‹ Sermons (volume 2)Chapitre 58 sur 60 · EN ISRAËL · texte numérisé non relu

EN ISRAËL

voit là que l'antique poésie de la religion, et qui perd toute sa force et sa beauté dès que l'ignorance ou le fanatisme la prend à la lettre. L'Éternel s'est repenti de ce mal, et il a dit à l'ange: Retire ta main, c'est assez! Et qui nous a délivrés, si ce n'est l'Éternel; quelle puissance est intervenue, si ce n'est sa puissance? La science se consumait en généreux efforts, croyait un moment surprendre le secret de la mort, se confiait un moment en ses études, et disait le lendemain: Ce n'est point assez! La charité inventait et apportait secours sur secours et disait bientôt en gémissant: ce n'est point assez! La richesse s'environnait de précautions et de soins, et les voyant stériles, disait avec effroi: ce n'est point assez! La crainte conseillait la fuite, la fuite au-delà de Dan et de Beersébah , et disait en ce nouvel asile: ce n^est point assez loin. Le génie, vous le savez tous, et la patrie en larmes ne le sait que trop, et notre culte parmi tant de deuils a célébré peut-être le plus à déplorer de tous, le génie disait en vain: encore un peu de travail, un peu de répit, un peu de progrès, ce n'est point assez! O néant des choses humaines en présence de la mort! Impuissance de l'homme sur la pente du tombeau!... Vanité de la civilisation la plus élégante quand il s'agit de mourir!... Et alors Dieu a parlé, Dieu a parlé de cette voix qui se fait entendre jusque dans les profondeurs et les ténèbres du sépulcre, Dieu a dit: C'est assez, et conformément à cette parole, M. F., nous

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voici vivans et debout devant notre Père céleste, debout et pleins de vie pour notre propre bien et pour le bien de nos familles et de nos frères, pour servir selon nos forces la vérité et la liberté, la religion et la patrie!... La patrie... ai-je dit!... Ah! puisse notre nation tout entière, à mesure que ses provinces et ses villes seront délivrées du fléau, le reconnaître avec vous: Dieu seul peut dire à l'ange de la mort: Cest assez, retire ta main; et Dieu seul le dira Hélas! cette foi sera-t-elle universelle; cette reconnaissance sera-t-elle unanime? Non, la vérité n'a pas encore établi son règne sur l'esprit de tout notre peuple; ici, l'indifférence entretient l'oubli de Dieu, là, l'incrédulité cultive ses ingénieuses erreurs; plus loin, le fanatisme et la superstition épaississent de concert leurs ténèbres; ailleurs, la mondanité se plonge dans ses vanités où Dieu n'est pas. Mais nous nous garderons de juger nos frères, parce que nous n'avons pas de légitime tribunal où les citer; s'ils sont dans l'erreur, nous les plaindrons en respectant leur sincérité que Dieu même approuvera; s'ils sont dans l'irréligion, nous les plaindrons plus encore, en nous rappelant néanmoins tout ce que la piété a eu à souffrir depuis près d'un siècle dans notre pays, et qu'à Dieu seul il appartient de peser cette excuse — Et ces souvenirs me conduisent, M. F., à la dernière pensée qui me reste à vous soumettre, et qui seule pourrait troubler la douce joie de notre reconnaissance. Ce fléau, d'où nous sortons, est-il un secret que

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