Heèr., Ti
Par un raffinement de délicatesse, on hait la noédisance, la galanterie grossière ; pourvu qu'on la tourne agréablement, on n'en a plus d'horreur. La haine du vice a fait qu'on en parle avec circonspection ; la haine n'est plus que pour les paroles et les apparences.
Peut-on mettre en comparaison ce que vous faites de bien avec ce que vous faites de mai? Pourquoi péchezvous? Parce que vous aimez le péché. Pourquoi priez-vous? Parce que vous craignez : l'un donc par l'inclination, l'autre par une espèce de force.
Il est important que l'esprit soit dompté ; nous n'avons pas le courage de retrancher nous-mêmes notre volonté; Dieu, comme souverain médecin, le fait en plusieurs manières, et surtout par les contradictions qu'il nous envoie. Les véritables vertus se font remarquer durant les persécutions.
De peccato triumphum agere * : « Triompher du péché comme un conquérant, qui, non content d'avoir vaincu, choisit'un jour pour triompher ; » mener ainsi ce péché, ce roi captif en triomphe par une pénitence publique et édifiante. Deux sortes de personnes ont besoin de conversion; les honnêtes païens, qui n'ont que des vertus morales, et ceux qui ont commis de grands crimes.
Les criminels doivent agir différemment envers un juge qu'ils ne feraient envers un père : envers un juge, on nie, on se défend, on s'excuse ; envers an père, on confesse, on promet, on demande grâce; on ne défend pas le passé, on donne des assurances pour l'avenir. Un juge veut la punition, et un père l'amendement du criminel; c'est pourquoi il oublie le passé, pourvu qu'on stipule pour l'avenir.
Dieu veut que nous le servions avec ferveur ; c'est pom^ 1. s. Greg. Nazian., Oral, xl, a* 26 ; tom. 1 p. 657,
quoi il fait naître en nous les passions qui font agir ardemment, comme l'émulation.
Il faut métier les hommes passionnés comme des enfants et des malades, par des espérances vaines.
Pour pratiquer la patience chrétienne, il faut soulfrir les maux, souffrir le dégoût, souffrir le déîa:.
Orantes nolite multum loqui • : « N'affectez point de parler beaucoup dans vos prières. » Jésus-Christ nous avertit ici d'éviter les prières oii l'on ne fait que parler sans sentiment, où le cœur ne dit rien de lui-môme, mais va tout emprunter de l'esprit.
La retraite et l'oraison nous apprennent à mourir; parce que celle-là détache les sens des objets extérieurs; et celle-ci, l'esprit des sens.
Dieu enseigne quelquetois aux hommes des choses qu'ils ae pensent pas savoir : « J'ai instruit une veuve, dit-il k Élie, pour te nourrir *. » Elle n'en savait rien ; mais elle y était toute préparée par la disposition secrète du cœur