LES LOIS
et pure, se voyait honteusement exclu; les lois les plus sévères, ainsi que la plus stricte tempérance , étaient prescrites aux riveaux, qui juraient tous devant l'autel de les observer, et la moindre infraction de ces règles privait de tout droit à la couronne. Cette rigueur de principes dans ces institutions si condamnables sous tant d'autres rapports, est un trait curieux des moeurs de l'antiquité; et s'il est vrai qu'on puisse juger des opinions d'un peuple par ses fêtes, il y avait loin encore de cette civilisation à celle que le christianisme introduit à sa suite; néanmoins, il y avait là peut-être ce que l'homme, avant l'Évangile, pouvait inventer de meilleur pour occuper son énergie. Mais Rome la maîtresse du * monde, Rome, après avoir conquis la Grèce, imita le peuple qu'elle avait vaincu. Rome, à son tour, eut ses amphithéâtres et ses cirques ; seulement elle les ensanglanta; son génie, accoutumé au meurtre par tant de siècles de guerres et de victoires, mit le meurtre au nombre de ses plaisirs. Les gladiateurs remplacèrent les athlètes; Rome n'eut pas seulement dans ses arènes des courses de chars, des luttes et des jeux; elle imagina des fêtes plus conformes à son goût, elle se lit un amusement de voir ses captifs s'entre-tuer sous ses yeux, combattreles bêtes féroces, ou même attendre, pâles, nus et sans armes, que ces bêtes rendues furieuses fussent lancées contre eux. Cependant l'exemple des Romains rendit universelle l'imitation des jeux du cirque, et déjà sous leurs premiers empereurs chaque