S LA MORT PAR it>AM ET
prit humain. Toute la terre y a cru, y croit, t
croira, et la raison m'en apprend assez assez?
assez pour tous? assez dans les ateliers comme dans les écoles, dans les chaumières comme dans les palais; assez à l'aréopage d'Athènes, dans les lycées de Tarse où fut instruit S1. Paul, et chez Agrippa et Priscille où il travaillait humblement à son métier de faiseur de tentes? assez partout? M. F., il est permis d'en douter. Mais admettons que sur ce point les lumières de la raison suffisent, même à la foule; il faut que la pensée de l'immortalité devienne pratique; il faut non-seulement s'y attendre, mais y aspirer; il faut non-seulement bien connaître la mort, mais bien la subir, ce qui n'est pas, prenez-y garde, la braver, et voilà, M. F., ce que l'Évangile seul enseigne, à en juger par une expérience de bien des siècles; pour un seulSocrate dont la philosophie s'honore, le christianisme compte mille Etienne, qui obscurément, sans historiens, sans admirateurs, sans témoins, ont dit devant quelques amis: Seigneur Jésus, reçois mon esprit! et, pour comble, la sagesse humaine apprendrait peut-être à des vieillards à mourir; mais il n'y a que le christianisme qui l'ait appris à des jeunes gens.
Sans le moindre doute, cette puissance de l'Évangile à enseigner l'immortalité lui vient de ce que le Christ a vaincu pour nous la mort que nous ne pouvions vaincre, nous, les faibles sujets de son inexorable empire , et jamais victoire ne fut plus complète. Le Christ a vaincu la mort sous les formes les plus
LA VIE PAR CHRIST. ^Go,
terribles; lente — vous savez que l'on compte par heures la durée du supplice; infâme — vous savez que la croix était la torture réservée aux esclaves: cruelle demandez aux bourreaux mêmes du fanatisme d'imaginer une fin plus affreuse; abandonnée vous savez que celui qui avait fait tant de
bien n'a eu près de lui à l'instant de sa mort qu'un seul de ses disciples et sa mère, sa mère, parce que de toutes les forces humaines, la force de l'amour maternelle est celle qui triomphe le mieux de la mort. Et le Christ l'a vaincue, quand elle s'environnait de précautions et appelait pour ainsi dire à son secours la puissance des Romains. Les maîtres du monde ont fait mettre là, par la main de Pilate, leur cachet. Il ne manquait donc rien à ce sépulcre, ni gardiens, ni fermeture, — ni linceul, ni
suaire ni profondeur ni ténèbres, et tout ce que
l'amitié avait pu faire pour rendre cette tombe paisible et sûre, l'amitié l'avait fait; et tout ce que la haine et l'incrédulité avaient pu imaginer, pour tenir cette tombe bien fermée, elles l'ont essayé
Il ne manquait rien à ce sépulcre O. M. F., il y
manquait la pourriture de la mort, car David avait prédit que le bien-ai/né de V Eternel n'éprouverait pas ce que c'est que la corruption du trépas , et le Christ a vaincu la mort! Il l'a vaincue encore par la simplicité, par la tranquillité de sa résurrection: il ressuscite sans bruit, sans tumulte, sans cortège, sans pompe; il ressuscite comme un vainqueur remonte de la lice après s'être baissé un moment pour
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ramasser la couronne; personne ne l'aide, ni ne l'appelle; il revient à la vie, parce qu'il veut y revenir; convenez qu'ainsi devait sortir du sépulcre celui qui avait dit: Nul ne mute la vie, je suis maître de la donner et maître de la reprendre. Enfin remarquez que Jésus a complètement vaincu la mort , parce qu'elle ne lui a rien ravi de tout ce qui lui appartenait, rien des pouvoirs magnifiques dont il s'était montré revêtu, rien de sa sagesse, rien de sa gloire, rien de sa bonté; tout ce qu'il avait laissé sur la terre, il le retrouve, et le reprend, et le confirme; tel il était avant sa mort, tel il se montre après sa résurrection; seulement, s'il est permis de parler ainsi, il porte une couronne nouvelle; sa couronne d'épines s'est comme entrelacée à son auréole de gloire éternelle, et à toutes ses oeuvres déjà faites avant les temps il a joint l'oeuvre de la rédemption de notre monde.
Vainqueur de la mort, le Christ, à ce titre qui n'appartient qu'à lui, unit le titre non moins saint de Prince de la vie, et ces deux noms sous lesquels il veut qu'on l'adore et qui nous garantissent que tous nous revivrons par lui, ces deux noms., quoiqu'ils se touchent et se tiennent, ne doivent pas se confondre. Le Christ n'est pas ressuscité pour disparaître tout-à-coup à nos regards, pour s'en aller mystérieusement hors de notre monde, pour s'en aller loin de la portée de nos prières, et nous cacher en quelque sorte le secret de la vie, après nous avoir révélé celui de la mort. Non , il est le Prince de la