‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 199 sur 223 · Ibid.. XIV, 3Î · texte numérisé non relu

Ibid.. XIV, 3Î

frère; adieu, mon ami; adieu, mon Dieu; adiea, mon Seî' gneur ; adieu, mon maître ; adieu, mon roi ; adieu, mon tout. Jésus-Christ ne le peut plus souffrir, il le hait infiniment, nécessairement, éternellement, substantiellement, comme il s'aime, parce qu'il est dans l'état de péché; non danf» l'acte, ni dans l'habitude, mais dans l'état. Le péché est humanisé en lui ; c'est un homme devenu péché, il perd tout bien, omne bonum : il ne reste pour tout bien en lui que la simplicité de son être, et c'est son malheur extrême, parce que Dieu le conserve pour être en butte éternellement à ses vengeances et le sujet de toutes les misères possibles.

Maledicti, « maudits. » Cette parole exprime un jugement pratique en Dieu, qui livre le pécheur à toute l'exécration de sa justice ; et elle contient une imprécation contre lui, qui déracine jusqu'aux moindres fibres de la capacité qui était en lui pour recevoir du bien et pour en faire : ainsi « ces deux maux viennent subitement fondre sur le pécheur, la viduité et la stérilité ; » Duo mala vénérant super te, viduitas et sterilitas^. Il se trouve moins capable de recevoir du bien que le néant; et l'inflexibilité de la volonté de Dieu dans son jugement répond à l'invariabilité de celle du pécheur dans le mal. « Il a rejeté la bénédiction, elle sera éloignée de lui : » Noluit benedictionem, et elongabitur ah eo 2.

In ignem œternum : « Allez au feu éternel , » feu surnaturel dans sa production, instrument de la puissance divine dans son usage, immortel dans son opération : méditez. Cela est-il vrai? Qui est-ce que cela regarde? Pourquoi, mon Sauveur, faut-il vous quitter? Discedite, « retirezvous. » Votre bénédiction avant que de partir; maledicti, « vous êtes maudits. » Ce ne sera peut-être pas pour toujours; je reviendiai laire pénitence. Ahl mes yeux, que j*:

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