‹ Sermons (volume 3)Chapitre 49 sur 61 · LA \ IF. PAR CHRIST · texte numérisé non relu

LA \ IF. PAR CHRIST

qu'il avait, c'est le péché, le malheur et le trépas. Ne me demandez point ce que nous serions devenus, si Adam avait gardé son rang dans l'échelle des êtres. Dieu seul le sait. La vie et la mort seraient différentes toutes deux, voilà ce que nous savons. En demandant plus, vous changeriez de mystère, et vous m'entraîneriez sur un terrain où aucune révélation ne conduit, où je ne dois point vous suivre; c'est de foi qu'il s'agit ici, non de curiosité, et la foi nous apprend que la mort est un mal. Où donc en est le remède?... Peuple de Christ, voici, voici le remède si désiré. Tous meurent en Adam, ainsi nous parle la mort; mais tous revivront en Christ, ainsi répond la foi. M. F., laissons donc Adam, venons à Jésus. Dieu veuille m'accorder d'affermir en lui votre confiance, et de vous montrer que Jésus est le garant de notre immortalité:

Depuis que l'homme est mortel, depuis le premier tombeau sur lequel il a pleuré, depuis que le trépas est entré dans ce monde, l'a touché de son aiguillon, et a dit: ce monde est à moi! en un mot, depuis que l'homme est mortel, il ne s'est jamais résigné à l'être. Ce n'est pas qu'il ait murmuré contre Dieu, et reproché à la Providence d'avoir sans motif envoyé la mort sur la terre; ce n'est pas qu'il ait appelé de la sentence, et considéré la mort comme une injustice ; ce n'est pas qu'il ait refusé de reconnaître avec St. Paul, dont je viens de vous rappeler la doctrine, que, comme

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par an seul homme le péché est venu dans le monde, et par le péché, la mort; ainsi la mort est venue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. Non! mais l'homme n'a jamais consenti à croire que tons finissait à la mort, que la tombe engloutissait toute son existence et n'en rendait rien, et que créé pour le peu de temps que nous appelons la vie, il n'avait rien à espérer ni à craindre audelà. L'homme, au contraire, a toujours voulu se persuader qu'il était immortel; il a toujours pris la fin de cette vie pour le commencement d'une vie nouvelle; il a toujours pensé que la nuit du tombeau devait, comme les nuits ordinaires, être suivie d'une aurore; en vain il n'a vu autour de lui que cadavres, pourriture, sépulcre, deuil, en vain tout semblait lui dire que la mort n'était qu'un anéantissement; il l'a toujours regardée comme un sommeil, un sommeil profond, si vous voulez, long et froid; peu importe; car l'idée de sommeil emporte une autre idée avec elle, et dire qu'un homme s'est endormi avec ses pères, c'est dire qu'un jour il se réveillera. Aussi, c'est peut-être par des doctrines d'immortalité que la philosophie et la religion ont commencé sur la terre. Quand on remonte les siècles, quand on plonge un regard attentif dans la nuit de l'antiquité, quand on interroge les traces que les premiers hommes, les premières nations, les premiers cultes ont laissé de leur passage, on y trouve des doctrines, des images, des espérances d'immortalité. Cette désespérante

La vu. par christ. a&l

doctrine qui nie la vie future, et cette mondanité profonde qui la fait oublier, n'ont commencé sur la terre que beaucoup plus tard. Dans les siècles les plus reculés ou l'homme se souvenait mieux que Dieu l'avait créé droit, il croyait sans peine à son immortalité, et ne l'a niée qu'après avoir cherché beaucoup de discours. Enfin, le christianisme est venu, et a présenté sous un nouveau jour cette attente, sans laquelle il vaudrait mieux être une brute qu'un homme, cette attente sans laquelle le christianisme même ne vaudrait rien. La vie et l'immortalité ont été mises en évidence , et la tombe de Jésus a été laissée ouverte sur la terre, pour que chacun put y voir combien la mort est peu de chose. Oui, l'Évangile, M. F., est l'école de l'immortalité, école où peuvent s'asseoir, confondus aux mêmes bancs, les plus sages et les plus simples. Il y a bien des systèmes de philosophie humaine, dont on pourrait retrancher l'immortalité, et il resterait encore quelque chose; si vous retranchez l'immortalité de l'Evangile, il n'y reste rien; c'est un livre qui n'a plus de sens; le lien qui nous unit à Christ est brisé; il n'est rien pour nous, et nous ne sommes rien pour lui. Ces simples réflexions suffiraient pour vous montrer combien il importe à notre foi de voir clairement tout ce qu'il y a d'immortalité dans l'Évangile; et ce qui achève de le montrer, c'est que souvent vous entendez l'incrédule vous dire, qu'ai-je besoin de l'Évangile pour reconnaître l'immortalité? Cette doctrine est ineffaçable dans l'es-

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