‹ Sermon du P. Bourdaloue sur le jubilé [microforme]Chapitre 15 sur 43 · V. POINT · texte numérisé non relu

V. POINT

On en revient aux saintes rigueurs de la justice divine.

: E saint Concile de Trente, après avoir expo- | sé des vérités si solides et si touchantes, conclut en cette manière (Cor. 1. 29.) “Il faut donc “

‘“ que les prêtres du Seigneur, autant que le « ‘* Saint-Esprit et la prudence le suggtreront, c ‘imposent des pénitences salutaires et conve- t ‘* nables, selon la qualité des crimes et le Ï

‘< pouvoir des pénitens ; de peur que s'ils conni- ‘vent aux péchés, et traitent leurs pénitens ‘“ avec trop d'indulgence, en leur imposant, ‘“ pour de très-griefs péchés, des peines et des | “ œuvres très-légères, ils ne participent aux) ‘< péchés d’autrui, et ne s’en rendent complices. | ‘ Qu'ils aient donc devant les yeux la néces- ‘ sité d'imposer une satisfaction qui ne serve ‘“ pas seulement de précaution contre les péchés ‘“ à venir et de remède à la faiblesse, mais en-

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. ‘ passés; puisque les anciens pères croient et

‘“ enseignent, que les clefs qui sont mises entre ‘ les mains des ministres de Jésus-Christ, ne ‘leur sont pas seulement données pour ab- ‘ soudre, mais encore pour lier; et on ne doit ‘ pas penser pour cela, que le Sacrement de ‘ pénitence soit un tribunal de colère ou de ‘ peine :” ce que le Concile ajoute, parcequ'on a vu, selon sa doctrine précédente, que ces peines que l'on subit avec une humble et sincère obéissance, sont au fond un trésor de graces et un gage de la divine miséricorde.

Le Concile de Trente ajoute encore ($S. 14 .c.9): ‘ que Dieu par un témoignage admirable de son ‘ amour, veut que nous puissions le satisfaire ‘ par Jésus-Christ, non-seulement par les ‘ peines que l’on s'impose à soi-même, et par ‘ celles que les prêtres nous ordonnent selon ‘ Ja mesure de nos péchés, mais encore par les ‘ fléaux temporels que sa justice nous envoie :” ce qui est pour les pécheurs pénitens un dernier trait de miséricoree, puisqu'il change les supplices en remèdes.

PRIERES, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS

ALHEUR à moi, mon Dieu, sije cher-

che dans le sacrement de pénitence un flatteur et un complice plutôt qu’un juge ! O mon Dieu, inspirez des paroles fortes à vos ministres, afin de confondre mon orgueil ; inspirezleur une sainte et invincible rigueur, de peur qu’ils ne connivent à mon péché ; donnez-leur le zèle d’Elie, celui de Saint-Jean-Baptiste, ce.

lui de Jésus-Christ même ; qu'ils aient à son exemple le fouet à la main pour chasser tout ce qui profane la maison de Dieu, qui est mon ame et mon corps même (Math. 11. 21. 22).

Mon Sauveur, si Tyr et Sidon avaient su ce que nous savons, elles auraient fait pénitence dans le sac et dans la cendre. Mais aussi avez-vous dit que Tyr et Sidon seront traitées plus doucement que nous au jugement. Et vous n’avez pas seulement prononcé cette sentence contre les villes qui vous ont vu en personne, vous avez dit à vos disciples : Qui vous reçoit, me recoit ; qui vous méprise, me méprise : si l’on ne vous reçoit pas dans une ville, allez dans une autre ; mais je vous le dis en vérité (Math. 10. 15. et 11. 21), : le traitement que recevront Sodome et Gomorrhe, dans le jugement de Dieu, sera plus supportable que celui de cette ville, Qu’y a-t-il là à répondre ? Rien, mon Dieu ; je suis confondu : il faut se taire ; et comme disait Esdras (1. Esd. 9. 16). : Seigneur, vous êtes juste : nous sommes devant vous dans notre péché ; et il n’y a pas moyen de soutenir votre face.

Mais, Ô Seigneur, soyez loué à jamais de la manière dont vous nous aidez à vous satisfaire. O Dieu ! nous n’avons pas le courage de nous imposer à nous-mêmes des austérités ; au contraire, le peu d’abstinences et le peu de jeûnes que votre Eglise nous ordonne, nous est à charge, et nous ne cessons de nous en plaindre ; nous transgressons ses observances, et nous ne marchons point dans ses préceptes. Nos confesseurs nous trouvent si lâches qu’ils craignent de

à son er tout St mon 21. 22).

ce que e dans Z-VOUS doucen’avez contre , VOUS it, me si l’on 1s une th. 10.

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de Ja faire.

Nous con- -ûnes arge, nous mar.

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| nous accabler par les moindres pénitences ; mais | vous, Selgneur, qui avez pitié de notre faiblesse,

: vous nous envoyez des peines plus proportion-

. nées à votre justice.

Vous avez multiplié vos fléaux d’une manière terrible. La guerre vient contre nous avec toutes ses suites funestes : nous n'avons jamais vu tant d’ennemis aussi acharnés à notre perte: vous nous soutenez toutefois de votre bras tout-puissant ; mais cependant le sang coule comme l’eau autour de Jérusalem : nos familles sont désolées ; le nombre de nos

| parens et de nos amis diminue tous les jours ; et

celui des moris qui nous étaient chers s’accroit sans mesure. Nous avons vu la famine : Ô Dieu! avec quelles horreurs nous apparut-elle il y a quelques années. La mortalité est venue à sa suite : nos villes et nos campagnes pleurent la perte de leurs habitans ; la rareté nous en étonne; combien de villages sont ravagés, et en combien de manières la diminution du peuple se fait-elle sentir ? Vous êtes juste, Seigneur ! Les prospérités aveuglent les hommes, et vous leur ouvrez les yeux par vos fléaux et par tant de coups redoublés. Mais que ces peines qui nous font pousser vers le ciel de si grandes plaintes, sont douces en comparaison de celles que vous réservez dans vos trésors ! Vous nous épargnez, Seigneur, et vous ne déployez pas toutes vos vengeances. Car aussi qui les pourrait supporter + Adoucissez encore vos justes rigueurs ; donnez-nous la paix tant désirée que vous seul pouvez nous donner. Mais puisque | la saine doctrine vient de nous apprendre, qu’il n’y a point de plus sûr moyen de détourner vos

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