‹ Sermon prononcéChapitre 4 sur 5 · AT ER · texte numérisé non relu

AT ER

elle-même qui nous y invite : suscitabo tibi pactum sempiternum. Et c’est ce qui explique les transports de sainte allégresse qui remplissent aujourd’hui tous les cœurs, transports qui éclatent au ciel comme sur la terre. Car, n’en doutons pas, M. F., s’il est vrai de dire que cette fête du deuxième centenaire de cette église est avant tout la fête de Notre-Dame des Victoires, c’est aussi la fête de tous ceux de ses enfants qui ont passé par ce sanctuaire et qui sont venus la vénérer et la prier ici, aux pieds de son autel. Or, pendant ces deux cents ane, dites-le moi, combien de milliers de ses dévots serviteurs ont échangé sa protection de la terre pour son amour dans les cieux ! Nous les voyons ! ce sont eux qui, en ce beau jour, par un privilège spécial forment là-haut la garde d'honneur de notre Mère bien-aimée. Ils sont là autour de son trône ! À sa droite, je vois le saint Evêque François de Montmorency Laval qui donna cette terre à Dieu en la consacrant à Marie ; je vois son digne successeur, comme lui embrasé d'amour pour la Sainte Vierge et auquel devait

échoir le privilège de dédier cette église à Notre-Dame des Victoires ; je vois la suite glorieuse de nos Pontifes qui avec le trône épiscopal de Québec se sont transmis le devoir et le bonheur de conserver toujours ardent le feu sacré de la dévotion à Marie ; je vois les Fils de sint François et de saint Ignace, ces premiers prédicateurs parmi nous, de l2 puissance de la Vierge ; je vois leurs généreux matyrs qui venaient ici même avant leur départ pour les missions lointaines lui consacrer leurs travaux ajostoliques et lui offrir leur sang et leur vie ; tout auprès d'eux sont ces nations qu'ils ont converties, baptisées et sauvées ; je vois encore cet essaim de saintes religieuses qui du fond de leur cloître comme d’autres Moïses levaient au moment du danger leurs mains suppliantes vers Notre Dame de la Victoire ! je vois enfin cette phalange non moins glorieuse de prêtres séculiers, l'honneur de notre Séminaire, du chapitre de la Cathédrale, de l’Evêché, de la paroisse qui, depuis sa fondation, desservirent cette église où tant de fois ils

célébrèrent les louanges de la Reine des cieux et où ils convertirent tant de pauvres pécheurs à l'amour de Jésus-Christ

A gauche du trône de Marie, qu’aperçois-je encore ? Des fils bien-aimés de Notre Dame ! C’est l’illustre navigateur qui découvrit ces rivages, escorté de ses intrépides compagnons ; c’est le fondatear de cette ville ; c’est la série des anciens gouverneurs de cette colonie presque tous si pieux ; c’est l'élite des généraux qui défendirent si vaillamment le pays; ce sont leurs valeureux soldats que Marie conduisit si souvent à la. victoire ou qui succombèrent en prononçant son nom béni ; c’est, en un mot, cette innombrable multitude de chiétiens, tous enfants du Canada et qui pendant deux siècles furent sanctifiés et sauvés par Marie, notre Protectrice et notre Mère.

Prêtons maintenant l'oreille à leurs cantiques. Je les entends : ces deux chœurs unissant leurs voix dans un merveilleux accord, adressent à Notre-Dame des. Victoires cette commune prière : Reine des vertnr, tournez vos yeux vers la terre :

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Domina virtutum convertere ; regardez du haüt du ciel et voyez : respire de cœlo et vide ; visitez et bénissez aujourd’hui plus que jamais cette vigne que vous avez plaitée de vos mains : visita vineam istam et perfice eam quam plantavit dextera tua.

Là, dans ce temple qui vous ost consacré, vous attend l’amour de tout un peuple ; et Celai qui nous y appelle au nom de tous, peut renouveler la plus sainte des alliances, c'est cet homme que vous vous êtes choisi vous même: et super filium hominis quem confirmasti tibi; c'est ce Pontife vénérable qui vous a aimée ot qui vous a fait aimer ; c’est ce Prince de l'Eglise qui tant de fois vous a visitée comme le plus humble des pèlerins et que vous n'avez tout d’abord attarthé si étroitement à votre culte que pour l’a peler ensuite à la participation même de votre nom glorieux, puisque sous la pourpre romaine, il porte le titre auguste de Cardinal de Ste-Marie de la Victoire.

Eminence, c'est donc vous qui êtes appelé à être en ce jour le hien béni entre le pascé et le présent,entre le ciel et la terre.

Tout vous y invite. Ce matin même, en parcourant ces rues, si magnifiquement ornées et le long des quelles étaient échelonnées ces multitudes toutes rayonnantes d’allégresse, Vous avez compris que vous emportiez avec vous aux pieds de la Sainte Vierge, tous les cœurs de ceux qui vous acclamaient sur votre passage ; et maintenant que vous êtes dans cette enceinte, regardez quels sont ceux qui vous entourent : hi qui sunt et unde venerunt. Qui sunt ? Ce sont tous des Enfants de Marie et surtout des amis de N. D. des Victoires.

Unde venerunt ? Ils partent des lioux les plus divers et sont les représentants de toute lasociété. Dans ce sanctuaire,d’abord, comme auprès du trône de Marie au ciel, le clargé se groupe avec amour et voilà pourquoi, Éminence, il nous est donné de voir briller ce matin autour de votre personne d’illustres dignitaires ecclésiastiques étrangers et avec eux ces prélats que le $.

Siège a honorés de titres distingués, comme vous les honorez vous même de votre haute confiance : ils apportent les vœux de plusieurs diocèses, les vœux de Votre

Maison et les vœux non moins chers de ce Séminaire et de cette Université qui furent toujours et qui seront à jamais consacrés à Maric. A leurs côtés, pourquoi ne pas saluer avec un bonheur non moins grand ces dignes ouvriers du ministère paroissial de l’enseignement, de la prédication apestolique et, et jusqu’à ces jeunes lévites l'espoir futur du sacerdoce ; car tous, séculiers et réguliers, quelsque soient leurs noms et leur âge, de quelque côté qu'ils viennent, des villes ou de nos religieuses campagnes, ils sont chargés d’être auprès de Marie les interprètes de la vénération de leurs frères ou des peuples qui leur sont confiés. |

Et vous aussi, pieux laïques, vous avez ici votre place toute marquée, puisque cette église fut toujours la vôtre, par votre piété, par votre dévouement et par votre générosité. Je poste que vous occupez en ce moment est un poste glorieux, et il est d'autant mieux rempli qu'aujourd'hui, comme il y a deux cents ans, l'Eglise et l'Etat se donnent affectueusement la main dans la personne de leurs représentants

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les plus illustres. Mais ne l'oubliez pas, ce qui rend votre présence plus précieuse et plus significative en ce jour, c'est que vous portez dans vos cœurs eb sur vos lèvres non seulement vos hommages et ceux de vos familles, mais encore les hommages de toutes les familles de cette ville, d= cette province et de ces pays qui appartiennent à Marie et qui plus que jamais ont foi en sa puissance et en son amour.

En leurs noms et au vôtre vous demandez à renouveler aujourd'hui et pour toujours votre alliance avec N. D. des Victoires.

C’est aussi votre désir, Ô notre tendre mère |!“ Que les cieux s’abaissent donc !

que l’auguste assemblée que nous avons contemplée au ciel s'approche de cette assemblée de la terre: que la fête des élus soit aussi la fête des pèlerins d'ici bas; et après que les mélodieux accords du chœur de cette église auront répondu aux dernières rotes du concert des anges et des saints, n03 aieux, tous ensemble, pros ternés au pied de cet autel, nous ferons à Marie cette prière que lui adressera au nom de tous notre Pasteur véñéré :

4 () Marie, Ô notre mère, en ce glorieux anniversaire de la fondation de cette église qui vous est si chère, voyez devant vous ceux que vous daignez appeler vos enfants.

Vous contemplant avec bonheur sur ce trône deux fois séculaire que vous offrirent leurs pères et qu'ils entourent eux-mêmes aujourd’hui d’une si profonde vénération, ils viennent vous présenter les hommages et les prières de tout un peuple. Au souvenir des bienfaits que vous n’avez cessé de verser sur la Nouvelle France, et en particulier sur ce coin de terre que vous avez choisi pour le lieu de votre demeure et le théâtre de tant de merveilles, ils vous bénissent du fond de l’âme, d’avoir voulu être pour eux la plus puissante des protectrices et la mère de toutes les vicioires : ils vous bénissent surtout d’avoir gardé si fidèlement l’ulliance sacrée que vous leur avez offerte ot que vous avez contractée avec eux des les premiers jours de leur existence. Cette alliance sainte, qui a été le principé dé: QU Hozrhenr: dans Je, passé, . et qui sera {é Kectet dy “bondièué dans idé jours à sen ils. sentent, lo, désir, et le,

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