‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 196 sur 223 · I. U Cor., vi · texte numérisé non relu

I. U Cor., vi

CHRÉTIENNES ET MORALES lOD

sont comme s'ils n'avaient point 6t6 traités. On s'en étonne ; on remarque toujours en eux les mêmes habitudes, lea mêmes fréquentations, les mômos inimitiés.

Allez-vous rechercher le chirurgien, le médecin qui vous flatte, ou celui qui vous guérit? Ce prophète lui a dit : Il vivra, et Dieu m'a dit qu'il mourrait de mort. Que ne le traitez-vous avec une sainte sévérité, en lui disant : Vous mourrez; comme Isaïe à Ézécbins *, qui cependant le gué- !^1. « La plaie profonde de la fille de mon peuple me blesse profondément; j'en suis attristé, j'en suis tout épouvanté : » Super contnti07ie fiiiœ populi met contritus sum et contristatus; stupor obtinuit me*. « N'y a-t-il donc point de résine dans GaJaad? Ne s'y trouve-t-il point de médecin? Pourquoi donc la blessure de la fille de mon peuple n'a-t-elle point été fermée ? » Numquid résina non est in Galaad, aut medicus non est tibi ? Quare igitur non est obducta cicatrix fUiœ populi mei'^'î

Puisse le Seigneur répandre sur nous un esprit de grâce et de prières, qui nous porte à pleurer sur la perte que nous avons faite, comm'3 Israël sur la mort de Josias, le meilleur de tous les rois et les délices de son peuple : faisons un deuil universel, poussons de profonds gémissements; pleurons avec larmes et avec soupirs, comme on pleure son fils unique; soyons pénétrés de douleur, comme on l'est à la mort d'un fils aîné. Ehl serait-ce trop s'affliger, puisque c'est son âme, c'est soi-même qu'on doit pleurer? Soyons donc tous dans les larmes ; retranchons toutes lea visites, comme au jour d'une grande affliction; séparonsnous, famille à famille, chacun à part, les hommes séparément, les femmes de même, afin de célébrer le jeûne du Seigneur en retraite, en prières et en continence.

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