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%. Eccli., XXXI, 18,
qu'il voudrait qu'ils fussent à son égard, si eux étaient princes, et lui particulier. Mais les princes ont bien de la peine à se mettre en comparaison : ils croient que tout leur est dû, et cependant ils doivent plus qu'on ne leur doit. Je suis, disent-ils souvent, et en eux-mêmes et par leur conduite, et il n'y a que moi sur la terre *. Dieu châtie les injustices des rois après leur mort.
La justice dans un souverain demande de la fermeté et de l'égalité. Trois vertus sont comme les sœurs de la justice qui doit le caractériser : la constance, la prudence, la clémence; la première, pour l'affermir dans la volonté de suivre la loi ; la seconde, pour le discernement des faits ; la troisième, pour supporter les faiblesses et lui apprendre à tempérer en certaines choses la rigueur de la loi.
Il est plus beau d'être vaincu par la justice que de triompher par les armes ; car, lorsque nous sommes vaincus par la justice, la raison triomphe en nous, qui est la principale partie de nous-mêmes ; et c'est alors que les rois sont rois, quand ils font régner la justice sur eux-mêmes, parce que, comme dit Platon, « la gloire d'un règne consiste dans l'amour de l'équité : » Quia regni decus est œquitatis affectus.
Un prince doit faire des conquêtes dans son propre État, en gagnant ses peuples à soi, en les gagnant à Dieu et à la justice, en déracinant les vices.
Un État est bien disposé par l'exemple, qui change les personnes et les forme à la vertu : au lieu que les lois sont souvent des remèdes qui surchargent, loin de soulager.
Les princes ont des ennemis contre lesquels ils n'ont jamais l'épée tirée ; ce sont les flatteurs. Contre ceux-là le prince n'est pas sur ses gardes : ce sont cependant les plus proches; et c'est l'une des épreuves de la vertu. 11 faut