‹ Sermon du P. Bourdaloue sur le jubilé [microforme]Chapitre 14 sur 43 · IV. POINT · texte numérisé non relu

IV. POINT

Troisième raison des rigueurs de l'Eglise.

La conformité avec Jésus-Christ.

‘ H L faut encore considérer, poursuit le Con- . cile, (Sess. 14. c. 8.) qu'en souffrant et ‘satisfaisant pour nos péchés, nous. sommes ‘rendus semblables à Jésus-Christ, qui a sa- ‘tisfait pour nos crimes, (2. Cor. 3.5.) et de ‘“ qui vient toute notre force et tout le. pou- ‘* voir qui nous rend capables du bien: ce qui ‘ nous est un gage certain, qu'ayant part à ses ‘souffrances, nous aurons part à sa gloire.

‘ Mais 1l ne faut pas penser que cette satisfac- ‘tion, que nous faisons à Dieu pour nos pé- ‘“ chés, soit tellement nôtre, qu’elle ne soit ‘ pomt par Jésus-Christ; puisque nous, qui ne ‘“ pouvons rien de nous-mêmes, comme de ‘nous-mêmes, (Phil. 4. 13.) pouvons tout avec ‘la coopération de celui qui nous fortifie.

** Amsi l'homme n'a point de quoi se glonifier ; ‘* (Cor. 1.29.) mais toute notre gloire est en ‘* Jésus-Christ, en qui nous vivons, en qui ‘* nous méritons, en qui nous satisfaisons, fai- ‘* sant de dignes fruits de pénitence, qui tirent ‘° leur force de lui, qui sont offerts par lui-mê- Sa

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E «rois, mon Dieu, la sainte doctrine que votre Eglise catholique a si bien expliquée

pat ces paroles. J'adore la vérité que vous y

} uniquement de vous.

avez imprimée, et je reconnais qu'elle vient Que votre Eglise est sainte ! Que sa foiest pure! Que l'esprit qui la conduit est véritable !

Je crois donc, Ô mon Dieu, avant toutes

| choses, que je suis obligé à m'’unir aux satis-

factions de Jésus-Christ en les imitant selon

: ma faiblesse.

. qu'une indigne et criminelle créature puisse

* satisfaire comme lui.

À Dieu ne plaise que je croie

Il a satisfait comme un Dieu, et je satisfais comme un pécheur. il satisfait pleinement et infiniment ; et moi je satisfais comme je puis, en vous offrant mon néant qui n’a aucune valeur que celle que lui donnent le sang, les souffrances, la satisfaction et le sacrifice infiniment digne de votre fils. Recevez donc de ce fils, qui est votre égal, la juste satisfaction qui vous est due: et recevez d’un vil esclave le peu qu'il peut, le peu qu'il fait, qu'encore il ne fait point de luimême, et qu'il ne peut espérer que vous acceptiez, qu'à cause qu'il est uni à ce que fait votre fils unique mon Sauveur, mon médiateur, mon sacrificateur, et ma victime tout ensemble.

Faites-moi donc, Ô mon Dieu, faites-moi trouver dans la pénitence, non pas de la complaisance, de la flatterie, des peines légères ; mais E3

puisqu'il faut ici me rendre conforme à li passion de Jésus-Christ, faites-moi trouver une croix, des clous qui me percent, une ftagellation qui me déchire, du vinaigre, du fiel, dont l'amertume me dégoûte des percieuses douceurs que j'ai trop goûtées en suivant ma volonté, en flattant mes sens, en me plaisant en moi-même. Mon Sauveur, je tends le dos aux fiagellations, je présente mon visage aux crachats; quon me reprenne avec force, qu'on me confonde :

plongez-moi par la pénitence dans votre passion et dans vos douleurs.

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