‹ Sermons (volume 2)Chapitre 28 sur 60 · of> LES LOIS · texte numérisé non relu

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gion semblable à ces édifices inachevés qui semblent solides et où il manque le ciment qui doit unir les pierres. Et souvent de nos jours la foi est téméraire, soulève et tranche les questions les plus graves, sépare hardiment dans l'Évangile ce qui importe et ce qui n'importe pas, et sans mettre complètement la raison au-dessus de la foi, nie tout ce qui est mystère, prophétie ou miracle, et se présente à Dieu deux listes à la main, l'une des docH trines qu'elle adopte, l'autre des doctrines qu'elle] désavoue, ou, ce qui est plus facile, qu'elle met d( côté comme inutiles. Et de nos jours aivssi, comme pour expier un intervalle d'indifférence, la foi, çà et là, est redevenue intolérante et exclusive; oi l'a entendue donner des ordres, tracer des limites,"' prescrire des doctrines, et le moment est venu qu'ij a fallu presque se demander si une petite infaillibi*^ lité à part n'allait pas se glisser dans le protestantisme. Enfin, M. F., la foi de nos jours, et c'est ici sort caractère le plus général, la foi de nos jours est légère, elle a plus de surface que de profondeur; en ne niant rien, elle pense faire autant que si elle croyait tout, et le mot favori de notre temps est celui-ci: je crois assez! Voilà, voilà la commode, la facile, la rassurante confession de foi qu'on affectionne aujourd'hui. A ce mot comparez la confession de foi de l'Église primitive; Je crois, disaient alors les fidèles, je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Quelle parole sérieuse, vaste et profonde, quand vous la rapprochez de cette frivole approba-

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tion qu'on aime à se donner: je crois assez! OM. F., convenez que quiconque nourrit dans son âme pour toute foi l'une de ces convictions mondaines, ne peut compter parmi les inflexibles incrédules, mais compte à peine parmi les vrais croyans, et que le plus qu'on puisse en dire est qu'il parcourt la lice sainte , qu'il aspire à la sainte couronne , qu'il combat le bon combat, mais qu'il ne combat point selon les lois.

D'une imparfaite piété et d'une foi imparfaite, ne peut naitre qu'une imparfaite vertu, et le salutaire avertissement que nous donne ici St. Paul acquiert une force nouvelle et une nouvelle utilité, si vous l'appliquez pour dernier trait à la conduite de la vie, à la sainteté, à la vertu. Ici encore, il est fatal de combattre non selon les lois, de se prescrire des règles qui ne sont pas d'institution divine, de s'imposer des commendemens qui ne viennent pas du ciel, et qui n'y conduiront pas. Dieu a parlé sur le Sinaï; là tout est clair, de manière que le plus simple comprend ces paroles de Dieu. Christ a parlé sur la montagne; là tout est complet, au point que la vie humaine n'a pas de circonstance qui n'y trouve son précepte. Et quelquefois, avec une adresse déplorable, il nous arrive en secret de nous faire à nous-mêmes dix commandemens d'un autre Sinaï, de nous adresser à nous-mêmes comme un autre sermon de la montagne, de nous arranger une vertu qui nous plaise, une intégrité qui nous convienne, de capituler avec notre conscien-

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ce, et de proposer au ciel des accommodemens. Et dans ces avertissemens, je n'entends point vous parler de ceux qui commettent aujourd'hui une transgression en se promettant de pratiquer demain une vertu; ni de ceux qui pensent pouvoir pécher sans scrupule à telle heure, parce qu'ils n'ont pas péché depuis un temps compté; ni de ceux qui estiment pouvoir cultiver telle passion en leur âme, parce qu'ils combattent telle autre; ni de ceux enfin qui pèsent dans une même balance le bien et le mal de leur vie, et se permettent un défaut pour se dédommager de chaque vertu , un excès pour se consoler de chaque privation. Ces pièges sont si grossiers, que Satan y renonce, ou du moins les porte ailleurs. Non, non, il faut de plus ingénieux artifices pour nous surprendre; hélas! ils ne manquent pas. Voyez ces hommes qui s'attachent à n'avoir d'intégrité que précisément ce qui est indispensable; dont la probité ne va que jusqu'à la justice, et n'atteint point l'équité; et qui, honnêtes de force plus que de gré, véridiques quant à la forme, incapables d'un mensonge, savent mentir en disant la vérité. Il se peut, je l'avoue, que ce soit là un moyen de faire sa fortune, et triomphant aux yeux des hommes, couronnés par leurs mains trompées, justes devant eux, mais iniques devant le Seigneur, la confusion attendra devant lui ces prétendus justes, à qui il devra dire: je ne vous connais point! Et que sera-ce si vous mesurez d'après ces principes des devoirs d'un ordre encore

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