DU COMBAT. Î
texte est tiré, il écrit à son ami, J'ai combattu le bon combat , j'ai achevé la course, la couronne de justice m'est réservée, et le Seigneur, juste juge, me la rendra. Mais peut-être la plus attendrissante des images de ce genre, et dont la beauté se perd pour qui n'y voit pas ce souvenir, est dans cette première épitre aux Corinthiens que St. Paul a écrite avec tant d'effusion de coeur. L'usage à Rome était, à la lin des jeux, d'amener dans l'arène quelques captifs réservés, de les laisser quelque temps exposés à la risée du peuple, et ensuite de les livrer nus, sans armes et sans défense, à la dent des bêtes féroces. Ces malheureux, considérés comme un vil ramas de barbares, à peine dignes du nom d'homme, paraissaient les derniers dans l'arène. Je pense, dit l'apôtre, que Dieu nous a mis en montre, nous , les derniers des apôtres, comme des gens voués à la mort, et rendus le spectacle du monde et des anges et des hommes. M. F. ! quelle force , quelle éloquence, quelle élévation, quelle poésie, dans tous ces passages! Combien toutes ces images empruntées aux institutions les plus chères à ces peuples devaient frapper leur imagination ! Et remarquez combien toutes*ces allusions profanes... profanes, car enfin ce sont les jeux des athlètes, qui n'étaient que des fètes^ ou les combats des gladiateurs qui n'étaient que des barbaries, remarquez, dis-je, combien toutes ces allusions profanes deviennent instructives et saintes sous la plume de St. Paul; et c'est là ce que j'espère abondamment
vous prouver, en vous développant dans toute son étendue et son énergie la leçon que le texte nous donne à l'aide d'une de ces admirables images qui n'ont rien perdu de leur justesse et qui représentent notre tâche et notre espérance aussi fidèlement que celles des premiers chrétiens. Tous, vous avez le bon combat de la foi à livrer; tous, vous aspirez à la couronne; mais nul de vous ne sera couronné, s'il n'a combattu selon les lois; appliquons cet avertissement de l'apôtre à nos trois grands devoirs, à la piété, à la foi, à la vertu; ce sera l'appliquer à notre vie entière.
Un fait qu'il est essentiel de reconnaître dès l'entrée de ce discours, et qu'il me semble voir au fond de la pensée de St. Paul, un fait simple et clair, universel et irrésistible, est que personne ne veut devenir et ne devient tout-à-fait injuste et pervers. Trouvez l'homme le plus méchant et le plus dur; il est des circonstances où quelque bonté éclatera dans sa conduite; trouvez l'homme le plus impur; il y aura encore des impuretés devant lesquelles il reculera; trouvez l'homme le plus impie; il y aura encore des blasphèmes que sa bouche craindra de prononcer; et l'esprit le plus léger a des momens de réflexion sérieuse, et le mondain qui vit dans le plus complet oubli de Dieu, y pense quelquefois. On peut dire que ni l'extrême du mal, ni l'extrême du bien ne se voient en ce monde. L'endurcissement et l'impénitence sont aussi rares que l'héroïs-