Sermons
Et Dieu répondit : Je ferai passer toute ma bonté devant ta face ; je prononcerai le nom de l'Eternel devant toi , et ces paroles : Je ferai grâce à qui je ferai grâce , et j'aurai compassion de qui j'aurai compassion.
Dieu lui dit encore : Tu ne pourras pas voir ma face ; car nul homme ne peut me voir , et vivre.
Et l'Éternel dit aussi : Voici un lieu près de moi ; tu t'arrêteras sur ce rocher.
Et il arrivera que lorsque ma gloire passera, je te placerai dans l'ouverture du rocher, et je te couvrirai de ma main , jusqu'à ce que je sois passé.
Ensuite , j'ôterai ma main de devant toi , et tu ne me verras que lorsque j'aurai passé ; mais ma face ne se verra point.
Jfïïes Frères»
Connaître Dieu, c'est tout connaître. Connaître Dieu, c'est tout croire et tout pratiquer. Cette étude embrasse et domine toutes les autres, et vous ne pouvez nommer aucune branche de nos
LA CONNAISSANCE
connaissances qui ne tienne à ce tronc majestueux, à cet arbre immense dont l'ombre couvre la terre, et offre à tous les mortels un abri, un repos. Dieu est le premier et le dernier, le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga; il est le centre de toutes les pensées humaines, le principe de tous les souvenirs, le terme de toutes les prévoyances, et toute science est un chemin vers lui. Aimez- vous à parcourir l'histoire des temps qui ne sont plus, et à compter les siècles écoulés; vous ne pouvez oublier en comptant ces siècles et ces jours, <\u un jour est pour Dieu comme mille ans et mille ans comme un jour, que l'éternité est à lui, qu'il a été, qu'il est, qu'il sera, et que l'histoire de l'humanité n'est qu'un des soins de sa providence. Aimez -vous à vous élancer dans les profondeurs de l'espace, à suivre les astres dans leur cours, et à mesurer ces distances prodigieuses, vous ne pouvez oublier que, si cous montez au ciel, Dieu y est, que si vous descendez dans V abîme, il y est encore, que l'immensité est à lui, et qu'il en dispose à son gré. Aimez-vous mieux vous occuper de la nature plus voisine qui nous environne, et dépeindre les êtres animés et les innombrables merveilles dont ce globe est rempli; là le nom de Dieu est écrit sur le duvet de chaque fleur, sur le reflet de chaque pierre, sur les prismes de chaque métal, et tous vos regards rencontrent un témoignage rendu au Créateur. Voulez-vous pénétrer dans les profondeurs des sciences morales, comparer les codes des nations, les formes des gouvernemens,
DE DIE l. '3
les intérêts des familles, et chercher enfin sur quelle base reposent le droit d'être libre et le devoir d'être bon? Ah! quand les peuples et les gouvernemens seront assez sages, ils trouveront clans l'Evangile la législation et la jurisprudence les meilleures, et, quant à la simple morale, elle a été écrite dans l'esprit de Dieu avant de l'être dans le coeur de l'homme. Enfin , votre pensée veut-elle s'élever jusqu'aux recherches les plus mystérieuses de la philosophie, sonder à loisir les facultés de l'âme, peser la valeur de nos connaissances, demander à l'univers pourquoi il existe, et même examiner s'il est vrai que tout ce que Dieu a fait est bon; alors surtout vous remontez de toutes parts à la source de toute certitude, à ce Dieu qui seul a pu dire lui-même à Moïse: Je suis celui qui suis, et au inonde, par la voix de son divin Fils: Je suis la vérité; à ce Dieu enfin de qui seul la créature a pu dire dans sa reconnaissance: Dieu est charité.
Vous le voyez donc, M. F., connaître Dieu, c'est tout connaître. Je pourrais vous montrer même que cette pensée est juste hors de notre monde. L'être infini, en se connaissant lui-même, connaît tout, et c'est l'idée de saint Paul, quand il déclare que toutes les oeuvres de Lieu lui sont connues cl.' toute éternité. Et les anges de lumière, que font-ils dans les cieux? que signifie ce privilège, dont ils jouissent, de contempler sans cesse l'Etre des êtres? c'est une connaissance de Dieu bien supérieure à celle que nous permettent les liens de ce corps et le voile <\c
LA CONNAISSANCE
ce monde. Et il est si vrai que connaître Dieu est le tout de l'homme, et que cette science les comprend toutes et suffit à tout, que partout et toujours, la liberté, la justice, la veitu, l'espérance, ont été proportionnées à la connaissance plus ou moins pure, plus ou moins générale du vrai Dieu, et que toutes les dispensations et les révélations accordées au inonde out eu pour but unique de maintenir et de développer parmi les hommes cette vérité sublime. Ainsi, après s'être fait connaître des premiers humains, comme créateur et comme juge, et des premiers patriarches comme vengeur du mal et rémunérateur du bien, Dieu s'est révélé à la race d'Abraham comme son Dieu qui l'appelait et la choisissait entre les races de la terre; plus tard, Dieu s'est lui-même nommé l'Éternel, et j'aurai à vous dévoiler le sens de ce nom magnifique; plus tard encore, et à mesure que les siècles s'accomplissaient, Dieu s'est manifesté comme le Roi des rois le Seigneur des seigneurs , maître et bienfaiteur de tous, jusqu'à ce qu'enfin, dans la nouvelle alliance, se dévoilant autant que notre faiblesse le comporte, Dieu nous reconnaît pour disciples du Sauveur dans la consécration solennelle faite au nom du Père du Fils, et du Saint-Esprit; développement sublime, majestueuse gradation où vous suivez, comme à l'oeil, toute l'éducation du genre humain, et audelà desquels il n'y a que les ravissemens accordés aux St.-Paul, et la contemplation face à face réservée pour les deux. Mais vous concevez aisément