SUR LBS DEVOIRS DES BOIS
frances , les empereurs, disait Tertallien' , ne pouvaient pas être chrétiens; parce que le monde, qui la tourmentait, devait les avoir à^a tête. « Mais maintenant, » dit le saint Psalroiste : Et nunc, reges, intelligite^ ; maintenant qu'elle est établie , et que la main de Dieu s*est assez montrée , il est temps que vous veniez, d rois du monde! commencez à ou-^ vrir les yeux à la vérité; apprenez la véritable justice, qui est la justice de l'Évangile : « O vous qui jugez la terre , ser-> « vez le Seigneur en crainte : » Servite Domino in timoré^ : dilatez maintenant son règne. Servez le Seigneur : de quelle sorte le servirez- vous? Saint Augustin vous le va dire : « Ser- « vez-le comme des hommes particuliers , en obéissant à son « Évangile, comme nous avons déjà [dit]; mais servez-le « aussi comme rois, en faisant pour son Église ce qu'aucuns « ne peuvent faire, sinon les rois : » In hoc serviunt Domino regesy in quantum sunt reges, eum ea/aciunt ad serviendum illi, qux non possurU facere nisi reges^. Et quels sont ces services considérables que TÉglise exige des rois comme rois ? De se rendre les défenseurs de sa foi , les protecteurs de son autorité , les gardiens et les fauteurs de sa discipline.
La fbi, c'est le dépôt, c'est le grand trésor, c'est le fondement de l'Église. De tous les miracles visibles que Dieu a faits pour cet empire, le plus grand, le plus mémorable, et qui nous doit attacher le plus fortement aux rois qu'il nous a donnés , c'est la pureté de leur foi. Le trône que remplit notre grand monarque est le seul de tout l'univers où , depuis la première conversion, jamais il ne s'est assis que des princes enfants de l'Église. L'attachement de nos rois pour le saint-siége apostolique semble leur avoir communiqué quelque chose de la fermeté inébranlable de cette première pierre sur laquelle l'Église est appuyée ; et c'est pourquoi un grand pape (c'est saint Grégoire) a donné dès les premiers siècles cet éloge incomparable à la couronne de France : qu'elle est autant au-dessus des autres couronnes du monde , que la di-
» Apolog. n» 21. — » Ps. 1 1 , 10. — 3 Ibid. u. — ♦ Ep. clxxxv, n« i»»
t. Il, col. 651.