Eiech., XYi, 51, 5Î
justifiés par comparaison ; mais Dieu ne laisse pas de ic8 Juger. Touché de leurs cris, il fait tomber sur les fidèles le surcroît de peine qui est diminué par leur ignorance, lîs semblentjusti fiés à proportion, dirai-je. Leursupplice semble n'êtro rion à comparaison. Dieu, dans l'étendue de sa puissance, sait bien trouver des règles dans la môme peine.
Ego vado^: « Je m'en vais. » Ces paroles nou? représentent Jésus-Christ se séparant et disant à l'âme le depnier adieu, rompant ses liaisons avec elle, retirant ses grâces et lui reprochant son ingratitude. J'ai voulu t'attirer à moi pour te donner la vie, tu n'as pas voulu; adieu donc, adieu pour jamais, je me retire maintenant : Ego vado; c'est moi qui m'en vais, mais je te chasserai un jour : Diseediteame*: « Retirez-vous de moi. »
Trois choses à considérer : le pécheur quittant Dieu, Dieu abandonnant le pécheur, et enfin Dieu chassant le pécheur. Discedite, « retirez-vous, » maledicti, « maudits, » in ignem œternum, « allez au feu éternel. » C'est alors que le damné conjurera toutes les créatures, et leur dira comme Saùl à l'Amalécite : Sta super me et interne me, qu&niam tenent me angustiœ, et adhuc Ma anima mea in me est*: « Appuyez-vous sur moi et me tuez, parce que je suis dans un accablement de douleur, et que toute mon âme est encore en moi. » Tant de liaisons que le pécheur avait avec Dieu se trouveront rom['ues tout à coup. « Que je voie le visage du roi, disait Absalon : » Videam faciem régis : quod si mêmor est iniquitatù meœ, interficiat me * : « S'il se souvient encore de ma faute, qu'il me fasse mourir. » Il n'y avait entre ce prince et David qu'une liaison ; l'homme en a avec Dieu une infinité : un coup de foudre part, qui rompt tout : Dis-' etdite : « Retirez-vous. » Adieu, mon père: adieu, mon
U J:^.inn., vm, 2i.