DE DIEU
que pour fonder, pour maintenir, pour développer ainsi siècle par siècle la connaissance de Dieu; il fallait l'accorder dans une plus large mesure aix hommes extraordinaires chargés de la commuriquer à leurs semblables; pour enseigner cette scieice aux autres, ils devaient abondamment la posséder eux-mêmes; et voilà pourquoi de tous les ministres divins de la première alliance, Moïse est ce lui qui a le mieux connu le Seigneur; il est dit qm jamais il ne s'est élevé en Israël de prophète commi Moïse, qui ait connu Dieu face à face; il est diî qu'il raisonnait avec Dieu comme un homme avei son intime ami; après tant de révélations il osait ercore adresser cette prière: Seigneur, montre-moi U gloire, et Dieu ne dédaignait pas de lui répondre: Je ferai passer toute ma bonté devant ta face.
M. F., il suffit, pour vous donner une premier* idée de cette scène imposante, de vous dire qu'elb est un de ces entretiens où Moïse, en effet, raisonnait avec l'Eternel comme un homme avec son inlimiXy ■ 3^ ami. Etudions avec respect ce magnifique tableai. Voyons quel sens profond est exprimé dans ces paroles et caché sous ces images, et nous comprendrons mieux l'utilité des pompeux phénomènes qui ont accompagné cette manifestation de la présence divine.
Les circonstances dans lesquelles Moïse se trouvait placé , les événemens qui précèdent cette intime révélation, sont dignes de mémoire et concou-
LA CONNAISSANCE
rent à l'expliquer. Le législateur s était souvent trouvé clans des conjonctures plus difficiles et plus dingereuses, mais jamais encore dans un moment vlus triste pour lui-même et plus honteux pour Israël. Pendant les quarante jours de sa première 'etraite au sommet du Sinaï, après la promulgation mposante du Décalogue, après les merveilles qui ivaient rempli cette journée et sanctionné cette loi, sraël, ennuyé de l'absence de son chef suprême, encore mal accoutumé à son existence comme nation; Israël, avec cette légèreté que nous comprejons à peine aujourd'hui et qui montre combien 'idolâtrie, impossible parmi nous, était autrefois :éduisante et dangereuse; Israël avait imité un des lieux du Nil et adoré le Dieu vivant sous cet emblème. L'intérêt politique se cachait sous l'imoiété, et le parti égyptien espérait aux pieds de 'idole tramer le retour en Egypte. Moïse, alors, «tait sorti de sa retraite sainte, où, seul avec l'Éter lel, il recevait les révélations divines et poursuivait je grand ouvrage de sa législation; il n'avait quitté l'Eternel, si l'on ose ainsi parler, que pour se trouer en présence d'une idole; et en descendant du Mont Sacré, dans les transports d'une colère digne de lui, il avait brisé contre le roc les tables de la Loi, ces monumens tels que le monde n'en avait jamais vus, gages certains que la justice est la même dans le ciel que sur la terre. L'image taillée était tombée, il est vrai, devant lui; mais elle était tombée dans le sang. Israël coupable avait été puni