DU COMBAT
ville considérable avait un cirque à ses portes ou dans ses murs. La Judée même suivit le commun exemple. Ces jeux, introduits en Judée par un roi de Syrie qui s'en était rendu maître, et qui se servit d'un grand-prêtre, sa créature, pour les établir, abolis ensuite par les Macchabées, ces jeux y furent renouvelés par Hérode avec sa magnificence accoutumée.
Des coutumes de ce genre laissent une empreinte profonde dans les langues, les moeurs, les poésies, les religions des peuples, et vous ne vous étonnerez pas que je sois entré dans tous ces détails, étrangers en apparence à cette chaire, si je vous montre que les épîtres de St. Paul sont remplies d'allusions à ces fêtes fameuses. Il en a tiré quelquesvms de ses plus beaux traits de génie, que Ton ne peut comprendre, si l'on ne sait rien des jeux du cirque et des lois de ces luttes, et j'ai besoin de vous en citer quelques exemples, pour mieux appuyer ensuite sur la grande et sainte leçon que le texte nous donne et dont nous aurons chacun à prendre notre part. Attentif observateur du monde au milieu duquel il plantait la croix , St. Paul aurait renié son propre génie, s'il n'avait pas souvent employé cette manière de frapper l'imagination des peuples. Aussi, dans une foule de passages, il compare le monde à une lice, à une arène; la vie à une lutte, à une course, à un combat; et la récompense promise au chrétien, à cette couronne qui attendait le vainqueur au bout de la carrière.
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Vous couriez bien , dit-il aux Galates , ^ui donc ^'ous a arrêtés? Combats, dit-il àTimothée, le bon combat de la foi. Ne sai>ez-vous pas, dit-il aux Corinthiens, que quand on court dans la lice, tous courent, mais tous ne remportent pas le prix; courez donc tellement cjue vous le remportiez. Il compare la tempérance prescrite aux concurrens, aux devoirs prescrits aux chrétiens: Quiconque lutte , dit-il, vit en s' abstenant de tout, et ils le font pour avoir une couronne corruptible, mais nous pour en avoir une incorruptible] Il compare la multitude, qui des gradins de l'amphithéâtre regardait les jeux, à cette foule des saints qui nous comtemplent et qui nous attendent, quand il dit: Nous donc, environnés d'un tel nombre de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe aisément, comme les athlètes se débarrassaient de tout ce qui aurait pu gêner leur d^^AxX.^ ^ poursuivons constamment la course qui nous est ordonnée, regardant à Jésus, le chef et le consommateur de la foi, comme les coureurs dans l'arène tenaient leurs regards attachés sur les juges assis au bout de la lice; il représente sous les mêmes images sa propre fidélité, quand il dit à son église chérie de Philippes : Je ne me persuade point d'avoir atteint le but; mais oubliant les choses qui sont derrière moi, et ni avançant vers celles qui sont devant moi, je cours vers le but, vers le prix de la vocation céleste; et quand il est près du martyre, c'est bien avec le noble calme d'un vainqueur quii se repose, que, dans cette même épître d'où le