III POINT
Seconde raison de la rigueur de l'Eglise.
La miséricorde de Dieu.
’IL est digne de la justice de Dieu de rece- S voir autrement ceux qui l’ont offensé après le baptême (ajoutons, après la pénitence et après la communion), que ceux qui n’avaient point encore reçu de pareilles graces: ‘ Il est “ digne de sa clémence, poursuit le même ‘ Concile, (Ezech. 16. 40. etc.) de ne remettre ‘ pas les péchés sans satisfaction, de peur que “les croyant trop légers, nous ne tombions ‘ dans de plus grandes fautes, et ne fassions de ‘ nouveaux outrages au Saint-Esprit, nous a- ‘“ massant un trésor de colère pour le jour de la ‘ vengeance, par notre endurcissement et notre ‘ impénitence.”?
Ce n’est donc pas seulement par un effet de sa.justice, mais c’est encore par un effet de sa miséricorde, que Dieu veut qu’on soit rigou-
er
éché ; Armez ue vos prit de tté, et quelle ur, Je éme le I par vous ; saintes lir,
ne
receaprès ice et aient Il est même iettre r que bions ns de US ade la notre
et de le sa gou-
reux aux pécheurs; parce que, ajoute le même Concile (Ibid.) : ‘“ il n’y a point de dou.
‘“te que ces peines satisfactoires ne nous «“ retirent du péché ; qu’elles ne nous soient “ comme un freinet ne nous rendent à l’avenir “ plus attentifs sur nous-mêmes. Elles remé- “ dient aussi, dit le saint Concile (Ibid. 16 40. “etc.), aux restes des péchés et Ôtent les mau- ‘ vaises habitudes que nous avons contractées ‘ par une mauvaise vie, en nous faisant prati- ‘ quer les vertus contraires’?
PRIERES, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS
SEIGNEUR ! les saintes rigueurs que vous inspirez à votre Eglise contre les pécheurs pénitens, ne sont donc pas seulement un eftet de votre justice, mais encore un exercice de votre miséricorde paternelle. O sage et bon médecin! c'est un régime que vous prescrivez à vos malades pour achever leur guérison, et déraciner tous les principes du mal. C'est une sage et miséricordieuse précaution que vous prenez contre nos faiblesses pour exciter notre vigilance dans les occasions qui nous font tomber. Appliquez-moi donc, Ô Sauveur, par un conseil de miséricorde, les salutaires rigueurs de votre Eglise. Qu'on fasse durer long-temps le souvenir de mon péché :
qu'on le rende horrible à mes yeux, en m'imposant des œuvres vraiment pénales qui mor tifient ma chair, qui la crucifient, qui humilient mon esprit, qui m'impriment la crainte de la rechute, et ne me permettent pas de me relâcher dans l'exercice de la pénitence.
O rigueur, que vous êtes douce! O perues, qui êtes un frein à la licence et aux emportemens, que vous êtes aimables ! O saintes précautions qu'on me fait prendre contre moimême, je vous embrasse de tout mon cœur, et j'adore la miséricorde qui me les impose.