‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 3 sur 223 · Gëi., T · texte numérisé non relu

Gëi., T

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eombîèri devon&-ûous être forts, nous qui sommes dès notre enfance enrôlés par îe saint baptênie à une milice spirituelle dont la vie n'est que tentation, dont tout l'exercice est la guerre, et qui sommes exposés au milieu du monde comme dans un champ de bataille, pour combattre mille ennemis découverts et mille ennemis invisibles I Parmi tant de difficultés et tant de périls qui nous environnent, Jevons-nous pas être nourris dans un esprit de force et de fermeté, afin d'être toujours immobiles malgré les plaisirs qui nous tentent, malgré les afflictions qui nous frappent, malgré les tempêtes qui nous menacent? Aussi voyonsnous dans les Écritures, que Dieu, prévoyant les combats où il engageait ses fidèles, « leur ordonne de se renfermer et de demeurer en repos jusqu'à ce qu'il les ait revêtus de force : » Sedete in. civiéate, quoadus^ue induamini virtute ex alto * ; leur montrant par cette parole, que, pour soutenir les efforts qui attaquent les enfants de Dieu en ce monde, il faut une fermeté extraordinaire.

C'est ce qui m'oblige, messieurs, à vous proposer aujourd'hui trois maximes fondamentales de la générosité chrétienne, lesquelles vous verrez pratiquées dars l'histoire du christianisme naissant , et dans la conduite de ces grands hommes que le Saint-Esprit remplit en ce jour : voici quelles sont ces maximes, que je vous prie d'imprimer dans votre mémoire. Mépriser les présents du monde, ses ri* chèsses, ses biens, ses plaisirs; voilà k première maxime Mais parce qii'en refusant les présents du monde , on encourt infailliblement ses disgrâces : non-seulement mépriser ses biens, mais encore mépriser sa haine, et ne pas craindre de lui déplaire, voilà la seconde maxime. Et comme sa haine étant méprisée se tourne en une fureur implacable : non-seulement mépriser sa haine, mais sa rage, niais ses menaces, et enfin se mettre au-dessus des m^Lux

t. Luc, xxiv, 4{i^

SUR LE VERITABLE ESPRIT DU CHRlSTlANlSMii 43

i^iie la fureur la plus emportée peut faire souffrir à notre innocence; voilà la troisième maxime; c'est ce qu'il nous faut expliquer par ordre.

La première maxime de force que nous donne l'esprit du christianisme, c'est de mépriser les présents du monde; et la raison en est évidente, car c'est un principe très-indubitable que notre estime ou notre mépris suivent les idées dont nous sommes pleins , et les espérances que l'on nous donne. Voyons donc de quelles idées nous remplit l'esprit du christianisme, et quels désirs il excite en nous. îl fîiuit que vous l'appreniez de saint Paul , par ces excellentes paroles qu'il adresse aux Corinthiens : Non mm spiritum hujus mundi accepiinus : « Nous n'avons pas reçu l'esprit de ce monde; » et par conséquent concluez que le chrétien véritable n'est pas plein des idées du monde. Quel esprit avonsnous reçu ? Sed Spiritum qui ex Deo est : « un Esprit qui est de Dieu , » dit saint Paul , et il ajoute cette raison : « Alin que nous sachions , poursuit-il, toutes les choses que Dieu nous donne : » tJt sciarnus quœ a Beo doriata sunt nobis^. Quelles sont ces choses que Dieu nous donne, sinon l'adoption des enfants, l'égalité avec les anges, l'héritage de Jésus-Christ, la communication de sa gloire, la société de son trône ? Voilà quelles sont les idées que le Saint-Esprit imprime en nos âmes : il y grave l'idée d'un bien étemel, d'un trésor qui ne se perd, d'une vie qui ne finit pas, d'une paix immuable et perpétuelle. Si je suis plein de ces grandes choses, et si j'ai l'esprit occupé d'espérances si relevées, puis-je estimer les présents du monde? Car, ô monde! qu'opposeras-tu à ces biens infinis et inestimables ? Des plaisirs? mais seront-ils purs? Des honneurs? seront-il? solides? La faveur? est-elle durable? La fortune? est-elîe assurée? Quelque grand établissement? es-tu capable v m'en gaiantii* line jouissance paisible, et me reiidr:<,5HL

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