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étendue est de s'élever tout entière à Dieu, et non de se dilater par parties. Celui-là donc est le vrai sage, qui trouve toute sa vie en un jour; de sorte qu'il ne faut pas se plaindre que la vie est courte, parce que c'est le propre d'un grand ouvrier de renfermer le tout dans un petit espace. Et quiconque vit de la sorte, quoique son âge soit imparfait, sa vie ne laisse pas d'être parfaite.
Il y a une grande difficulté à savoir si l'on est vertueux : il y a des vices si semblables aux vertus, des vertus auxquelles il faut si peu de détour pour les faire décliner au vice ; il arrive des circonstances qui varient si fort la nature des objets et des actions; ces circonstances sont si peu prévues, si difficiles à connaître ; ce point indivisible, dans lequel la vertu consiste, est si inconnu, si fort imperceptible. Aristote dit * que la vertu est le milieu défini par le jugement d'un homme sage. Et qui est cet homme sage? Chacun le pense être ; et si vous voulez le définir, il le faudra faire par la vertu môme, et ainsi vous définissez l'homme sage par la vertu, et la vertu par l'homme sage.
Au grand courage rien n'est grand : de là il dédaigne tout ce qu'il a. Mais il ne suffit pas de s'agrandir dans les choses qu'on dédaignera, aussi bien que les autres, quand on sera le maître : il faut chercher quelque chose qui soit digne de satisfaire un grand cœur, la vertu.
La foi est hardie. Rien de plus hardi que de croire un Dieu homme et m-ort. Toutes les vertus chrétiennes sont aussi hardies et entreprenantes; car elles surmontent tous les obstacles : elles doivent se faire en ici, et tenir de son caractère.
i. Ùe Morib.. iib. II, câp. il.
Dï LA TRAIB DEVOTION
l^a vraie dévotion, loin d'être à craindre dans un État, y est au contraire d'un grand secours. « Elle défend de vouloir du nnal à personne, d'en faire à autrui, d'en dire, d'en penser de qui que ce soit; elle ne souffre pas qu'on entreprenne, même contre un particulier, ce qui ne serait pas permis contre un empereur ; et combien plus interdit-elle à son égard tout ce qu'elle ne permet pas contre le dernier des sujets I » Maie velle, mak facere, maie dicere, maie cogU tare de quoquam ex œquo vetamur. Quodcumque non licet in impcratorem, id nec in quemquam; quod in nemincm eo for sitan magis nec in ipsum *.