F.ES LOIS
Voilà, M. F., le point de vue général du sujet, et le peu que je viens de vous dire, vous montre qu'il nous concerne tous. Car nous sommes tous de ceux qui descendent dans l'arène pour combattre j nous sommes de ceux qui veulent faire quelque chose pour le salut de leur âme. Il y a sans doute des hommes pour qui le monde est tout , pour qui le tombeau, le temple et le ciel ne sont rien, et qui ne gémiraient point si toutes nos maisons de prière s'écroulaient en un jour; que leur importent des parvis inutiles où ils ne viennent jamais? des hommes enfin qui vivent comme s'ils ne devaient pas mourir, et ne pensent pas à leur âme, ne pensent pas à leur éternité, ne pensent pas à Dieu. Ces hommes-là, le texte ne les regarde point. Il ne servirait de rien de leur crier sans relâche: Si quelqu'un ne combat point selon les lois ^ il ne sera pas couronné. Ces hommes-là ne combattent point, ou, pour mieux dire, leurs combats sont contre l'ennui qui les consume, le dégoût qui les accable, là satiété qui pèse sur eux comme un poids étouffant, et tôt ou tard contre de stériles remords qui semblent des repentirs et qui n'en sont pas. Mais vous, vous n'êtes point de ces hommes, et votre seule présence dans ce temple le prouve et l'atteste, vous faites ici un acte rehgieux; il y a donc, pour le moins, quelque religion dans vos coeurs; ainsi, le texte s'adresse à vous; c'est déjà combattre dans la lice, que d'être ici rassemblés devant Dieu. Il ne reste donc qu'à examiner si nous com-
Dir COMBAT. aot
battons selon les lois; qui manque à les observer, perd ses droits à la couronne et a combattu en vain. Maintenant que le point de vue général est saisi, et que l'application générale est faite, maintenant que je puis vous défier tous l'un après l'autre de me dire que ce texte ne vous regarde pas; car alors, il faut que celui-là me dise aussi qu'il est un méchant et ne veut pas combattre le bon combat, ou qu'il est un saint et ne combat plus; maintenant, descendons aux détails, et jugeons d'après le texte notre vie religieuse. Le premier trait qui se présente est la piété. Dieu nous demande la piété, c'est-à-dire, l'habitude des pensées et des exercices de la religion. Dieu nous demande de consacrer à son servfce quelques momens par jour, quelques heures par semaine, quelques jours par année, de les mettre à part dans notre vie, de détacher alors notre âme de la poudre de cette terre, et de lui dire de ces momens: Seigneur, ils sont à toi! Dieu nous demande de ne pas traiter le livre de la révélation comme ces inutiles volumes qu'on se procure pour la vanité de les avoir, et que l'on consulte de loin en loin. Dieu nous demande de respecter toute la religion, parce qu'il n'y a rien en elle qui ne soit respectable; de veiller sur les souvenirs de notre mémoire, et les plaisanteries de notre légèreté, et les paroles de nos lèvres; de ne pas jeter au hasard son nom auguste au milieu de nos entretiens frivoles, et de nous arrêter soudain avant que l'effervescence de la conversation ne nous entraîne et ne