‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 30 sur 223 · Gonc. Meld. î'raef.; Coac. Gali · texte numérisé non relu

Gonc. Meld. î'raef.; Coac. Gali

3. Synod. Rem.; Gonc. Yien. ; Conc. Gabiî.; Gonc. Rem.; Gone, Cice».; /w. '.iWH. tj,!". Cath. Ptir. Ant,

Pétri, et l'ont dit lors même qu'ils agissaient par leur au- torité ordinaire et subordonnée ; parce que tout a été mis premièrement dans saint Pierre, et que la correspondance est telle dans tout le corps de l'Église, que ce que fait chaque évêque, selon la règle et dans l'esprit de l'unité catholique, toute l'Église, tout l'épiscopat, et le chef de "épiscopat le fait avec lui.

S'il est ainsi , chrétiens , si les évoques n'ont tous ensemble qu'une môme chaire, par îe rapport essentiel qu'ils ont tous avec la chaire unique où saint Pierre et ses successeurs sont assis; si, en conséquence de cette doctrine, ils doivent tous agir dans l'esprit de l'unité catholique, en sorte que chaque évêque ne dise rien, ne fasse rien, ne pense rien que l'Église universelle ne puisse avouer : que doit attendre l'univers d'une assemblée de tflnt d'évêques? M'est-il permis, messeigneurs, de vous adresser la parole, à vous de qui je la tiens aujourd'hui; mais à vous, qui êtes mes juges et les interprètes de la volonté divine? Ah I sans doute, puisque c'est vous qui m'ouvrez la bouche, quand je vous parle, messeigneurs, ce n'est pas moi qui vous parle, c'est vous-mêmes qui vous parlez à vous-mêmes. Songeons que nous devons agir par l'esprit de toute l'Église ; ne soyons pas des hommes vulgaires que les vues particulières détournent du vrai esprit de l'unité catholique : nous agissons dans un corps, dans le corps de l'épiscopat et de l'Église catholique, où tout ce qui est contraire h la règle ne manque jamais d'être détesté, car l'esprit de vérité y prévaut toujours. Puissent vos résolutions être telles, qu'elles soient dignes de nos pères et dignes d'être adoptées par nos descendants, dignes enfin d'être comptées parmi les actes authentiques de l'Église, et insérées avec honneur dans ces registres immortels où sont compris les décrets qui regardent nonseulement la vie présente, mais encore k vie future; ei réieraité tout entière I

SUR L'UiMTÉ DE L'ÉGLISE 108

La comprenez-vous maintenant, cette immortelle beauté de l'Église catholique, où se ramasse ce que tous les lieux, ce que tous les siècles présents, passés et futurs ont de beau et de glorieux I Que vous êtes belle dans cette union, à Église catholique I mais en môme temps que vous êtes forte I « Belle, dit le saint Cantique *, et agréable comme Jérusalem ; » et en môme temps, « terrible comme une armée rangée en bataille ; » belle comme Jérusalem, où l'on voit une sainte uniformité et une police admirable bous ud môme chef : belle £.3surément dans votre paix, lorsque, recueillie dans vos murailles, voue louez celui qui vous a choisie, annonçant ses vérités à ses fidèles. Mais si le» scandales s'élèvent, si les ennemis de Dieu osent l'attaquer par leurs blasphèmes, vous sortez de vos murailles, ô Jérusalem 1 et vous vous formez en armée pour les combattre : toujours belle en cet état, car votre beauté ne voua quitte pas ; mais tout à coup devenue terrible : car une armée qui paraît si belle dans une revue, combien estelle terrible quand on voit les arcs bandés et toutes les piques hérissées contre soi î Que vous êtes donc terrible, ô Église sainte 1 lorsque vous marchez Pierre à votre tête, et la chaire de l'unité vous unissant toute ; abattant les têtes superbes et toute hauteur qui s'élève contre la science de Dieu ; pressant ses ennemis de tout le poids de vos bataillons serrés ; les accablant tout ensemble et de toute l'autorité des siècles passés, et de toute l'exécration des siècles futurs ; dissipant les hérésies, et les étouffant quelquefois dans leur naissance ; prenant les petits de Babylone et les hérésies naissantes, et les brisant contre votre Pierre; Jésus-Christ, votre chef, vous mouvant d'en haut et vous unissant, mais vous mouvant et vous unissant par des instruments proportionnés, par des moyens convenables, par un chef qui le représente, qui vous faase ea tout agir

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tout entière, et rassemble toutes vos forces dans une seule action !

Je ne m'étonne donc plus de la force de l'Église, ni de ce puissant attrait de son unité. Pleine de l'esprit de celui qui dit : « Je tirerai tout à moi*, » tout vient à elle, Juifs et gentils, Grecs et barbares. Les Juif? doivent verir les premiers ; et malgré la réprobation de ce peuple ingrat, il y a ce précieux reste et ces bienheureux réservés tant célébrés par les prophètes. Prêchez, Pierre; tendez vos filets, divin pêcheur. Cinq mille, trois mille entreront d'abord, bientôt suivis d'un plus grand nombre. Mais « Jésus-Christ a d'autres brebis qui ne sont pas dans ce bercail*. » C'est par vous, ô Pierre ! qu'il veut commencer à les rassembler. Voyez ces serpents, voyez ces reptiles et ces autres animaux immondes qui vous sont présentés, du ciel. C'est les gentils, peuple im.monde : et peuple qui n'est pas peuple ; et que vous dit la voix céleste? « Tue et mange', » unis, incorpore, fais mourir la gentilité dans ces peuples. Et voilà en môme temps à la porte les envoyés de Cornélius ; et Pierre, qui a reçu les bienheureux restes des Juifs, va consacrer les prémices des gentils.

Après les prémices viendra le tout; après l'officier romfrin, Rome viendra elle-même ; après Rome, viendront les peuples l'un sur l'autre. Quelle Église a enfanté tant d'autres Églises? D'abord tout l'Occident est venu par elle, et nous sommes venus des premiers; vous le verrez bientôt. Mais Rome n'est pas épuisée dans sa vieillesse, et sa voix n'est pas éteinte ; nuit et jour elle ne cesse de crier aux peuples les plus éloignés, afin de les appeler au banquet où. tout est fait un : et voilà qu'à cette voix maternelle les extrémités de l'Orient s'ébranlent, et semblent voulo-ir enfanter une nouvelle chrétienté pour réparer les

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