‹ Sermons choisis de Bossuet (volume 2)Chapitre 56 sur 139 · UA LES DEVOIRS DES BOIS · texte numérisé non relu

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gnité royale surpasse les fortunes particulières : QuatUo ex- $eros homines regia dignUas antecedit, tanto cœterarum gentium régna regni vestri prqfecto cubnen excelUt >.

Un si saint homme regardait sans doute plus encore la pureté de la foi , que la majesté du trône : mais qu'aurait-iL dit , chrétiens , s'il avait vu durant douze siècles cette suite non interrompue de rois catholiques? S'il a élevé si haut la race de Pharamond , combien aurait-il célébré la postérité de saint Louis! et s'il en a tant écrit à Cliildebert ^ qu'aurait-il dit à Louis-Auguste?

Sire , Votre Majesté saura bien soutenir de tout son pouvoir ce sacré dépôt de la foi , le plus précieux et le plus grand qu'elle ait reçu des rois ses ancêtres : elle éteindra dans tous ses États les nouvelles partialités. Et quel serait votre bonheur, quelle serait la gloire de vos jours , si vous pouviez encore guérir toutes les blessures anciennes ! Sire y après ces iions extraordinaires que Dieu vous a départis si abondamment , et pour lesquels Votre Majesté lui doit des actions de grâces immenses , elle ne doit désespérer d'aucun avantagequi soit capable de signaler la félicité de son règne : et peutêtre, car qui sait les secrets de Dieu? peut-être qu'il a permis que Louis le Juste, de triomphante mémoire, se soit rendu mémorable éternellement, en renversant le parti qu'a-^ vâit formé l'hérésie , pour laisser à son successeur la gloire de l'étouffer tout entière par un sage tempéram^t de sévérité et de patience. Sire, quoi qu'il en soit , et laissant à Dieu l'avenir, nous supplions Votre Majesté qu'elle ne se lasse jamais de faire rendre aux oracles du Saint-Esprit, et aux décisions de l'Église, une obéissance non feinte; afin que toute l*Église catholique puisse dire d'un si grand roi, après saint Grégoire : « Nous devons prier sans cesse pour notre monarque très- « religieux et très-chrétien , et pour la reine sa très-digne « épouse, qui est un miracle de douceur et de piété, et pour « son fils sérénissime notre prince, notre espérance : » Pro vUa piissimi et christianissimi Dommi nostri , et Iran-

' Ep. lib. VI, pp. VI, ad Child. reg., t. ii, col. 795

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qutUissima ejiis conjuge, et mansuetissima ejus sobole semper orandum est^. Et s'il vivait en nos jours, qui doute qu'il n'eât dit encore avec joie : Pour la reine son auguste mère, dont le zèle ardent et infatigable aurait bien dû être consacré par les louanges d'un si grand pape? Nous devons donc prier sans relâche pour toutes ces personnes augustes , « pendant « le temps desquelles , *> voici un éloge admirable , « les bou- « ches des hérétiques sont fermées, » et leur malice, leurs nouveautés n'osent se produire : Quorum temporibus hœreiicorumora conticescunt*. Mais reprenons le fil de notre discours.

L'Église a tant travaillé pour l'autorité des rois , qu'elle a sans doute bien mérité qu'ils se rendent les protecteurs de la sienne. Ils régnaient sur les corps par la crainte, et tout au plus sur les cœurs par l'inclination. L'Église leur a ouvert une place plus vénérable ; elle les a fait régner dans la conscience : c'est là qu'elle les a fait asseoir dans un trône , en présence et sous les yeux de Dieu même : quelle merveilleuse dignité ! Elle a fait un des articles de sa foi de la sûreté de leur personne sacrée , un devoir de sa religion de l'obéissance qui leur est due. C'est elle qui va arracher jusqu'au fond du cœur, non-seulement les premières pensées de rébellion , les mouvements les plus cachés de sédition, mais encore et les plaintes et les murmures; et, pour ôter tout prétexte de soulèvement contre les puissances légitimes, elle a enseigné constamment, et par sa doctrine et par son exemple , qu'il en faut tout souffrir, jusques à l'injustice , par laquelle s'exerce invisiblement la justice même de Dieu.

Après des services si importants, une juste reconnaissance obligeait les princes chrétiens à maintenir Fautorité de l'Église, qui est celle de Jésus-Christ même. Non, Jésus^ChrisI ne règne pas, si son É^glise n'est autorisée : les monarques pieux l'Mit bien reconnu ; et leur pro[»re autorité , je l'ose dire , ne leur a pas été plus chère que l'autorité de l'Eglise. Ils ont lait quelque chose de phis : cette puissance soiive- ' Epist. lib. IX , ep. xux , t. n , col. 963. — 'S. Greg. loc. citât

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