‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 126 sur 223 · I. IM., TI · texte numérisé non relu

I. IM., TI

SUR L'AMODR DBS PLAISIRS 307

ments d'avec les cris d'allégresse : » Nec poterat quisquam agnoscere vocern clamoris lœtantium , et vocem fletus populi ^. Ce mélange mystérieux dcdorJcur et de joie est une image assez naturelle ds ce qui s'accomplit dans la pénitence. L'âme déchue de la grâce voit le temple de Dieu renversé en elle.

Ce ne sont point les Assyriens qui ont fait cet effroyable ravage ; c'est elle-même qui a détruit et honteusement profané ce temple sacré de son cœur, pour on faire un temple d'idoles. Elle pleure, elle gémit, elle ne veut point recevoir de consolation; mais au milieu de ses douleurs, et pendant qu'elle fait couler un torrent de larmes, elle voit que le Saint-Esprit, touché de ses pleurs et de ses regrets, commence à redresser cette maison sainte, qu'il relève l'autel abattu, et rend enfin le premier honneur à sa conscience, où il veut faire sa demeure ; en sorte qu'elle trouvera dans le nouveau sanctuaire une retraite assurée, dans laquelle elle po-urra vivre heureuse et tranquille, sous la paisible protection de Dieu, qui y fera sa paisible demeure.

Que jugez-vous, chrétiens, de cette sainte tristesse? une âme à^qui ses douleurs procurent une telle grâce n'aimerat-elle pas mieux s'affliger de ses péchés que de vivre avecle monde ? et ne faut-il pas s'écrier ici avecle grand saint Augustin : « Que celui-là est heureux, qui est malheureux de cette sorte ! » Quam felix est, qui sic miser est * !

C'est ici que je voudrais pouvoir ramasser tout ce qu'il y a de plus efficace dans les Écritures divines, pour vous représenter dignement ces délices intérieures, ce fleuve de paix dont parle Isaïe ^, cette paix du Saint-Esprit, enfin ce calme admirable d'une bonne conscience. 11 est malaisé, mes frères, de faire entendre ces vérités et goûter ces

i. Esdr., m, 13.

î. In Ps. xxxvn, n»

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