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cle écoute un oracle; chaque génération obtient un témoignage; chaque Hvre sacré fournit sa part de promesses et cle preuves; les patriarches saluent de loin la journée du Seigneur, et déclarent en mourant qu'ils ont attendu le salut; Moïse annonce un prophète semblable à lui; David déclare que le bienaimé de l'Eternel n'éprouvera point la pourriture du tombeau; Michée promet à Bethléem qu'elle ne sera point la plus petite des cités de Juda, et que de son sein sortira le conducteur d'Israël; Ésaïe le dépeint se laissant conduire comme la brebis muette devant celui qui la tond, et marque son sépulcre avec les riches , quoiqu'il doive être avec les malfaiteurs en sa mort; Daniel compte les dernières semaines de son attente; Aggée affirme qu'en paraissant dans le second temple, il en élèvera la gloire au-dessus de celle du premier. Le jour vient, une crèche sert de berceau à un enfant ; et il se trouve que cette crèche est celle d'une étable de Bethléem! Une croix se dresse, et il se trouve que le condamné y marche comme la brebis muette prédite par Ésaïe! Une tombe se creuse, et il se trouve que le corps qui y descend est seul de tous les cadavres de la race humaine, seul dispensé de la pourriture de la mort selon l'annonce de David; et il suffit de cette crèche, de cette croix, de cette tombe; Dieu ne demande rien de plus pour pardonner à tout un monde de pécheurs; tout est accompli, et le monde est sauvé M. F., que le mystère de la piété
est grand! Oui, c'est un grand mystère, que,
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n'ayant nul besoin de nous régénérer et de nous pardonner, Dieu nous offre régénération et pardon. Oui, c'est un grand mystère, que pour notre salut Dieu n'ait pas même épargné son propre Fils, et qu'il l'ait livré pour nous à la mort, à la mort même de la croix. Oui, c'est un grand mystère, que Dieu ait accepté le triple sacrifice de sa venue sur cette terre de deuil et de péché, de sa vie si pleine de traverses et de sa mort si pleine de douleur, et qu'il ait laissé le Christ boire jusqu'à la lie cette coupe d'amertume, au lieu de la répandre, dans sa colère, sur la terre des vivans où elle se serait brisée contre la pierre de nos tombes. Créateur, j'admire sa grandeur et sa gloire; conservateur, je reconnais sa providence; juge, je prévois son jugement, et ma raison, sur toutes ces vérités, vient facilement à l'appui de ma foi. Sauveur!... à cette idée toute ma raison tremble et fléchit; je ne puis plus que m'humilier, je ne sais plus que croire, et je dis: Seigneur, augmente-^noiis la foi.., le mystère de la piété est grandi
Le mystère ne perd rien de sa grandein', si votre esprit passe de l'idée de Dieu, qui avait promis la rédemption du monde, à celle de Christ, qui l'a accomplie, qui selon l'énergique image de l'apotre, a porté nos péchés en son corps sur le bois , et après être mort pour nos offenses est ressuscité pour notre justification. Pour vous convaincre sous ce nouveau rapport que le mystère de la piété est grand, je n'ai pas besoin de vous conduire vers ces issues
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d'ancienneté dont parle St. Jean, quand il déclare qu'<ZM commencement la Parole était avec Dieu , la Parole qui a été jaite chair, et cjui a habité parmi nous; jusqu'où faudrait-il reculer dans les âges du passé pour contempler ce commencement? Et je n'ai pas besoin non plus de vous transporter à cette fin de toutes choses dont parle St. Paul, quand il affirme qu'un jour le Fils lui-même sera assujetti au Père, afin que Dieu soit tout en tous; jusqu'où faudrait-il pénétrer en idée dans les âges de l'avevenir pour arriver là? Ne jetons pas les yeux dans ces profjîideurs; Jésus lui même a dit: Personne ne connaît le Fils que le Père, et qui sommes-nous, pour prétendre connaître le Fils comme ils est connu de celui qui l'a fait Christ et Roi? Non, je n'ai à vous parler que du Christ semblable cl vous en toutes choses excepté le péché. Vous venez de contempler la rédemption résolue dans les conseils éternels du Souverain, et préparée jour par jour durant les longs siècles de la première alliance; je dois maintenant vous montrer la rédemption exécutée, achevée, accomplie sur cette terre où nous sommes, et vous conviendrez tous que la rédemption est aussi étonnante, vue sous son coté terrestre qu'étudiée sous son aspect divin... Disciples de Christ, qui lui diriez comme le Psalmiste à son Dieu: Quel autre avons-nous au Ciel que toi? disciples de Christ, persuadés qu'en son nom seul vous pouvez être sauvés; disciples de Christ, savez-vous ce que c'est que la rédemption? M. F... c'est une nais-
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sance humaine, une vie humaine, une mort humaine, une sépulture humaine, une résurrection humaine.... O prodige admirable par sa simplicité même! il y a là toute notre rédemption, et il est impossible d'ajouter un seul fait à ces faits, un seul souvenir à ces souvenirs, un sacrifice à ces sacrifices, un triomphe à ces triomphes; mais aussi n'en retranchez rien, car il ne resterait rien; pour peu que vous diminuiez de ces naïves merveilles, elles s'évanouissent; la rédemption est réduite à néant, et le Christ est le Fils de Dieu, il n'est plus le Sauveur. Reconnaissez donc que la simplicité des moyens n'enlève rien à la grandeur des résultats; à l'époque fixée par tant d'oracles, après des siècles d'attente, le Christ, le Sauveur nous est né; il y a eu un homme de plus parmi les hommes, un Israélite de plus parmi les Israélites, un descendant de plus dans la postérité d'Abraham, un rejeton de plus sur la racine d'Isaï, et le monde a été sauvé! A l'époque fixée, le Christ, le Sauveur nous est né, et il n'a jamais démenti ce qu'il y a eu d'humain dans sa naissance; car il a été semblable à nous; et il n'a jamais démenti ce qu'il y a eu de céleste dans sa naissance; car // a été semblable à nous en toutes choses excepté le péché ; et il a coulé des jours pareils à nos jours, mais il les a autrement remplis; et il a visité des maisons pareilles à nos demeures, mais c'était en allant de lieu en lieu faisant du bien; et il a versé des pleurs pareils à nos larmes, mais non pas sur lui-même; et il est mort d'un trépas
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humain, en restant libre d'y échapper; il est descendu dans un sépulcre humain, en restant maître d'en sortir; et de cette tombe, humaine au point que Joseph d'Aritmathée l'avait préparée pour luimême, de cette tombe, il est sorti comme nous sortirons des nôtres, et le monde a été sauvé, et quiconque croira en lui s>ivra^ et Dieu s'est ainsi réconcilié le monde; une seule vie, exempte de tout péché, a obtenu grâce pour toutes nos vies, qui n'en sont jamais exemptes; celui qui n'a bronché en rien assure le pardon de nous tous qui bronchons en plusieurs choses; sa justice seule couvre toutes nos injustices, sa gloire seule répare toutes nos turpitudes; sa sainteté seule balance toutes nos imperfections. Nous sommes tous des serviteurs inutiles qui n'achevons jamais nos oeuvres; seul, il a achevé la sienne; nous sommes tous pécheurs; seul, il n'a point péché; c'est assez, et le monde est sauvé, et en sa faveur Dieu nous fait grâce. O M. F. , que le mystère de la piété est grandi A cette extrême simplicité des moyens, à cette irréprochable perfection des vertus que vous remarquez dans l'oeuvre de la rédemption, ajoutez la force des épreuves, l'amertume des souffrances, cette tentation du désert, dans la quelle il est impossible de ne pas voir, de quelque manière qu'on l'explique, toutes les tentations du monde réunies dans une seule séduction pour vaincre celui qui s'est montré invincible; ajoutez trois années d'inutiles efforts au milieu d'un peuple à qui il fallait dire : Vous ne vou-
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lez pas venir à moi pour avoir la vie; et de villes en villes, auxquelles il fallait dire, en sortant de leurs murs, malheur a vous, car Soclome et Gomorrhe se seraient repenties^ et vous ne vous repentez pas; ajoutez la nuit de Gethsémané, nuit de douleurs telles qu'un ange est venu les adoucir; et la journée du Calvaire, journée d'angoisses et d'horreur, dont les heures sont horribles à compter jusqu'à ce mot: tout est accompli; et c'est du haut de cette croix que le salut est descendu sur les vivans et les morts. . . M. F. , le mjstère de la piété est grandi
Il me reste, M. F., à vous parler de vous-mêmes; il me reste à vous montrer que le mystère de la piété est grand, que le don du salut est étonnant et inconcevable, quand vous ramenez vos pensées de Dieu qui l'a accordé et de Christ qui Ta accompli, à vous-mêmes qui l'avez reçu. INe suffit-il pas du moindre examen de son coeur, de sa conscience, de sa vie; ne suffit-il pas d'échapper un moment aux illusions de l'amour-propre, et quel amourpropre peut nous suivre devant Dieu! ne suffit-il pas de ce voir un moment tel que l'on est, pour s'étonner de son salut, et se demander avec une irrésistible surprise: Se peut-il que je sois sauvé? M. F. ce qui fait que souvent la rédemption excite moins notre étonnement, ce qui diminue à nos yeux la grandeur du mystère, c'est que nous le considérons comme un bienfait universel, dont nous ne prenons que notre part; il nous semble moindre en
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notre faveur, parce qu'il appartient également aux autres, et quand nous nous rappelons que le Christ est mort pour tous, nous sommes par moment moins frappés de sa mort, moins émus de sa charité. Mais que chacun de vous ramène sur soi la rédemption entière; que chacun de vous ne pense un moment qu'a lui seul, et se dise: le Christ est mort pour moi; ce sang qui efface tous les péchés efface les miens, efface ceux de ma jeunesse, ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui; le Christ est mort pour moi, au point que quand tous les hommes se perdraient,
je pourrais être sauvé O M. F. alors, que le
mystère de la piété est grand; que la miséricorde de Dieu semble immense; que la charité de Christ semble adorable, et comme on se sent anéanti sous le poids de cette grâce! Et vous demanderai-je quels étaient vos droits d'être sauvés, Vous demanderaije à quel titre vous pouviez dire à votre Dieu d'aimer assez votre monde pour donner son Fils unique à ce monde? Vous demanderai-je comment vous auriez fait descendre le Christ des cieux, si Dieu ne vous l'avait envoyé ? Vous savez assez que vous êtres rachetés par un effet de sa pure grâce; que la Rédemption est un don gratuit; que Dieu ne vous doit rien, et surtout pas le salut; que Dieu n'était pas plus obligé de vous donner son Fils que de vous donner aujourd'hui votre pain quotidien; que Dieu enfin, auteur de la liberté dont Tlijomme s'est mal servi, pouvant bien s'en servir: est en plein droit de vous dire de vous sauver , et de vous sanc-
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tifier, et de mourir en paix, et de ressusciter en gloire, seuls et par vous-mêmes et sans lui. A cette dernière idée, vous demanderai-je aussi ce que vous seriez devenus sans l'Évangile, sans la rédemption, sans la venue de Jésus-Christj ce que vous seriez devenus en cette vie et ce que vous deviendriez dans la vie éternelle? Il est impossible de se représenter où en serait ce monde, s'il n'était pas chrétien; l'imagination ne va pas jusque là. Et l'immortalité, M. F., que serait-elle pour les hommes, si le Christ ne l'avait assurée, s'il n'y avait ^as plusieurs demeures dans la maison de son père et s'il n'avait ^\.é nous préparer le lieu? .. . Mais cessons de raisonner par conjecture, et laissez-moi vous interroger de plus près; laissez-moi rapprocher de vous la rédemption et vous en faire ainsi mieux apprécier les grâces, mieux connaître les merveilles, mieux entrevoir les magnificences. Yous êtes sauvés! C'est là votre espoir, votre attente, votre ressource. Mais en quoi consistera ce salut? Quelle espèce de joie vous donnera-t-il ? quelle sorte de consolation ou de dédommagement y trouverez-vous ? quel changement aura lieu dans votre condition? en un mot, disciples du Christ, que serez-vous à sa droite, en comparaison de ce que vous êtes maintenant?... Pécheurs, vous serez pardonnes, c'est-à-dire, vous n'éprouverez plus cet éloignement de Dieu, cet effroi de Dieu, que le péché laisse après lui, vous ne redouterez plus ni la présence ni la justice de Dieu; vous sentirez que votre coeur est pur, et vous vous
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(lirez sans crainte que le Seigneur n'est pas loin de chacun de vous. Et vous serez sanctifiés ; vous n'éprouverez plus ces combats intérieurs de la chair et du sang, ces convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme ; vous jetterez en paix vos regards autour de vous sans rien voir de souillé; aucune mauvaise pensée, aucune importune distraction, aucune honteuse turpitude ne vous entraînera; tout sera pur en vous, autour de vous et pour vous, et, pour comble, vous ne craindrez plus de pécher. Comparez cette tranquillité d'âme au besoin qui nous presse tous ici-bas d'une vigilance perpétuelle.... O M. F., que le mystère de la piété est grand!... Dans votre état actuel, votre foi se heurte de tous côtés contre des doutes pénibles; souvent vous cherchez Dieu sans l'atteindre et le voir d'assez près; vous voudriez contempler face à face, et vous ne pouvez; vous regardez dans les voies de la Providence, et vous ne les sondez pas; vous regardez dans les ténèbres de la tombe, et vous n'y voyez rien; vous regardez dans les profondeurs de l'éternité, et vous y voyez moins encore. Eh bien! quand ce salut que vous espérez vous sera confirmé, une lumière sainte et pure inondera votre entendement, la Providence vous, sera dévoilée, et toute sa sagesse, sa justice, sa bonté passera devant votre face; la tombe, qui est si ténébreuse aujourd'hui, vous expliquera tous ses secrets; elle vous montrera les détours de ce passage du monde au ciel, et connaissant comme vous
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êtes connus, le voile qui vous cache l'éternité sera levé, vous compterez ses âges, vous mesurerez ses profondeurs, vous y marcherez par la vue.... M. F., que le mystère de la piété est grand! Enfin la dernière heure de toutes vos peines aura sonné; infortunés, vous n'aurez plus rien à pleurer; malades, vous n'aurez plus rien à souffrir; pauvres, vous n'aurez plus rien à recevoir; tous, vous aurez eu vos maux en cette vie, et tous, vous serez consolés; mortels, vous n'aurez plus à mourir; l'aiguillon du trépas ne nous frappera qu'une fois; cette fosse obscure et froide ne nous recevra qu'une fois; le réveil du long sommeil sera un réveil éternel; et, pour dernier trait, il n'y aura plus de deuil ni à craindre, ni à porter, puisqu'il n'y aura plus de sépulcres; les amis seront rendus aux amis; et nos fragiles affections de cette vie seront renouvelées et garanties dans la communion des saints. Disciples de Christ, voilà, voilà le salut en Christ!... Que ce mystère de la piété est grand! Quelle merveille que le péché ne nous perde point, que le trépas ne nous sépare pomt à jamais! Quelle merveille que nous puissions aspirer à un tel salut ! Quelle merveille que le Christ ait pu demander et obtenir pour de misérables pécheurs comme nous que là ou il est nous f soyons aussi at^ec lui! M. F., que notre foi soit aussi grande, s'il se peut, que le mystère de la piété est grand! La grâce est assez puissante pour nous faire arriver là. Que notre raison s'humilie, que notre espérance s'affermisse, que notre