; nous avons violé tous les sacremens, le baptême, la pénitence, l’eucharistie ; et nous avons traité notre Sauveur et notre Dieu, le sachant et le connaissant, avec plus d’indignité que ceux qui ne le conaoissaient pas: quelle augmentation de supplices nous sommes-nous attuée par notie ipgratitude |
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Telles sont donc les raisons qui aggravent le ‘péché de ceux qui ont manqué à la grace, et
l'ont volontairement perdue: voilà ce qui les
rend si redevables à la justice de Dieu(ibid.) D’où le Concile conclut ‘que l’église a toujours cru “qu’il n’y avait point une voie plus sûre ‘ pour détourner le coup de la main de Dieu, “et les maux qui sont prêts à fondre sur nous, ‘ que de subir humbiement, et nous rendre fa- ‘6 milières ces œuvres de pénitence avec une ‘ sincère douleur.”
PRIERES, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS
E me soumets donc, mon Sauveur, à ces œuvres de pénitence que votre église veut qu’on m’imposeen réparation de l’outrage que j’ai fait à votre grace: je souhaite de lessubir avec un cœur percé de douleur. Mon Sauveur, je Le reconnais : 1l n’est pas juste que vous me receviez comme ceux qui vous offensent dans leur ignorance : je confesse la vérité qu’a annoncée le prince des
Apôtres (2. Pet. 2.21:) Z/vaudrait mieux n'avoir
point connu la voie de la justice, que de retourner en arrière après l'avoir connue. Votre prophète a dit aussi à Jérusalem qui vous connaissait : (Ezech. 16. 40 :) Sodome et Samarie, tes sœurs sont justifrées, à comparaison de tes abominations : tu les a surmontées par tes crimes. Faites-moi donc entrer, Ô Seigneur, dans les rigoureuses règles de votre justice, qui multiplie les châtimens à proportion de la connaissance qu’on a de la vérité. Faites-moi entrer dans votre sainte jalousie, qui vous fait punir l’épouse infidèle plus que
celle que vous n’avez Jamais admise à votre lit
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